Accéder au contenu principal

Yémen : l'ex-président Saleh tué par ses anciens alliés houtis

L'ex-président Ali Abdallah Saleh lors d'un discours en août 2017, à Sanaa.
L'ex-président Ali Abdallah Saleh lors d'un discours en août 2017, à Sanaa. Mohammed Huwais, AFP

L'ex-président du Yémen Ali Abdallah Saleh a été tué, lundi, à Sanaa, 48 heures après sa décision de mettre fin à son alliance avec la rébellion houtie. De son côté, l'actuel président Hadi appelle à "ouvrir une nouvelle page".

PUBLICITÉ

L'ancien président du Yémen Ali Abdallah Saleh a été tué par les Houthis, lundi 4 décembre, ont annoncé ces derniers, avant que l'information ne soit confirmée à France 24 par une source familiale et à l'AFP par Faïka al-Sayyed, une dirigeante du parti de l'ex-président, le Congrès populaire général (CPG).

Selon des sources houthies, la voiture blindée de l'ancien président a été stoppée par un tir de roquette puis l'ex-président a été abattu. Son secrétaire général adjoint au CGP, Yasser al Aouadi, a également été tué, selon plusieurs sources au sein du parti de l'ex-président.

Des photos et des vidéos, apparemment filmées par des rebelles, ont circulé sur les réseaux sociaux, juste avant l'annonce des Houthis, montrant ce qui semble être l'ancien président, apparemment sans vie, avec une profonde entaille à l'arrière de la tête.

Saleh avait proposé de "tourner la page"

Cette annonce intervient alors que l'ex-président Saleh et les rebelles chiites Houthis ont vu leur alliance, scellée il y a trois ans, voler en éclat au cours de la semaine écoulée.

Des combats font rage entre les troupes fidèles à l'ancien président et les Houthis depuis le 29 novembre dans la capitale Sanaa, que les deux parties rebelles contrôlent conjointement depuis 2014 au détriment du gouvernement internationalement reconnu d'Abd Rabbo Mansour Hadi, réfugié à Aden, dans le sud.

>> À lire : La main tendue à Riyad, un "choix stratégique" de Saleh

Dans un développement spectaculaire, Ali Abdallah Saleh avait tendu la main à l'Arabie saoudite, le 2 décembre, proposant à Riyad de "tourner la page" en échange d'une levée du blocus qui étrangle la population. Les Houthis avaient alors dénoncé une "grande trahison".

La mort de Ali Abdallah Saleh, 75 ans, pourrait constituer un tournant majeur dans le conflit qui ensanglante le pays depuis son départ du pouvoir en 2012.

Les forces de l'actuel président en marche vers Sanaa

Face à la fin de l'alliance rebelle, l'actuel président Hadi a, de son côté, "donné pour ordre à son vice-président Ali Mohsen al-Ahmar, qui se trouve à Marib (100 km à l'est de Sanaa), d'activer la marche (...) vers la capitale", a annoncé lundi un membre de son entourage. Baptisée "Sanaa l'Arabe", l'opération consisterait, selon le membre de l'entourage d'Abd Rabbo Mansour Hadi, à prendre la capitale en tenailles sur plusieurs fronts, notamment à l'est et au nord-est.

Plus tard, le président Hadi a encouragé les Yéménites à "ouvrir une nouvelle page" de l'histoire du pays. "Joignons nos efforts pour en finir avec ces bandes criminelles et entamer la construction d'un nouveau Yémen fédéral où règnera la justice, la dignité, (...) la stabilité et le développement", a-t-il lancé dans un discours télévisé prononcé depuis Riyad.

>> À voir : Reportage au cœur de Sanaa, bombardée par la coalition

Outre le soutien de la coalition sous commandement saoudien, les militaires loyalistes se sont assurés l'appui des tribus de Khawlane qui contrôlent l'est de Sanaa, ont ajouté les mêmes sources.

Afin d'affaiblir les Houthis, le gouvernement Hadi a dans le même temps annoncé sa volonté d'offrir une amnistie à tous ceux qui cessent de collaborer avec ces rebelles.

Au centre de la "pire crise humanitaire au monde" selon l'ONU, la guerre au Yémen avive les tensions régionales autour de la rivalité entre l'Arabie saoudite sunnite et l'Iran chiite, accusé par Ryad de soutenir militairement les rebelles Houthis, ce qu'il réfute.

D'après le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), les affrontements dans la capitale ont fait au moins 125 morts et 238 blessés depuis mercredi. Le CICR précise que la nuit de dimanche à lundi a connu les pires combats depuis cinq jours et l'a forcé à retirer du pays treize de ses employés.

Avec Reuters et AFP

Cette page n'est pas disponible.

Il semblerait qu'il y ait une erreur de notre côté et que cette page ne soit pas disponible. Nos équipes vont se pencher sur la question pour résoudre ce problème au plus tôt.