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Tunisie : le gouvernement promet des mesures sociales pour apaiser les tensions

© Fethi Belaïd, AFP | Le président tunisien Béji Caïd Essebsi (à d.) salue le leader du parti islamiste Ennahda Rached Ghannouchi lors d'une réunion avec les partis, syndicats et patrons le 13 janvier 2018 à Tunis.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 13/01/2018

Le gouvernement tunisien envisage d'adopter une batterie de mesures sociales après une semaine de contestation contre l'austérité émaillée de heurts, espérant ainsi calmer la colère d'une partie de la population.

Alors que le président tunisien Béji Caïd Essebsi a rencontré samedi 13 janvier les responsables des partis au pouvoir, de la puissante centrale syndicale UGTT et du patronat, pour discuter des moyens de sortir de la crise, le gouvernement a promis des aides financières pour les plus démunis.

"Nous travaillons à un socle de protection sociale, un revenu minimum, une couverture maladie universelle et un plan logement", a indiqué une source gouvernementale sous couvert de l'anonymat à l'AFP, sans plus de précision sur les mesures.

"C'est un projet de loi très avancé, qui a été soumis au Parlement et sera discuté d'ici une semaine", a ajouté cette source, assurant que le gouvernement y travaillait dès avant la contestation. "Nous pouvons le financer", a-t-elle assuré, sans préciser si ces mesures avaient déjà été budgétées.

"Le climat social et le climat politique ne sont pas bons en Tunisie", a reconnu samedi le président Essebsi, tout en assurant que "la situation reste positive". "Nous sommes capables de maîtriser les problèmes", a-t-il insisté.

Il a prévu de se rendre dimanche matin dans un quartier déshérité de Tunis où des heurts ont eu lieu cette semaine.

Le président accuse la presse étrangère

Le chef de l'État a par ailleurs accusé la presse étrangère d'avoir "amplifié" les faits dans sa couverture des derniers évènements, contrairement à la presse tunisienne.

Plusieurs membres du gouvernement et la majorité de la presse tunisienne ont estimé cette semaine qu'il n'y avait pas de contestation politique, mais des "casseurs" et "pilleurs".

>> À voir sur France 24 : Ben Gharbia : "Il y a en Tunisie des manifestations légitimes et des actes criminels"

Des heurts nocturnes ont éclaté lundi soir dans plusieurs villes de Tunisie, et se sont reproduits jusqu'à jeudi soir. Des bâtiments publics ont été attaqués et des magasins pillés. Un homme est mort dans des circonstances peu claires durant une manifestation dans la ville de Tebourba, à 30 km à l'ouest de Tunis. Au total, 803 personnes ont été arrêtées, a indiqué samedi à l'AFP le porte-parole du ministère de l'Intérieur Khlifa Chibani.

La contestation est alimentée par un chômage persistant (15 % officiellement) malgré la croissance, et par des hausses d'impôts grignotant un pouvoir d'achat déjà éprouvé par une importante inflation (plus de 6 % fin 2017).

Un mouvement anti-austérité, sept ans après la révolution

Vendredi, quelques centaines de manifestants ont protesté dans le calme à Tunis et à Sfax (centre), lançant un "carton jaune" au gouvernement sur l'austérité à l'appel du mouvement "Fech Nestannew" ("Qu'est-ce qu'on attend"). Ce mouvement de la société civile a lancé en début d'année la contestation contre le budget 2018 voté en décembre, la hausse des prix et la corruption, et pour davantage de justice sociale.

Plusieurs manifestations sont prévues dans la matinée dimanche pour marquer le septième anniversaire de la chute du dictateur Zine el-Abidine Ben Ali, chassé par un mouvement de protestation contre le chômage, la vie chère et la corruption. Nombre de Tunisiens estiment avoir gagné en liberté mais perdu en niveau de vie depuis la chute de Ben Ali.

Avec AFP

Première publication : 13/01/2018

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