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Economie

Emmanuel Macron veut ouvrir une brèche dans le protectionnisme chinois

© Ludovic Marin, pool, AFP | Emmanuel Macron, accompagné de son épouse Brigitte, accueilli le 8 janvier 2018 à Pékin, par Xi Jinping, accompagné de son épouse Peng Liyuan.

Vidéo par James ANDRE

Texte par Romain BRUNET

Dernière modification : 08/01/2018

L'un des principaux objectifs d'Emmanuel Macron en Chine est de convaincre son homologue Xi Jinping, mardi, d'ouvrir davantage l'accès au marché chinois pour certains produits français d'une part, et pour les investissements européens d'autre part.

Emmanuel Macron pourra-t-il obtenir en Chine ce que ses prédécesseurs ont déjà, en vain, demandé avant lui ? Si les enjeux diplomatiques concernant la lutte contre le réchauffement climatique et la lutte contre le terrorisme au Sahel sont des éléments essentiels de sa visite d’État en Chine, du 8 au 10 janvier, les questions économiques restent toutefois la priorité.

La deuxième journée de son voyage, mardi 9 janvier, sera notamment marquée par l’annonce de la signature de plusieurs dizaines d’accords commerciaux et de coopération dans de nombreux domaines. Mais au-delà de ces contrats plus ou moins attendus, Emmanuel Macron tentera surtout d’obtenir un plus large accès au marché chinois pour les produits français d’une part, et les investissements européens d’autre part.

>> À lire : "La Chine ne perçoit pas la France comme un partenaire important"

"Il y a pour la France la volonté d’un rééquilibrage de notre balance commerciale et une demande de réciprocité en matière d’accès au marché avec des règles plus équitables, a expliqué l’Élysée aux journalistes en amont du voyage présidentiel. Il faut des règles qui soient les mêmes de part et d’autre, ou en tout cas qui donnent les mêmes possibilités."

Un déficit commercial de 30 milliards d’euros

Cela concerne d'abord les exportations. La Chine est le premier partenaire commercial de la France en Asie, son huitième fournisseur et son deuxième client. Mais c’est aussi avec elle que son déficit commercial est le plus important : en 2016, celui-ci s’est ainsi élevé à 30 milliards d’euros.

>> À lire : Ouvrir l'économie chinoise et verrouiller le régime, la "nouvelle ère" de Xi Jinping

Paris met en cause depuis plusieurs années le protectionnisme chinois. Mais pour Pékin, ce déficit s’explique avant tout par la différence de structure des deux économies.

"Il est clair que l’accès au marché chinois n’est pas le seul problème de la France, explique Mary-Françoise Renard, directrice de l’Institut de recherche sur l’économie de la Chine (Idrec), contactée par France 24. Le problème porte davantage sur ce que l'économie française propose d'exporter car l’Allemagne, par exemple, a une économie spécialisée dans le haut de gamme qui lui a permis d’être compétitive en Chine."

>> À lire : L'ombre économique de Berlin plane sur les échanges commerciaux franco-chinois

Le déficit commercial allemand n'est ainsi que de 10 milliards d’euros et ses exportations sont trois fois plus importantes que les exportations françaises. "Mais il existe aussi des débouchés possibles pour la France, comme l’agro-alimentaire. C’est un secteur sur lequel Emmanuel Macron espère obtenir des avancées", ajoute Mary-Françoise Renard.

L’Élysée a en effet identifié des enjeux assez clairs pour cette filière : l’ouverture du marché chinois pour la viande bovine française "à très court terme", la simplification et l’allègement de la charge administrative pour les vins et spiritueux, la levée de l’embargo sur la volaille et la montée en puissance des entreprises françaises dans le secteur du porc et du lait infantile.

Macron en porte-parole de l'UE sur la question des investissements

L’autre objectif économique du président français concerne les investissements en Chine. Sur ce sujet, le chef de l’État compte "inscrire son discours dans le contexte européen", selon son entourage. En clair, il s’agira de profiter de l’affaiblissement actuel de l’Allemagne – premier partenaire économique de la Chine mais toujours en attente d’un gouvernement – pour parler au nom de l'Union européenne.

Les investissements étrangers en Chine sont aujourd’hui limités à un nombre restreint de secteurs d’activité et à des participations minoritaires dans des "joint-ventures" (coentreprises). Alors que les entreprises chinoises investissent de plus en plus en Europe, et notamment dans des secteurs stratégiques (acquisition du port du Pirée, en Grèce, ou de l’aéroport de Toulouse-Blagnac, en France), Bruxelles demande en retour une ouverture plus grande pour les investisseurs européens.

"La Chine utilise à merveille les dissensions au sein de l’Union européenne et sait parfaitement faire jouer la concurrence entre les États membres, souligne Mary-Françoise Renard. En s’autoproclamant porte-parole de l’Europe, Emmanuel Macron veut donc essayer de faire pression sur la Chine, même si l’ouverture aux investissements étrangers ne va pas être obtenue du jour au lendemain. La bonne nouvelle, c’est que le président français semble vouloir établir une relation de confiance avec Xi Jinping, puisqu’il a annoncé lundi vouloir revenir tous les ans en Chine."

Une stratégie et un "partenariat global", comme le rappelle l’Élysée : en mettant en avant lors de ce voyage la lutte contre le réchauffement climatique et la lutte contre le terrorisme au Sahel, le but d’Emmanuel Macron est de s’appuyer sur ce que la France et la Chine ont en commun pour développer la relation entre les deux pays, mais en gardant l’essentiel – le rééquilibrage des relations commerciales – en ligne de mire.

Première publication : 08/01/2018

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