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Le pape François au Chili, une visite délicate

Le pape François est attendu, lundi 15 janvier, au Chili pour sa sixième visite en Amérique latine.
Le pape François est attendu, lundi 15 janvier, au Chili pour sa sixième visite en Amérique latine. Martin Bernetti, AFP

Le déplacement du pape au Chili du 15 au 18 janvier s'annonce mouvementé. Au programme : soutenir les peuples indigènes et revigorer des Églises locales en perte de vitesse, frappées par des scandales de pédophilie.

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De l'aveu même du cardinal Pietro Parolin, "ce ne sera pas un voyage simple". Pour ce sixième voyage dans la catholique Amérique latine qui le mènera au Pérou, le pape François doit rencontrer, lundi 15 janvier au Chili, le clergé, secoué ces dernières années par des scandales de pédophilie. Sa visite sera hautement sécurisée pour encadrer les manifestations d'associations internationales de victimes d'abus sexuels attendues à cette occasion.

Progression du nombre d'athées

Le souverain pontife entend appeler les religieux à être à l'écoute des fidèles et à laisser de côté un "cléricalisme" rigide. La conservatrice Église du Chili a "besoin d'un choc" pour être plus attentive aux problèmes de la population, souligne à l'AFP un proche du pape qui voyage toujours dans des pays "à problèmes".

"Sous la dictature de Pinochet, l'Église était perçue comme un point de référence pour la protection des droits humains. Aujourd'hui, la sécularisation a réduit son rôle", explique l'ambassadeur chilien auprès du Saint-Siège, Mariano Fernandez Amunategui.

>> À lire : En Afrique, des prêtres pédophiles couverts par l'Église

Selon la base de données de l'ONG américaine Bishop Accountability, des dénonciations pour abus sexuels ont concerné près de 80 religieux au Chili, où le pourcentage d'athées est passé de 12 % à 22 % entre 2006 et 2014. Le prêtre Fernando Kardima avait été suspendu à vie et condamné pour abus sexuels contre des mineurs au cours d'un procès du Saint-Siège. Sauf que le pape a toujours refusé de recevoir les victimes du prêtre.

Plusieurs églises incendiées

Autre temps fort du voyage : sa rencontre avec les peuples indigènes, mais sa venue à Temuco, à plus de 600 km au sud de Santiago du Chili, n'est pas vue d'un bon œil par tout le monde. Le pape François s'adressera aux indigènes Mapuche (7 % de la population chilienne) qui occupaient un vaste territoire à l'arrivée des conquistadors espagnols au Chili en 1541.

Or cette région, Auracania, est toutefois rythmée par des actions d'une minorité radicalisée, qui incendie des entreprises forestières mais aussi des églises.

En fin de semaine dernière, plusieurs églises de Santiago du Chili ont été la cible d'attaques, parfois avec des engins incendiaires, œuvre possible de groupes anarchistes.

Jorge Bergoglio, premier pape latinoaméricain, rencontrera aussi les autorités gouvernementales en période de turbulences politiques. La victoire à la présidentielle du milliardaire conservateur Sebastian Piñera, qui entrera en fonction en mars, suscite des interrogations sur les réformes sociétales de la socialiste sortante Michelle Bachelet, dont l'avortement thérapeutique.

Avec AFP

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