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Découvertes

Un ancien dirigeant de Facebook affirme que le réseau social est "en train de détruire la société"

Texte par Steven JAMBOT

Dernière modification : 11/12/2017

Après Sean Parker, au tour de Chamath Palihapitiya de tenir des propos alarmants contre les effets sur la société de son ancienne entreprise : Facebook.

"On ne peut pas se faire 500 millions d'amis sans se faire quelques ennemis." C'était le motto du film "The Social Network", qui revenait en 2010 sur la création de Facebook par Mark Zuckerberg. La phrase conserve toute sa pertinence alors que le réseau social dépasse 2 milliards d'inscrits. Et ces "quelques ennemis" ne sont autres que d'anciens cadres de Facebook, ceux qui ont aidé à construire le géant de la tech que rien ne semble pouvoir arrêter.

VOIR AUSSI : Sean Parker, l'ancien président de Facebook, balance sur les dangers du réseau social

"Les boucles de réaction à court terme que nous avons créées sont en train de détruire la façon dont la société fonctionne"

Chamath Palihapitiya est l'un d'eux. Il a rejoint Facebook en 2007 en tant que vice-président en charge de la croissance des audiences. À l'époque, son objectif était de faire en sorte qu'il y ait toujours plus d'inscrits sur la plateforme. Le 13 novembre dernier, il était l'invité de la Stanford Graduate School of Business, l'une des écoles de commerce américaines les plus select. L'intervention était filmée et The Verge l'a déterrée ce lundi. Cet ex-dirigeant de Facebook, alors qu'il parlait du fameux bouton "J'aime", a balancé une phrase assassine : "Les boucles de réaction à court terme, dopaminergiques, que nous avons créées sont en train de détruire la façon dont la société fonctionne."

Le réseau social "érode les fondements du comportement des gens" et il ressent une "énorme culpabilité" d'avoir créé des outils qui "déchirent le tissu social" plus qu'ils ne le créent. 

Il "n'utilise pas cette merde"

Aussi, il affirme avoir renoncé aux médias sociaux car il ne veut pas être "programmé". Il "n'utilise pas cette merde" et ses enfants ne sont pas autorisés à utiliser cette "merde" non plus. "Vous ne vous en rendez pas compte, mais vous devez maintenant décider ce que vous êtes prêt à abandonner, quelle part de votre indépendance intellectuelle", prévient-il. 

Et pourtant Facebook l'a rendu riche

Quatre jours avant lui, le président fondateur de Facebook Sean Parker avait lui aussi tiré la sonnette d'alarme en dénonçant un réseau social qui "exploite la vulnérabilité de la psychologie humaine". Bien sûr, tout ne va pas mal. Facebook "fait énormément de choses bien dans le monde", assure Chamath Palihapitiya. À commencer par l'avoir rendu riche. Sa fortune est évaluée à près d'un milliard de dollars, selon Business Insider, et il en a investi une partie dans le club de basketball des Golden State Warriors, à Oakland, en Californie. 

Depuis qu'il a quitté Facebook, Chamath Palihapitiya fait son bonhomme de chemin dans le capital-risque. Depuis 2011, il dirige son propre fonds, Social Capital, qui se concentre dans la tech, la santé et l'éducation. Social Capital a également investi dans Slack, une plateforme qui provoque de l'anxiété. Comme Facebook.

Mise à jour du 12 décembre à 17 h 30 : Suite aux propos de Chamath Palihapitiya, Facebook a réagi dans un communiqué : "Chamath n'est plus chez Facebook depuis plus de 6 ans. Quand Chamath était chez Facebook, nous avons pour objectif de bâtir de nouvelles expériences social media et de faire grandir Facebook à travers le monde. Facebook était alors une entreprise très différente, et en grandissant, nous avons avons réalisé à quel point nos responsabilités avaient grandi également. Nous prenons notre rôle très au sérieux et nous travaillons dur pour nous améliorer. Nous avons beaucoup travaillé et étudié avec des experts et des universitaires pour comprendre les effets de notre service sur le bien-être, et nous nous en servons pour agir sur le développement de notre produit. Nous faisons également des investissements conséquents en ressources humaines, technologies et processus, et – comme Mark Zuckerberg l'a dit dernièrement –, nous sommes prêts à réduire notre profitabilité pour être sûrs que les bons investissements seront faits." Preuve s'il en est que Chamath Palihapitiya a mis le doigt là où ça fait mal.

– Retrouvez aussi l'article de Kerry Flynn sur Mashable.

Quelque chose à ajouter ? Dites-le en commentaire.

Première publication : 11/12/2017