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Togo, Honduras, Guatemala… Ces pays qui ont suivi Trump sur le statut de Jérusalem

L'ambassadrice américaine Nikki haley salue l'ambassadeur israélien Danny Danon le 18 décembre 2017.
L'ambassadrice américaine Nikki haley salue l'ambassadeur israélien Danny Danon le 18 décembre 2017. Drew Angerer, Getty images, AFP

Neuf pays ont voté, jeudi, contre la résolution de l'ONU condamnant la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël. Parmi ces États, plusieurs perçoivent des aides financières et n'ont pas voulu se mettre Washington à dos.

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Le Guatemala, le Honduras, les Îles Marshall, la Micronésie, la République de Palaos, le Togo et la République de Nauru se sont associés, jeudi 21 décembre, aux États-Unis et Israël pour voter contre une résolution condamnant la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale de l'État hébreu.

Parmi les 193 pays membres des Nations unies, 128 pays ont voté en faveur de ce texte. Trente-cinq États, dont le Canada, le Mexique, la Pologne ou la Hongrie, se sont abstenus et 21 n'ont pas pris part au scrutin.

Pour Yves Doutriaux, ancien représentant adjoint de la France à l’ONU et chargé de cours de géopolitique à l’université Paris-Dauphine, contacté par France 24, le soutien des îles du Pacifique à Washington n’est en rien une surprise. "Il s’agit d’anciennes colonies américaines qui sont très largement subventionnées. Leurs votes en faveur des États-Unis sont quasiment automatiques", explique le diplomate.

Donald Trump avait annoncé, mercredi, que les pays votant en faveur de la résolution condamnant le statut accordé par Washington à Jérusalem seraient privés d’aide financière américaine. "Ils prennent des centaines de millions de dollars et même des milliards de dollars et, ensuite, ils votent contre nous", avait tempêté le président américain. "Laissez-les voter contre nous, nous économiserons beaucoup, cela nous est égal".

"C’est évidemment l’argument financier qui a joué"

Si les votes du Guatemala et du Honduras, deux pays d’Amérique latine également soutenus par les États-Unis, s’expliquent aisément par l’argument financier, la décision du Togo de soutenir Washington est plus surprenante, selon Yves Doutriaux.

"Washington a sans doute un ambassadeur très efficace à Lomé. Peut-être qu’un projet économique [entre les deux pays] est en préparation. Dans tous les cas, c’est évidemment l’argument financier qui a joué", assure le spécialiste des relations internationales.

Par ailleurs, le Togo tisse des liens de plus en plus fort avec l'État hébreu. Selon La Tribune, la création d'un sommet Afrique-Israël a même été envisagée "dans le sillage de la tournée de Benjamin Netanyahou à l'été 2017", avant d'être reportée.

Négociations commerciales

Jeudi, l'ambassadrice américaine aux Nations unies, Nikki Haley, qui avait promis de "noter les noms" des pays qui voteraient cette résolution, a remercié sur Twitter, liste à l'appui, les 65 États qui, à ses yeux, "n'ont pas cédé aux méthodes irresponsables de l'ONU" en choisissant le vote contre ou l'abstention.

Parmi eux, le Canada et le Mexique. Ottawa et Mexico sont plutôt en désaccord avec la décision de Donald Trump sur Jérusalem mais l’état des négociations actuelles sur l’accord de libre-échange américain (Aléna) ne leur permet pas de se mettre Washington à dos.

"Trump veut considérablement réviser cet accord qu’il trouve tout à fait défavorable à l’emploi aux États-Unis, explique Yves Doutriaux. Washington exerce sur eux une pression très forte et les menace de sanctions commerciales."

L’aviateur canadien Bombardier en a déjà fait l’objet à deux reprises à l’automne, lorsque Washington avait décidé d’imposer à l’entreprise des droits "antidumping", allant jusqu’à 220 %. Ces derniers consistent à imposer, à l’entrée dans un pays, une taxe douanière à un produit vendu moins cher dans son pays d’origine.

Réduction de l’aide au développement

"La menace de supprimer des aides au développement affecte encore l’image des États-Unis dans les relations internationales", souligne Yves Doutriaux. Mais cette décision n'affecte pas la popularité du président américain parmi ses électeurs.

Le diplomate rappelle que, bien avant d’avoir proféré ces menaces, la part de l’aide au développement international avait déjà été sérieusement réduite dans le budget américain pour 2017-2018.

Selon Les Échos, le projet de budget fédéral présenté en mars 2017 prévoyait une réduction de 31 % des crédits du Département d'État et de 29 % de ceux de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID).

Avec AFP

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