FRANCE

Saint-Étienne-du-Rouvray : le parquet ouvre une enquête après les accusations de Mediapart

Un policier devant l'église de Saint-Étienne-du-Rouvray, le 2 octobre 2016, jour de la réouverture au public de l'édifice après l'attentat.
Un policier devant l'église de Saint-Étienne-du-Rouvray, le 2 octobre 2016, jour de la réouverture au public de l'édifice après l'attentat. AFP

Le parquet ouvre une enquête après les révélations de Mediapart sur l'attentat de Saint-Étienne-du-Rouvray, selon lesquelles les renseignements auraient négligé des messages menaçants d'un des terroristes puis antidaté des documents pour se couvrir.

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Les services de renseignement ont-ils négligé des messages menaçants d'un auteur de l'attentat de Saint-Étienne-du-Rouvray en 2016 et antidaté une note pour se couvrir ? Le parquet de Paris a ouvert vendredi 5 janvier une enquête pour faire la lumière sur les accusations de Mediapart.

L'enquête préliminaire, confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), vise les chefs de faux, d'usage de faux et d'altération de documents de nature à faciliter la découverte d'une infraction par une personne concourant par ses fonctions à la manifestation de la vérité, a-t-on appris de source judiciaire.

Selon Mediapart, un policier de la Direction du renseignement parisien (DRPP) a rédigé une note faisant état de messages d'Adel Kermiche évoquant une "attaque dans une église" et mentionnant Saint-Etienne-du-Rouvray, quelques jours avant l'assassinat du père Hamel, égorgé le 26 juillet.

"Une fois le prêtre assassiné, la DRPP a alors postdaté deux documents afin de masquer sa passivité", en faisant pression sur ce brigadier, accuse le site d'information qui s'appuie sur les déclarations de plusieurs policiers de la DRPP sous couvert d'anonymat.

La préfecture de police dément

La préfecture de police (PP), dont dépend la DRPP, a rejeté ces accusations. Selon elle, la note, datée du 22 juillet, n'évoque "en aucun cas (...) l'imminence d'un passage à l'acte, et encore moins le ciblage d'un lieu précis" comme une église. Cette note "ne comportait pas de caractère d'urgence" et "a suivi le circuit habituel de validation", ajoute la PP.

Selon la préfecture, elle identifiait un homme donnant des cours à la mosquée de Saint-Etienne-du-Rouvray, appelant, "sur les réseaux sociaux, +les fidèles+ à le rejoindre dans le but de former un groupe à vocation terroriste".  

Lorsque l'attentat jihadiste a lieu le 26 juillet, "le rédacteur de la note a immédiatement fait le lien avec l'individu qu'il avait identifié", indique la PP. "Sans délai, la DRPP a informé oralement les services enquêteurs et a rédigé une nouvelle note datée du 26 juillet", affirme-t-elle.

"Les deux documents originaux, enregistrés et traçables dans les serveurs de la DRPP, sont à disposition de toutes les autorités administratives et judiciaires", souligne-t-elle.

Avec AFP

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