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Moyen-Orient

Malgré quelques avancées, les Saoudiennes restent condamnées au silence

© Stringer / AFP | Des femmes assistent à la Foire internationale du livre de Jeddah, le 17 décembre 2016.

Dernière modification : 19/01/2018

Malgré des promesses de modernisation, l’Arabie saoudite continue de bafouer les droits des femmes et de poursuivre leurs défenseures. Une situation dont les associations internationales s'alarment dans un nouveau rapport publié jeudi.

Intitulé "Condamnées au silence", le dernier rapport de l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, publié le 18 janvier, dénonce l’implacable répression qui s'abat, depuis plusieurs années, sur les femmes saoudiennes défenseures des droits humains. Cet observatoire regroupe la FIDH (Fédération internationale des droits de l’Homme) et l’OMCT (Organisation mondiale contre la torture).

Un pays où il ne fait pas bon militer

Dans ce royaume du Moyen-Orient, les droits et libertés fondamentales tels que les libertés d’association, d’expression et de rassemblement pacifique ne sont pas garanties par la loi. "Pire, leur exercice est régulièrement réprimé en invoquant des infractions fourre-tout" dénonce le rapport de l’Observatoire.

Difficile dans ces conditions de militer pour la protection des droits humains, car toute manifestation revient pour les autorités à une menace à l’ordre public, voire à une activité terroriste. Et c'est d'autant plus dangereux quand ses défenseurs des droits sont des femmes. Ces militantes font face à des pressions familiales constantes. Parfois arrêtées et menacées de poursuites, elles agissent sous "une chappe de plomb imposée par le régime".

La victoire est encore loin

Pourtant l’année 2016 a constitué un tournant dans la lutte des femmes saoudiennes pour leurs droits, comme l’explique à France 24 Alexandra Pomeon, qui a coordonné la rédaction du rapport.

En effet, l’ONG Human Rights Watch (HRW) dénonce cette année-là une Arabie saoudite qui continue de priver les femmes de leurs droits les plus élémentaires. Ce rapport "a eu un fort écho auprès des Saoudiennes qui s’en sont saisi avec la volonté de prendre leur destin en main" raconte l'observatrice de la FIDH.

S'en est suivi une forte mobilisation sur les réseaux sociaux, en dehors de tout cadre associatif. Grâce notamment au combat de Loujain Al-Hathloul, les Saoudiennes reprennent le volant fin 2017. Le droit de conduire leur est à nouveau accordé dans le seul pays qui l’interdisait depuis 1990. En janvier 2018, elles peuvent enfin accéder aux stades, seules ou accompagnées.

Si elles remportent quelques batailles, la victoire est encore loin. Selon les observateurs de la FIDH et de l'OMCT, ces améliorations du droit des femmes ne sont que des avancées de façade pour améliorer l'image du pays sur la scène internationale. Les ONG s'interrogent sur la véritable ambition du projet "Vision 2030" du prince héritier Mohammed Ben Salman. Ce trentenaire, qui a pris la tête du pays en juin 2017, a présenté son plan de développement social et éconmique pour l'Arabie saoudite comme un ensemble de profondes réformes de la société. Mais pour les militants saoudiens interrogés par l'Observatoire, cela ressemble plus à une stratégie pour soigner l'image de ce prince réformateur qui a besoin de s'allier les voix des jeunes et des femmes pour consolider son pouvoir.

Des femmes saoudiennes mineures à vie

Le rapport rappelle que la vie quotidienne des femmes en Arabie saoudite est encore largement entravée par des pratiques coutumières. L'une des principales discriminations à l'égard des femmes réside dans le système du tutorat masculin. Les actes les plus simples nécessitent l’autorisation de leur wali al-amr, le détenteur de l’autorité. Impossible pour elles de voyager à l’étranger, d’ouvrir un compte en banque, de s’inscrire à l’université, de travailler ou encore d’accéder à la justice sans l’accord de leur tutelle masculine, le plus souvent un mari ou un membre de la famille. L'Arabie saoudite n'ayant pas défini d'âge de majorité légale pour les femmes, elle sont mineures à vie.

Femme saoudienne et défenseure des droits de l'Homme : vers la fin d’une double peine ?

Pour Alexandra Pomeon, la situation est compliquée mais "l’Arabie saoudite soucieuse de son image de nation moderne et ouverte au monde ne pourra pas éternellement se cacher derrière des réformes cosmétiques et devra adopter des réformes en profondeur". La FIDH et l’OMCT demandent, au nom des femmes saoudiennes, "l’abolition du régime du tutorat (wali al-amr), la libération des défenseures emprisonnées et l’ouverture de l’espace public et de la parole en autorisant la liberté d’association". Le royaume doit mettre fin "à une politique de la terreur de la société civile" martèle Alexandra Pomeon.

Rendez vous est pris en février 2018. Le Comité pour l’élimination de la discrimination à l'égard des femmes (Nations unies), "l'une des rares conventions ratifiée par l’Arabie saoudite" rappelle Alexandra Pomeon, doit se prononcer sur l'avancée réelle des droits des Saoudiennes. Il s'appuiera pour cela sur deux rapports, l'un fourni par le gouvernement saoudien, l'autre par l’Observatoire.

Première publication : 19/01/2018

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