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A peine relancé, le Conseil national du numérique en crise

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Paris (AFP)

Relancé il y a une semaine, le Conseil national du numérique (CNNum) a plongé mardi dans la crise avec la démission de sa toute nouvelle présidente, Marie Ekeland, après la polémique suscitée par la présence de l'essayiste Rokhaya Diallo et du rappeur Axiom en son sein.

"Le projet que j'ai porté, d'ouverture, d'indépendance de pensée et de diversité, a été mis à l'épreuve dès le démarrage. Je ne vois pas aujourd'hui comment continuer à le porter en maintenant son essence et de bonnes chances de réussite", a expliqué Mme Ekeland dans un message sur le site du CNNum pour expliquer sa démission, sept jours après sa prise de fonctions.

Cette dernière regrette notamment la décision du gouvernement de retirer Mme Diallo et Axiom du CNNum, un signe d'absence de l'indépendance promise selon sa présidente, qui s'est par ailleurs dite "choquée par les caricatures auxquelles Rokhaya Diallo et Axiom ont été réduits".

En signe de soutien, l'économiste Pierre-Yves Geoffard a également annoncé sa démission du CNNum, "en totale solidarité" avec Mme Ekeland.

"Nous réitérons notre soutien total et entier à Marie Ekeland, personnalité qui fait l'unanimité parmi notre écosystème", a réagi de son côté l'association France Digitale, dont l'ex-présidente du CNNum a été vice-présidente, dans un communiqué.

Tout avait pourtant bien commencé: après des mois au ralenti dans la foulée du départ de son ex-président, Mounir Mahjoubi, pour rejoindre la campagne d'Emmanuel Macron, le CNNum devait repartir sur de nouvelles bases.

Nouveaux locaux, nouveau statut et une autonomie accrue, le CNNum s'était vu confier une mission de conseil auprès du gouvernement "pour les questions relevant de son champ de compétences".

"Nous avons souhaité confirmer son indépendance, ses moyens, son mode de fonctionnement et la volonté du gouvernement d'en faire l'objet qui oriente et qui est LA voix sur les transformations numériques", avait expliqué le 11 décembre, lors d'une conférence de presse commune avec Mme Ekeland, le désormais secrétaire d'Etat au Numérique Mounir Mahjoubi.

- "Pas une force d'opposition" -

Mme Ekeland expliquait alors vouloir "poser la question de savoir quel monde nous voulons construire. Le fait de réussir une transformation numérique n'a pas de sens en soi", justifiant ainsi l'ouverture à des personnalités extérieures au monde numérique.

Symbole de cette ouverture, Marie Ekeland avait alors cité le nom de Mme Diallo, sans susciter de réaction de la part du secrétaire d'Etat.

Mais dans une partie de la classe politique et sur les réseaux sociaux, la présence de Rokhaya Diallo, connue pour ses dénonciations d'un "racisme d'Etat" et défendre le principe de réunions militantes en "non mixité" raciale afin de libérer la parole de personnes dites "racisées", est mal passée.

Sur Twitter, la députée Les Républicains Valérie Boyer a ainsi demandé le 13 décembre au gouvernement "de la cohérence" voulue par "les Français" de la part des "représentants politiques" et voyait "plusieurs contradictions" dans la présence de Mme Diallo et Axiom au CNNum.

"Les réactions qui ont suivi cette nomination me font mesurer à quel point mon pari était osé et innovant. A quel point, dans notre pays, nous ne voulons pas entendre des voix dissonantes. Cela me peine de voir notre pays aussi loin des valeurs démocratiques qui sont les siennes", a regrette Marie Ekeland dans son message.

Dans une interview accordée mardi au Figaro, M. Mahjoubi a estimé qu'"après cette nomination, tout le monde a oublié le CNNum et ce qu'il était censé faire", rappelant au passage que le Conseil "doit être proche du gouvernement pour nous orienter, ce n'est pas une force d'opposition. C'est cet équilibre subtil qui a été cassé".

Désormais sans présidente, le CNNum se retrouve donc de nouveau à l'arrêt mais sa nouvelle composition sera annoncée début 2018, a assuré le secrétaire d'Etat, qui a précisé que l'instance sera composée "d'experts du numérique. Elle aura aussi une plus grande représentativité des quartiers, de la ruralité".

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