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Boris Johnson en Iran pour oeuvrer à la libération d'une Irano-britannique

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Téhéran (AFP)

Le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson tentait samedi de pousser à la libération d'une Irano-britannique détenue depuis 2016 en Iran, à l'occasion d'une visite à Téhéran marquée également par des discussions sur le nucléaire.

Il s'agit de la première visite d'un ministre britannique des Affaires étrangères en Iran depuis la signature d'un accord historique entre Téhéran et six grandes puissances, dont la Grande-Bretagne, qui limite le programme nucléaire de Téhéran en 2015.

Arrivé dans la capitale iranienne en matinée, M. Johnson a rencontré son homologue iranien Mohammad Javad Zarif pour évoquer notamment cet accord qui a permis la levée de sanctions contre Téhéran.

"Le ministre britannique des Affaires étrangères a estimé que l'accord nucléaire est très important pour le Royaume-Uni et souligné l'engagement de son pays pour son application", a déclaré le ministère iranien des Affaires étrangères dans un communiqué, alors que le président américain Donald Trump a menacé de mettre fin "à tout moment" à cet accord.

M. Johnson a également eu un entretien avec Ali Chamkhani, secrétaire du Conseil national suprême de la sécurité, qui a appelé Londres à faire davantage pour les relations commerciales et bancaires avec Téhéran.

- 'Sérieuses inquiétudes' -

"Depuis l'accord nucléaire, la coopération commerciale et économique entre les deux pays n'a pas été satisfaisante. La facilitation des relations bancaires pourrait être un début en vue d'un développement de la coopération dans d'autres secteurs", a déclaré M. Chamkhani, cité par l'agence Irna.

"Les deux parties ont discuté de sujets divers notamment les liens économiques, commerciaux et bancaires", a déclaré pour sa part le ministère des Affaires étrangères.

M. Johnson, qui devait être reçu dimanche par le président Hassan Rohani, avait indiqué avant son déplacement qu'il ferait part en Iran de ses "sérieuses inquiétudes sur le sort des citoyens bi-nationaux" et qu'il insisterait "pour qu'ils soient libérés", dans une référence à l'Irano-britannique Nazanin Zaghari-Ratcliffe.

Cette femme avait été condamnée en septembre 2016 à cinq ans de prison pour participation à des manifestations anti-régime en 2009, ce qu'elle nie. La peine avait été confirmée en appel en avril 2017.

Elle doit comparaître dimanche dans le cadre d'une autre affaire pour répondre d'accusations de "diffusion de propagande", pour lesquelles elle risque une peine de 16 ans de prison, selon son mari Richard Ratcliffe.

L'affaire avait débordé sur le champ politique à la suite de propos vivement critiqués tenus par Boris Johnson, qui avait déclaré en novembre qu'elle formait des journalistes en Iran, alimentant les accusations de Téhéran.

- 'Harcèlements et poursuites' -

M. Johnson avait ensuite tenté de rectifier le tir en affirmant que la jeune femme était en vacances dans son pays d'origine et en appelant son homologue iranien pour demander sa libération.

Employée de la Fondation Thomson Reuters liée à l'agence de presse canado-britannique du même nom, Mme Zaghari-Ratcliffe avait été arrêtée à l'aéroport de Téhéran en avril 2016 après une visite à sa famille avec sa fille, qui est aujourd'hui âgée de trois ans et vit chez ses grands-parents en Iran.

A l'occasion de la visite du ministre britannique en Iran, la BBC a par ailleurs exhorté M. Johnson à transmettre à Téhéran ses doléances à propos du "harcèlement et des poursuites" engagées à l'encontre des employés de BBC Persian, une chaîne diffusée en persan depuis Londres et perçue comme un média hostile par Téhéran.

Sur Twitter, le média britannique lui a demandé d' évoquer "la question des employés de BBC Persian, qui font l'objet d'une enquête pénale pour le simple fait qu'ils travaillent pour la BBC".

Des employés de BBC Persian ont vu leurs avoirs gelés en Iran, disent avoir reçu des menaces par téléphone et que certains de leurs proches ont été interrogés par les autorités iraniennes.

"Alors que notre relation avec l'Iran s'est significativement améliorée depuis 2011, elle demeure compliquée et nous avons des désaccords sur beaucoup de sujets", avait reconnu M. Johnson avant sa visite.

Il a néanmoins estimé que "le dialogue est la clé pour surmonter" les différences "et progresser sur les sujets qui comptent".

M. Johnson était à Oman vendredi, où il a eu un entretien avec le sultan Qabous d'Oman à Mascate selon les médias locaux. Il doit se rendre aux Emirats arabes unis dimanche.

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