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EUROPE

Autriche : l'extrême droite obtient les ministères des Affaires étrangères, de l'Intérieur et de la Défense

© Alex Halada, AFP | Sebastian Kurz (à g.) et Heinz-Christian Strache (à d.) ont présenté leur gouvernement de coalition, le 16 décembre 2017 à Vienne.

Vidéo par Noémie ROCHE

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 17/12/2017

Trois ministères régaliens de l'Autriche vont désormais être tenus par l'extrême droite, résultat de l'accord de gouvernement conclu entre les conservateurs et les populistes. Le nouveau gouvernement a été détaillé samedi.

Les Affaires étrangères, l'Intérieur et la Défense. L'extrême droite autrichienne va détenir ces trois portefeuilles régaliens dans le prochain gouvernement, ont annoncé le chef de file des conservateurs Sebastian Kurz et le dirigeant du parti d'extrême droite FPÖ, Heinz-Christian Strache, samedi 16 décembre.

Leurs deux formations s'étaient entendues la veille sur un accord de gouvernement, auquel les délégations travaillaient depuis les législatives de la mi-octobre.

Herbert Kickl est ainsi nommé à l'Intérieur, Mario Kunasek à la Défense, et l'experte en droit international Karin Kneissl, même si elle n'a pas la carte du parti, sera ministre des Affaires étrangères sous l'étiquette FPÖ. Le parti conservateur ÖVP obtient, lui, entre autres, les portefeuilles des Finances, de la Justice et de l'Agriculture.

Sur un total de 14 membres du gouvernement, huit ont été nommés par l'ÖVP du futur chancelier Sebastian Kurz, et six par le FPÖ.

"Si tout se passe comme nous le pensons, rien ne s'oppose à l'investiture du futur gouvernement au début de la semaine prochaine", avait indiqué dans la matinée le président, Alexander Van der Bellen, qui a le pouvoir de nommer ou de dissoudre les gouvernements et qui a reçu les deux chefs de parti.

Heinz-Christian Strache assumera pour sa part les fonctions de vice-chancelier et sera également chargé de la Fonction publique et des Sports.

Son Parti de la liberté (FPÖ) retrouve les cabinets ministériels de Vienne pour la première fois depuis le gouvernement de Wolfgang Schüssel entre 2000 et 2005, époque où le FPÖ était dirigé par Jörg Haider. Le FPÖ n'avait jusqu'à présent jamais obtenu les portefeuilles de l'Intérieur et des Affaires étrangères.

L'ÖVP a remporté les élections législatives du 15 octobre avec 31,5 % des voix, après une campagne centrée sur la lutte contre l'immigration. Le FPÖ est arrivé troisième, avec 26 % des suffrages, juste derrière les sociaux-démocrates du chancelier sortant Christian Kern (27 %).

Pas de référendum sur l'Europe

Pour rassurer l’opinion, le FPÖ a notoirement adouci son discours anti-Union européenne (UE). Le pacte de gouvernement conclu avec l'ÖVP "exclut" l'organisation d'un référendum sur une éventuelle sortie de l'UE a reconnu, samedi, "HC" Strache. Kurz et lui sont en revanche d'accord pour s'opposer à une plus grande intégration européenne, notamment sur les questions sociales.

Lors de l'entrée du FPÖ de Jörg Haider au gouvernement en 2000, les autres pays membres de l'UE, au nombre de 14 à l'époque, avaient imposé à Vienne des sanctions diplomatiques, de portée essentiellement symbolique. Un scénario peu susceptible de se reproduire aujourd'hui, alors que les partis anti-immigration ou antisystème ont renforcé leur position sur tout le continent.

Six manifestations contre l'arrivée de l'extrême droite au gouvernement sont déjà prévues à Vienne, selon le correspondant de France 24 dans la capitale autrichienne, Vianey Lorin.

Avec Reuters et AFP

Première publication : 16/12/2017

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