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La France renonce à organiser l'Exposition universelle pour des raisons financières

Le Premier ministre Édouard Philippe le 21 décembre 2017, à Paris.
Le Premier ministre Édouard Philippe le 21 décembre 2017, à Paris. Thomas Samson, AFP

Le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé que la France renonçait à accueillir l'Exposition universelle de 2025 pour des raisons financières, selon le Journal du dimanche. "Une décision incompréhensible" pour le comité d'organisation.

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La France organisera la Coupe du monde de rugby en 2023 et les Jeux olympiques en 2024 ... mais pas l'Exposition universelle en 2025. La décision a été prise par le Premier ministre Édouard Philippe. "J'ai décidé de ne pas donner suite à la candidature de la France à l'exposition universelle, qui sera retirée", écrit le chef du gouvernement à Pascal Lamy, président du Groupement d'intérêt public Expofrance 2025, selon le Journal du Dimanche.

Le Premier ministre pointe notamment les "faiblesses structurelles" du modèle économique du projet français et précise que dans le contexte de "redressement de nos finances publiques", il refuse de "grever l'avenir (...) d'engagements supplémentaires non maîtrisés". Le projet français n'a pas les moyens de se redresser dans "le délai qui nous sépare de la visite de la commission d'enquête du BIE" prévue à la mi-mars cette année, note-t-il.

Manque de solidité du dispositif

Dans sa lettre adressée à Pascal Lamy, ancien directeur de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), Édouard Philippe estime que les engagements qu'il avait demandés fin septembre concernant la "solidité du dispositif opérationnel proposé par la France" ne sont pas tenus.

La candidature française, bâtie autour du pôle scientifique et technologique de Paris-Saclay, au sud de la capitale, a été déposée fin septembre auprès du Bureau international des expositions (BIE).

Autre argument mis en avant par Matignon, "la marge d'aléas" du projet qui "ne permet pas d'absorber certaines hypothèses de fréquentations défavorables". Les scénarios envisagés tablaient sur une fréquentation comprise entre 35 et 40 millions de visiteurs avec une hypothèse haute à 65 millions. Mais une fréquentation comparable à celle de l'Expo qui s'est tenue à Milan en 2015 (environ 20 millions de visiteurs) entraînerait une chute des recettes (de 1,3 milliard à 455 millions d'euros) qui représente un risque pour les finances publiques, selon Matignon.

Manque de partenaires privés

Édouard Philippe a mis enfin en avant, selon le JDD, le manque de partenaires privés prêts à s'engager. Après un premier grand oral en novembre à Paris, une mission d'enquête sur le terrain programmée mi-mars, une autre présentation devant le BIE était prévue en juin avant le choix du pays hôte en novembre 2018.

Le retrait de la France laisse la voie libre aux trois autres pays candidats pour accueillir l'Exposition de 2025 : la Russie (Ekaterinbourg), le Japon (Osaka) et l'Azerbaïdjan (Bakou). Le choix du pays hôte doit être annoncé le 15 novembre 2018. L'Exposition universelle doit se tenir du 1er mai au 31 octobre 2025.

Selon le JDD, la maire de Paris Anne Hidalgo, la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse et le président du comité de candidature Jean-Christophe Fromentin ont également été informés samedi de la décision.

"Je ne me retrouve pas dans cette France qui renonce, qui recule ou qui s'excuse", a réagi sur Twitter Jean-Christophe Fromentin. "Alors que nous pouvions après le rugby en 2023 et les JO en 2024 recevoir le monde avec l'expo universelle en 2025, cette décision est incompréhensible", a tweeté le vice-président du comité d'organisation, Luc Carvounas.

Avec AFP

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