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EUROPE

Élections régionales en Catalogne : Marta Rovira et Inés Arrimadas en première ligne dans la campagne

© AFP | Marta Rovira (ERC), à gauche, et Inés Arrimadas (Ciudadanos) pourraient devenir présidente de la Generalitad.

Texte par Ségolène ALLEMANDOU

Dernière modification : 21/12/2017

L'absence des leaders indépendantistes a fait émerger de nouveaux visages durant la campagne pour les élections régionales catalanes. La séparatiste Marta Rovira et l'unioniste Inés Arrimadas sont favorites pour succéder à Carles Puigdemont.

L’une est indépendantiste, l’autre est fermement opposée à la sécession. Marta Rovira, 40 ans, et Inès Arrimadas, 36 ans, s’activent depuis le début de la campagne des élections régionales du 21 décembre en Catalogne. Avec Carles Puigdemont, ex-président de région, en exil à Bruxelles, et son ancien vice-président Oriol Junqueras en détention à Madrid, la tête de liste de la gauche républicaine catalane (ERC) et celle des Ciudadanos (Cs) sont en bonne position pour devenir la nouvelle présidente de la région.

À l’origine, Marta Rovira n'était que numéro deux sur la liste l'ERC. Mais depuis Madrid où il fait campagne, le leader du parti Oriol Junqueras a bien compris qu’il avait tout intérêt à lui passer le flambeau. "Je le dis de la prison d'Estremera, avec sérénité et temps de réflexion (...) Il est temps pour une femme de commander, une femme qui ne se rend pas, avec une détermination et une conviction à la fois inégalées, sensées et audacieuses, entêtées et obstinées, mais aussi un dialogue et un pacte. La République a un nom de femme", a écrit le politicien, accusé de sédition par le gouvernement espagnol.

Rovira, "la dame de fer"

Le parti indépendantiste de gauche, qui fait la course en tête dans les sondages datés du 15 décembre (il est crédité de 34 sièges), joue gros dans ce scrutin puisqu’il avait refusé de composer une liste conjointe avec le parti de Carles Puigdemont si d'autres formations indépendantistes n'y étaient pas incorporées, comme le CUP, la Catalogne en Comú (le parti d'Ada Colau, la maire de Barcelone) et une partie de Podem. La formation Junts per Catalunya de Puigdemont n’arrive, elle, qu’en troisième position.

Orial Junqueras conseille donc activement Marta Rovira pour peaufiner son profil présidentiable. Cette avocate de formation, venue à la politique par conviction, multiplie les unes des journaux et donne l’image d’une véritable "dame de fer" prête à poursuivre le processus d’indépendance amorcé le référendum du 1er octobre. "Ce n’est pas Carme Forcadell [présidente du Parlement catalan, NDLR] la plus coriace, mais bien Marta Rovira", avouait un de ses proches au quotidien national El Confidencial. "C'est elle qui aconseillé à Carles Puigdemont de ne pas convoquer des élections mais de voter la déclaration unilatérale d'indépendance au Parlement en septembre dernier."

Arrimadas, "présidente de tous les Catalans"

Marta Rovira a encore une semaine pour maintenir le cap et conduire à la victoire son parti, talonné de moins d'un point par les Ciudadanos (Ciutadans, en catalan). Le parti libéral unioniste ne cesse de grappiller des points ces dernières semaines au Parti populaire (PP) et aux socialistes (PSC), également unionistes. Sa tête de liste Inés Arrimadas, plus jeune candidate de cette élection, galvanise les anti-indépendantistes en se présentant comme "la présidente de tous les Catalans, des indépendantistes et de ceux qui ne le sont pas".

Dans sa stratégie de rassembler le maximum de voix, elle se place au-dessus du marasme indépendantiste : "Vous ne m'entendrez pas insulter l'indépendance, nous devons retrouver le respect et la coexistence", affirme-t-elle. Son axe de campagne est clair : mettre un terme à la crise institutionnelle, économique et sociale sans précédent générée par "le processus d’indépendance qu’elle entend détricoter dès les cent premiers jours de son mandat".

>> À lire aussi : Le nationalisme catalan, une idéologie enseignée dès l'école

Leader de l'opposition jusqu'à la dissolution du Parlement par l'application de l'article 155, Inés Arrimadas entend obtenir un accord avec toutes les formations non-indépendantistes afin de devenir le leader de la coalition unioniste si son parti obtient le plus de voix lors des élections du 21 décembre. Il semblerait qu’elle ait de bonnes chances d’y parvenir. Dans le face à face qui a opposé les deux candidates début décembre à la télévision, Inés Arrimadas s'est clairement imposée devant Marta Rovira. Oratrice de talent, elle a su se montrer plus incisive en accusant le parti de sa rivale d’être responsable de la fracture sociale de la Catalogne et en lui demandant de s'excuser de ses propos maladroits. Marta Rovira, qui avait accusé à tort le gouvernement de Mariano Rajoy d’avoir promis des violences en cas de déclaration d'indépendance, n’a pas trouvé les mots pour se justifier.

Mais les médias espagnols et étrangers ont surtout remarqué que la Catalane Marta Rovira était ostensiblement mal à l'aise avec l’espagnol, langue qu’elle n’a pas l’habitude de parler. Malgré tout, l’ERC reste mobilisé. "Nous devons persister", affirme Orial Junqueras depuis sa prison madrilène.

Première publication : 18/12/2017

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