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Après l'accident d'un bus scolaire, Saint-Féliu-d'Avall "ville morte"

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Saint-Féliu-d'Avall (France) (AFP)

"On sait que cela aurait pu être les nôtres": Saint-Féliu-d'Avall, village de tous les collégiens victimes de l'accident entre un bus scolaire et un train, était sidérée vendredi et s'organisait en solidarité avec les victimes.

Le bus devait ramener jeudi comme tous les soirs les enfants de cette petite bourgade d'un peu plus de 2.000 habitants située à quelques kilomètres de Millas (Pyrénées-Orientales). Mais il a été fauché et coupé en deux par un TER, faisant cinq morts et laissant tout le village dans l'effroi.

Prévue de longue date, une collecte de sang organisée dans la salle polyvalente prenait une toute autre signification vendredi après-midi: celle de la solidarité.

"Ca me touche beaucoup, on n'a pas de mots, je le fais pour apporter mon soutien aux familles", indique Delphine Ponthieux, mère d'un enfant scolarisé en maternelle dans le village.

"On sait que cela aurait pu être les nôtres", ajoute-t-elle, sans pouvoir s'empêcher de verser des larmes.

Comme cette infirmière de Saint-Féliu, de nombreuses personnes faisaient la queue pour donner leur sang pour la première fois.

A l'entrée de la salle, des bougies brûlaient en signe de deuil, posées sur une petite table recouverte d'un napperon blanc, avec ces mots écrits sur un morceau de papier: "Nous sommes à leur côté en accomplissant ce geste de solidarité. Merci pour votre don du sang."

A la mairie, où les drapeaux étaient en berne, une cellule psychologique a été mise en place. De nombreuses personnes, proches des victimes ou simples habitants de la commune, y entraient ou en sortaient, pleurant, les yeux parfois cachés derrière leurs lunettes de soleil.

- 'Ils découvraient la vie' -

"On est tous choqués, ils passaient tous les jours par là, ce sont des enfants qu'on côtoie tous les jours", déclare, très émue, Maria Baptiste, mère au foyer.

"Les gamins, ce sont eux qui font vivre le village. C'est ville morte" désormais, renchérit Pierre Alvarez, boulanger depuis quatre ans dans la commune. A l'entrée de la localité, un panneau lumineux indique: "Annulation de toutes les manifestations communales et associatives".

"Depuis 6h00 du matin, c'est que ça. On ne parle que de ça, personne ne comprend ce qu'il s'est passé et on tourne en rond tant qu'on ne saura pas".

"Ce sont des gamins qu'on voit passer tous les jours, c'est triste, ce sont des ados, ils découvraient la vie", poursuit-il.

Au moment du drame, juste avant d'apprendre la nouvelle, le père d'un des enfants décédés "était là, on rigolait et tout", raconte-t-il.

A l'église du village, où une messe en mémoire des victimes sera célébrée à 18h, un recueil de condoléances a été ouvert. Yamna Abderrahmane, auxiliaire de vie, est venue y écrire un mot.

- Décorations de Noël enlevées -

"Ce sont des gamins que je connais depuis longtemps, des amis de mon neveu", souligne-t-elle. "Je suis venue aussi pour lui. Mon neveu qui est en 5e est sorti à 17h00 du collège mais un de ses amis qui est en 6e est sorti à 16h00 et était malheureusement dans le bus", ajoute-t-elle, les yeux embués par l'émotion.

"Tout le village est en deuil, on n'a plus de mots, surtout en cette période de fêtes", dit-elle encore.

Des fêtes auxquelles plus personne ne veut penser désormais. "Ce matin, j'ai enlevé toute la déco de Noël par respect pour les familles. Et le magasin en face a fait la même chose", indique Pierre Alvarez.

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