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Pakistan : violentes manifestations après le viol et le meurtre d'une fillette

Des femmes manifestant pour dénoncer les crimes sexuelles au Pakistan, le 11 janvier 2018.
Des femmes manifestant pour dénoncer les crimes sexuelles au Pakistan, le 11 janvier 2018. Asif Hassan, AFP

Pour la deuxième journée consécutive, des centaines de personnes se sont rassemblées à Kasur, dans l'est du Pakistan, afin de protester contre l'inaction de la police après le viol et le meurtre d'une fillette de la région.

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La ville de Kasur, dans l’est du Pakistan, connaissait, jeudi 11 janvier, sa deuxième journée de violentes manifestations consécutives au viol et au meurtre d'une fillette de la région.

Des centaines de manifestants furieux après l'agression de l'enfant s'en sont pris, à coups de pierres, à des bâtiments officiels et à un hôpital, pour protester contre l'inaction supposée de la police.

Une première violente manifestation la veille avait fait au moins deux morts parmi les manifestants. Tous deux ont été tués par des tirs de la police, alors que la foule tentait de prendre d'assaut un bâtiment officiel, a déclaré à l'AFP un haut responsable de la police sous couvert d'anonymat.

"La police ne coopère pas avec nous"

Le corps de la fillette, âgée de 6 ans, et kidnappée le 4 janvier, avait été retrouvé mardi sur un tas d'ordures. Sa mort porte à huit le nombre de mineurs ayant subi le même sort dans cette ville de l'est du pays au cours de l'année écoulée, selon un responsable de la police.

Un porte-parole de la police annonce qu'une vingtaine de suspects ont été appréhendés, mais "les enquêteurs n'ont trouvé aucun indice à ce stade". "La police ne coopère pas avec nous", a accusé un oncle de la fillette.

"Nous voulons la justice. Nous voulons que le coupable soit amené devant nous. Nous ne voulons pas qu'un innocent soit présenté comme le coupable et tué juste pour clore cette affaire", a-t-il lancé.

>> À voir sur France 24 : "REVUE DE PRESSE - 'Le Pakistan malade de son patriarcat' "

Le meurtre de Zainab a provoqué la stupeur et la colère des habitants de Kasur, une ville proche de la frontière indienne, mais a aussi eu un vaste écho dans tout le pays, avec l'apparition de mots-dièses dédiés sur les réseaux sociaux et de nombreuses condamnations de responsables et célébrités.

Un lourd passé

La colère des habitants est alimentée par le fait que la région de Kasur est déjà tristement célèbre pour une affaire de crimes sexuels. En 2015, un gigantesque scandale de pédophilie y avait été mis à jour. Des vidéos montrant au moins 280 enfants victimes d'abus sexuels par une bande qui faisait chanter les familles avaient été découvertes. À l'époque déjà, la police avait été accusée de fermer les yeux.

Le gouvernement de la province du Pendjab a annoncé une récompense de 10 millions de roupies (90 000 dollars) pour toute information conduisant à la capture du meurtrier, ainsi que des compensations pour les familles des manifestants tués mercredi.

Avec AFP

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