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Élections régionales en Catalogne : la revanche des unionistes sur les indépendantistes ?

La foule avant un Congrès du parti unioniste Ciudadanos, à Barcelone, le 19 décembre.
La foule avant un Congrès du parti unioniste Ciudadanos, à Barcelone, le 19 décembre. AFP

Trois mois après le référendum sur l’autodétermination de la Catalogne, la région est de nouveau appelée aux urnes ce jeudi. Un scrutin convoqué par Madrid pour tenter de contrer les indépendantistes, mais qui ne garantit pas de sortie de crise.

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Encore un bulletin à glisser dans l’urne pour les 5,5 millions d’électeurs catalans, jeudi 21 décembre. Sauf que pour les élections régionales, Barcelone affiche un visage plus détendu que lors du référendum sur l’autodétermination de la région le 1er octobre dernier, où la ferveur indépendantiste avait inondé ses rues. Ces dernières semaines, aucune manifestation pro-indépendance n’est venue rythmer la campagne en Catalogne, seules de rares estreladas (bannières indépendantistes) ont discrètement flotté sur les façades. “L’ambiance révolutionnaire a laissé place à l’esprit de Noël”, constate Anna, 27 ans, sur la place Jaume I, siège du gouvernement catalan, sur laquelle trône une crèche illuminée.

"Cette fois-ci, j’irai voter"

“La légalité de ce scrutin contribue nettement à la sérénité du climat”, ajoute Francesco, le chauffeur de taxi stationné à l’angle de la rue Jaume I. "Cette fois-ci, j’irai voter, affirme l’unioniste qui entend prendre sa revanche sur le vote du 1-0, un scrutin jugé illégal par Madrid et auquel il n'avait pas voulu participer. La mobilisation s’annonce, cette fois-ci, particulièrement forte avec 82 % de participation (contre 42 % lors du référendum).

Sans hésiter, Francesco, la quarantaine bien tassée, soutiendra Inés Arrimadas, la révélation de cette campagne qui a porté les Ciudadanos en tête dans les sondages. Celle qui a brillé dans les débats a séduit les unionistes en leur promettant de tourner la page du processus indépendantiste. Résultat : le parti est crédité de 23,57 % selon le dernier sondage de la société Netquest, institut d’études proche du Business College barcelonais ESADE. "C'est le seul qui peut nous aider à retrouver la sérénité, la paix et les entreprises", argue Francisco, dépité d'avoir vu quelque 3 000 sociétés quitter la région depuis octobre.

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Le parti d'Inés Arrimadas est au coude à coude avec la gauche républicaine catalane (22 %), suivi en troisième position par la formation Junts por Catalunya de l’ancien président de la Generalitat Carles Puigdemont  (17,22 %). Pour Francesco, le mouvement sécessionniste, orchestré selon lui par les politiques, s'est essouflé après le référendum. “Depuis que l’un est en prison, et que l’autre est en exil en Belgique, la population ne se rassemble plus”, avance-t-il.

Quelques mètres plus loin, un couple d’indépendantistes qui traverse la place, avance une autre explication : “Depuis l’application de l’article 155 et la mise en détention de certains élus, nous [les sécessionnistes, NDLR] ne parlons plus parce que nous respectons la loi de Madrid, commente Manuel, 67 ans, qui avance également une deuxième explication : “C'est aussi parce qu’on a peur de représailles contre les prisonniers politiques”.

Blocage politique

Le Catalan et son épouse Milagros voteront Carles Puigdemont, mais ne cachent pas leur désillusion sur le “processus” (d’indépendance). “Le gouvernement espagnol nous a littéralement étouffé, il a emprisonné des élus juste pour reprendre la main sur le dossier”, lance-t-il avant d'ajouter : "Mais je crains qu'on ne perde cette bataille".

Pour lui, le gouvernement de Mariano Rajoy a organisé ces élections régionales dans le but de "récupérer la Catalogne". Reste qu'il n'est pas assuré du résultat. Ils s'annoncent tellement serrés que le Parlement risque de ne pas disposer de majorité claire. Des négociations vont devoir s'amorcer en vue de la formation d'une coalition. "On va de nouveau se retrouver dans une situation de blocage politique", s'inquiète Anna, qui craint de voir "la tension remonter dès l’annonce des résultats". Le gouvernement espagnol semble prêt à cette éventualité : il a mobilisé 17 000 policiers pour assurer la sécurité du scrutin, soit 7 000 de plus que pour les dernières élections régionales de 2015.

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