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Iran : des manifestations pro-régime après deux jours de protestation sociale

Capture d'écran, France 24

Des dizaines de milliers de partisans du régime iranien ont manifesté, samedi, à Téhéran et dans plusieurs villes de province, après deux jours de protestations contre la vie chère à travers le pays.

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Des rassemblements ont été organisés un peu partout en Iran, samedi 30 décembre, pour commémorer, comme chaque année, les manifestations pro-gouvernementales de 2009 qui avaient mis fin au mouvement de contestation de grande ampleur qui avait secoué le pays.

La télévision d'État a montré des images d'un rassemblement à Téhéran, la capitale, et d'un défilé à Machhad, la deuxième ville du pays, où la foule brandissait des portraits du Guide suprême de la révolution, l'ayatollah Ali Khamenei. Des rassemblements étaient prévus dans 1 200 villes d’Iran au total.

Plusieurs centaines d'étudiants pro-régime se sont notamment réunis devant l'université de Téhéran, après une protestation de quelques dizaines d'autres étudiants contre le pouvoir, ont rapporté les médias locaux. Entre 50 et 70 personnes ont ainsi scandé des slogans politiques contre le régime, ont indiqué les agences de presse Fars et Mehr, proches des conservateurs.

Les défilés pro-gouvernementaux font suite à deux jours de manifestations contre la baisse du pouvoir d'achat qui, fait rare en Iran, ont pris une tournure politique.

Manifestations en Iran : "Un phénomène de ras-le-bol économique et social"

Vendredi, la police anti-émeutes iranienne a dispersé des manifestants protestant contre le gouvernement dans la ville de Kermanshah, dans l’ouest. La veille, d'autres rassemblements hostiles au président Hassan Rohani s’étaient également tenus dans le nord-est de l'Iran. Des manifestations ont aussi été signalées à Téhéran et dans d'autres grandes villes du pays.

"La liberté ou la mort"

Ces rassemblements interviennent dans un contexte de mécontentement croissant contre la politique économique du gouvernement ou encore l'intervention coûteuse de l’Iran dans les conflits en Syrie ou en Irak.

À Kermanshah, où plus de 600 personnes ont péri lors d'un séisme le mois dernier, quelque 300 manifestants se sont rassemblés aux cris de "Liberté pour les prisonniers politiques" ou "La liberté ou la mort". Des bâtiments publics ont été endommagés, a déclaré l'agence de presse Fars. D'autres rassemblements ont eu lieu à Sari et Racht dans le nord du pays, à Qom au sud de Téhéran et Hamadan dans l'ouest du pays, d'après des images diffusées sur les réseaux sociaux dont Reuters n'a pu vérifier l'authenticité.

À Téhéran, une cinquantaine de personnes se sont réunies sur une place, et la plupart ont accepté de quitter les lieux à la demande de la police, hormis quelques manifestants qui ont été "temporairement arrêtés", a déclaré Mohsen Nasj Hamadani, directeur adjoint de la sécurité pour la province de Téhéran.

Ces arrestations ont été condamnées par la Maison Blanche qui réclame du gouvernement iranien qu'il respecte les droits de son peuple, notamment celui de s'exprimer.

Des slogans "hostiles" à Rohani et Khamenei

À Ispahan, dans le centre, un habitant joint par Reuters au téléphone a déclaré que des manifestants avaient rejoint un rassemblement organisé par des ouvriers d'usine pour réclamer des arriérés de salaires. "Les slogans sont rapidement passés de l'économie à des slogans hostiles au [président Hassan] Rohani et au guide suprême [l'ayatollah Ali Khamenei]", a déclaré ce témoin.

Les manifestations à caractère politique sont rares en Iran, où les forces de sécurité sont omniprésentes. Les derniers rassemblements antigouvernementaux de grande ampleur ont eu lieu en 2009 pour protester contre la réélection de Mahmoud Ahmadinejad.

L'ayatollah conservateur Ahmad Alamolhoda, un proche d'Ali Khamenei, a réclamé davantage de fermeté contre les manifestants. "Si les services chargés du maintien de l'ordre laissent les émeutiers livrés à eux-mêmes, les ennemis publieront des vidéos et des photos dans les médias et diront que le système de la République islamique a perdu sa base révolutionnaire à Mashhad", a-t-il dit, selon des propos rapportés par l'agence Irna.

De son côté, le vice-président Eshaq Jahangiri, allié de Hassan Rohani, a laissé entendre que les conservateurs radicaux opposés au chef de l'État pourraient être à l'origine de ces manifestations. "Quand un mouvement social et politique est lancé dans la rue, ceux qui l'ont déclenché ne seront plus forcément capables de le contrôler par la suite. Ceux qui sont derrière ces événements se brûleront les doigts", a-t-il déclaré, cité par l'agence Irna.

Avec Reuters

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