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Journée des migrants : Gérard Collomb défend sa politique d'asile face aux critiques

Gérard Collomb sur le perron de l'Élysée le 13 décembre 2017.
Gérard Collomb sur le perron de l'Élysée le 13 décembre 2017. Bertrand Guay / AFP

Le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, a défendu lundi sa "politique de raison" face aux 95 000 demandes d'asile reçues cette année en France, justifiant la hausse des expulsions et des contrôles malgré des critiques de plus en plus vives.

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La France durcit sa position en matière d'immigration par la voix de son ministre de l'Intérieur. Gérard Collomb a défendu lundi 18 décembre sa "politique de raison" face aux 95 000 demandes d'asile reçues cette année en France, justifiant la hausse des expulsions et des contrôles, malgré des critiques de plus en plus vives.

Un collectif d'associations comptant notamment la Cimade, Emmaüs et la Fondation Abbé Pierre a saisi lundi le Défenseur des droits, Jacques Toubon, pour que les dernières directives du gouvernement "portant gravement atteinte aux droits fondamentaux" des étrangers soient suspendues, a annoncé une porte-parole de la Fédération des acteurs de la solidarité.

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Jacques Toubon a annoncé lundi sur France Inter avoir envoyé une "série d'observations" au ministre de l'Intérieur.

"Un changement complet de notre politique" selon Jacques Toubon

"Ce que le gouvernement veut, c'est davantage d'expulsions : que les personnes qui n'ont pas de titre puissent être éloignés plus réellement et rapidement (...) La situation des personnes vulnérables n'est pas [prise en compte]", a-t-il déclaré.

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"Les personnes qui n'ont pas de titre pourraient être enfermées dans des centres (...) : c'est un changement complet de notre politique", a-t-il estimé.

Les députés français ont adopté la semaine dernière une proposition de loi autorisant la rétention des migrants relevant du règlement européen dit Dublin III soupçonnés de vouloir échapper à une décision d'expulsion.

En 2016, un quart des demande d'asile ont abouti

En 2016, sur les 85 000 demandes d'asile déposées auprès de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra), environ un quart ont abouti, selon les statistiques du ministère de l'Intérieur.

Au micro de RTL, en ce lundi décrété Journée internationale des migrants, Gérard Collomb a justifié pour sa part l'envoi d'"équipes mobiles" pour étudier la situation des migrants dans les centres d'hébergement d'urgence et le cas échéant, leur expulsion.

"Aujourd'hui c'est à peu près 103 000 personnes qui sont dans ces centres, dont, parce qu'on n'arrive plus à les loger, 50 000 à l'hôtel et quelquefois ils sont à l'hôtel depuis 15 ans, ce n'est pas normal évidemment", a-t-il déclaré.

"Sous couvert d'offrir une orientation" adaptée, ce dispositif "détourne l'hébergement d'urgence" de sa finalité pour "mettre en œuvre la politique de gestion des flux migratoires", estiment les associations. Faisant valoir leur mission d'"accueil inconditionnel", elles refusent d'avance de "devenir des annexes des préfectures" en  participant à ce "tri".

Situation "explosive"

Auteur de plusieurs circulaires invitant les préfectures à accélérer les expulsions des déboutés du droit d'asile, le ministre de l'Intérieur s'est félicité d'une hausse de 14 % de ces expulsions sur les onze premiers mois de l'année.

Il a défendu en outre un alignement du droit français sur celui d'autres pays européens dans le projet de loi immigration et asile en préparation, qui prévoit de doubler la durée de rétention maximale des migrants, actuellement fixé à 45 jours.

"La situation aujourd'hui, vous le voyez sur Paris, est totalement explosive, parce qu'on n'arrive plus à gérer un système qui a sa propre logique", a-t-il ajouté.

Dressant un constat d'urgence, plusieurs édiles de grandes villes dont Alain Juppé et Martine Aubry ont tiré samedi la sonnette d'alarme quant à la nécessité de moyens plus importants de l'État pour accueillir les migrants, dans une tribune publiée dans le journal Le Monde.

Lundi, deux grands mouvements chrétiens français,  le Secours catholique (Caritas France) et la Fédération de l'entraide protestante (FEP) ont dénoncé "un renoncement sans précédent aux valeurs et aux traditions humanistes de la République".

Avec AFP

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