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Recensement des migrants: Collomb cherche à rassurer les associations

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Paris (AFP)

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a cherché mardi à rassurer les associations inquiètes du projet de recensement des migrants dans l'hébergement d'urgence en leur garantissant, avant une nouvelle rencontre jeudi, qu'elles n'auraient pas à participer activement à cette démarche.

"On ne demande pas aux associations de collaborer" mais "elles ne vont pas fermer leur porte à clé", a déclaré le ministre de l'Intérieur, au siège parisien de l'association France Horizon où il venait accueillir les premiers réfugiés réinstallés en France après leur exfiltration de Libye.

Les associations "ne fourniront pas de listes" non plus car "nous irons voir nous-mêmes", a-t-il ajouté, en estimant que puisque l'Etat "verse 2,1 milliards d'euros" pour cet hébergement d'urgence, "le moins qu'on puisse dire au contribuable est à quoi sert son argent".

Plusieurs associations, inquiètes de voir des "équipes mobiles" bientôt envoyées dans leurs centres pour procéder à ce recensement, ont saisi lundi le Défenseur des droits pour lui demander "d'intervenir auprès du gouvernement" afin que ses dernières instructions, "portant gravement atteinte aux droits" des étrangers, "ne soient pas mises à exécution".

"Je les rencontre après-demain (jeudi, Ndlr) avec le Premier ministre et on aura l'occasion de s'expliquer", a ajouté M. Collomb, alors que la dernière réunion, le 8 décembre, avait tourné court.

La circulaire portant sur ces équipes mobiles "a été envoyée" donc "il n'y a rien d'évolutif" mais "il n'y a rien qui puisse choquer" dedans, a ajouté M. Collomb.

Mais pour le Défenseur des droits Jacques Toubon, "cette circulaire n'est que la signature d'une politique à l'égard des étrangers qui manque d'humanité".

"Les dispositions sur le tri des migrants doivent être retirées, elles ne sont pas légales", a ajouté M. Toubon dans une interview au Parisien, en alertant sur le sort des migrants "craignant d'être expulsés au cas où ils iraient dans un centre d'hébergement d'urgence".

Ceux-ci "vont rester sur le trottoir" ce qui est "le contraire de ce que le président de la République a promis: plus personne dans la rue à la fin de l'année", a-t-il mis en garde.

Le gouvernement "remet en cause un droit fondamental", a de son côté estimé le chef de file des députés PS, Olivier Faure, en déplorant sur CNews que pour "la première fois sous la Ve République", "l'Etat va entrer dans le logement d'urgence, dans le champ du social".

Alors que le recensement vise à mieux connaître les publics hébergés, M. Collomb a évoqué "environ 30% de réfugiés" et sans doute de "20 à 30% qui auraient droit au titre de réfugiés". Mais "il y a des gens qui sont dans les hôtels depuis quinze ans", a martelé le ministre, précisant que "les déboutés auront le sort des déboutés, c'est-à-dire qu'à un moment donné ils seront éloignés" du territoire français.

En pleine polémique, M. Collomb a souligné que "la politique que l'on mène a deux volets", avec "à la fois de l'accueil et de l'éloignement pour certains".

Soucieux d'illustrer ce volet "accueil", le ministre a partagé un petit-déjeuner avec 25 réfugiés éthiopiens, érythréens ou soudanais, tout juste arrivés de Niamey où ils attendaient leur transfert. "Je suis très heureux d'accueillir nos amis", a-t-il assuré, avant de souhaiter aux nouveaux arrivants "bienvenue en France".

Il a par ailleurs indiqué que le projet de loi sur l'immigration et l'asile préparé par l'Intérieur était "en cours de discussion" et qu'il serait "présenté vers le 15 janvier à peu près au Conseil d'Etat".

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