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Cinq ans après la tuerie de Sandy Hook, le problème des armes demeure entier

© Spencer Platt, AFP | Des fusils d'occasion sont vendus à l'étalage le 5 janvier 2015 en Oregon.

Texte par Sam BALL , Aude MAZOUÉ

Dernière modification : 14/12/2017

Le 14 décembre 2012, 20 enfants et 6 adultes étaient tués dans une école du Connecticut sous les balles d’un jeune homme de 20 ans. Depuis, les armes à feu sont toujours aussi présentes aux États-Unis et les fusillades de plus en plus meurtrières.

"Nous ne pouvons plus tolérer cela, ces tragédies doivent cesser et pour y mettre un terme, nous devons changer", avait prévenu le président Barack Obama lors d'une émouvante veillée à Newtown, le 16 décembre 2012. Deux jours plus tôt, il y a exactement cinq ans, jour pour jour, la petite ville de Newtown, dans le Connecticut, basculait dans l’horreur après que Adam Lanza, un jeune homme de 20 ans a ouvert le feu à plus de 150 reprises dans l’école primaire de Sandy Hook, muni d'un fusil d'assaut Bushmaster AR-15 et de deux pistolets. Le forcené, qui avait d’abord tué sa mère à son domicile, abat 20 enfants et six membres du personnel de l’école.

>> À lire sur France 24 : Chronologie : les fusillades les plus meurtrières qui ont secoué l'Amérique

De tous les massacres commis par arme à feu ces dernières années aux États-Unis, celui de Sandy Hook est probablement celui qui a le plus choqué l’opinion publique américaine en raison du nombre et de l’âge des victimes : les enfants tués avaient entre six et sept ans. Après le drame de Columbine survenu 13 ans plus tôt, celui de Sandy Hook ébranle les consciences. Mais cinq ans après, les plaies demeurent béantes et les mesures prises pour éviter de nouvelles tragédies timides.

Des politiques impuissantes face aux lobbys des armes à feu

Le discours de Barack Obama, la gorge nouée par l’émotion devant les parents endeuillés et les médias du monde entier, laissait espérer que des mesures fortes allaient être prises pour limiter la vente d’armes à feu aux États-Unis. En vain.

Quelques semaines plus tard, le président américain tente bien d'introduire une série de lois visant à restreindre l'accès aux armes à feu, comprenant des mesures pour interdire les armes d'assaut et les balles perforantes, et mettre fin à une faille législative permettant de se soustraire aux vérifications des antécédents lors de l'achat d'arme à un vendeur privé. Mais ces propositions, combattues par la National Rifle Association (NRA), sont unes à unes rejetées par le Congrès.

>> À voir : Tuerie de Newtown : la question du contrôle des armes reste ouverte

À ce jour, l'ONU estime que les États-Unis ont le taux le plus important du nombre d’armes par habitant avec 88 armes pour 100 personnes, juste devant le Yémen qui en compte environ 55 pour 100 personnes. Un paradoxe quand on sait que, d’après un sondage Gallup publié en 2016, 55 % des Américains sont favorables à des lois plus strictes en matière de régulation d’armes à feu. L’étude révèle, en outre, que 33 % d’entre eux souhaitent conserver l’arsenal juridique. Enfin 11 % des personnes interrogées désirent un assouplissement législatif.

Néanmoins, à chaque fois que des responsables politiques ont tenté de transformer l'opinion publique en loi, ils se sont heurtés au lobby des armes à feu. "Des groupes comme la NRA sont très puissants, en particulier dans les États républicains", assure à France 24 le Dr James Densley, professeur agrégé en droit pénal à la Metropolitan State University. "Un très faible pourcentage de personnes bien placées empêchent tout changement".

Des attaques de plus en plus meurtrières

L’impuissance politique est d’autant plus inquiétante que les tueries de masse sont de plus en plus meurtrières. "Les cinq fusillades de masse les plus meurtrières ont toutes eu lieu au cours des dix dernières années", poursuit le spécialiste. Lors du festival de musique country de Las Vegas, 58 personnes sont mortes le 1er octobre dernier. À la boîte de nuit d'Orlando le 12 juin 2016, il y en a eu 38 et la fusillade de l'Université Virginia Tech, du 16 avril 2007, a tué 32 personnes.

Un phénomène que d’aucuns expliquent par l’utilisation toujours croissante du nombre et de la puissance des armes. "Il semble également y avoir un effet de contagion, explique encore le professeur. Quand une fusillade se produit quelque part, d’autres tueurs vont être tentés de rivaliser et de surpasser le précédent bilan. Une manière pour ces derniers de passer à la postérité".

Une menace en constante évolution

Est-ce à dire que rien n’a changé depuis le drame de Sandy Hook ? "Très peu a été fait au niveau fédéral, regrette le professeur. Mais des mesures ont été prises au niveau local et dans certains États."

D'un bout à l'autre des États-Unis, les établissements scolaires ont pris conscience de leur vulnérabilité. Depuis 2012, les procédures d'alerte et les exercices d'entraînement se sont multipliés. Les portes et fenêtres ont été blindées. Les liens ont été renforcés avec les autorités policières. Chaque écolier américain apprend désormais la conduite à tenir face à un "tireur en action". Du surveillant au principal, le personnel est formé à se barricader en classe.

"Après Sandy Hook, nous avons également constaté une demande spectaculaire du nombre de buzzers – un dispositif qui oblige toute personne souhaitant entrer dans une pièce à buzzer pour entrer", note-t-il. "Mais ce système qui était en place à Sandy Hook n’a pas prouvé son efficacité. Il n’a fallu au tireur que 30 secondes pour pénétrer dans les locaux équipés du système. Ces dispositifs s’avèrent inutiles si le personnel n'a pas reçu la formation nécessaire pour en faire bon usage. Sans cela, vous n'êtes pas plus en sécurité."

À cela s'ajoute la nature toujours changeante de la menace. "Les écoles sont maintenant mieux équipées pour faire face à une attaque de style ‘traditionnel’ - comme à Sandy Hook - mais je crains que de nouvelles menaces, comme une attaque à la bombe ou un attentat à grand échelle, rende tous les dispositifs actuels inopérants, conclue-t-il. Nous devons évoluer au fur et à mesure que la menace évolue."

 

Un texte de Sam Ball traduit de l'anglais par Aude Mazoué.

Première publication : 14/12/2017

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