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Une trentaine de pays s'engagent contre la prolifération des armes chimiques

Des victimes de l'attaque chimique présumée ayant touché la localité de Douma, en Syrie, le 22 janvier 2018.
Des victimes de l'attaque chimique présumée ayant touché la localité de Douma, en Syrie, le 22 janvier 2018. Hasan Mohamed, AFP

Une trentaine de pays vont lancer une initiative mardi à Paris, en présence du chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson, afin de punir les responsables d'attaques chimiques en Syrie et dans le monde.

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Les responsables d'attaques chimiques en Syrie sont dans le collimateur d’une trentaine de pays qui vont lancer une initiative, mardi 23 janvier à Paris, afin de riposter ainsi à un double veto russe, en novembre, sur la poursuite des enquêtes internationales.

Cette conférence, à laquelle assiste le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson, ouvrira une nouvelle séquence diplomatique sur la crise syrienne avant la reprise des pourparlers de l'ONU, jeudi à Vienne, et le Congrès de paix initié par la Russie le 30 janvier, à Sotchi.

Elle se tiendra alors que le régime de Bachar al-Assad a été accusé lundi d'une nouvelle attaque chimique contre une enclave rebelle de la Ghouta orientale, à l'est de Damas. Au moins 130 attaques chimiques ont été perpétrées en Syrie entre 2012 et 2017, selon une évaluation française.

"On ne les lâchera pas"

Rex Tillerson aura aussi des discussions plus générales sur la Syrie, notamment après le lancement samedi d'une offensive turque contre une milice kurde alliée des États-Unis. Son homologue français Jean-Yves Le Drian s'entretiendra avec lui en fin de matinée avant d'ouvrir à 14 h (13 h GMT) la conférence contre l'impunité de l'utilisation d'armes chimiques.

Concrètement, les représentants de 29 pays vont s'engager à partager des informations et à établir des listes de personnes impliquées dans l'utilisation d'armes chimiques, en Syrie mais aussi ailleurs dans le monde. Celles-ci pourront faire l'objet de sanctions (gel d'avoirs, interdiction de visas) ou de poursuites judiciaires au niveau des États.

"Aujourd'hui, la situation est bloquée au niveau le plus élevé de la communauté internationale", le Conseil de sécurité de l'ONU, déplore-t-on dans l'entourage de Jean-Yves Le Drian. "Il faut que les auteurs d'attaques chimiques sachent qu'ils peuvent être poursuivis et qu'on ne les lâchera pas !", ajoute-t-on.

Paris cible 25 entités et responsables

La France a ainsi décrété mardi des gels d'avoirs contre 25 entités et responsables d'entreprises syriens mais aussi français, libanais ou chinois soupçonnés "d'alimenter le programme syrien de conception et réalisation d'armes chimiques", précise-t-on de même source. Il s'agit d'importateurs et distributeurs de métaux, d'électronique et de systèmes d'éclairage, selon deux arrêtés diffusés au Journal Officiel.

Aucun responsable du régime n'est en revanche visé. "Nous n'avons pas aujourd'hui d'éléments permettant d'engager cette démarche au niveau des autorités politiques syriennes", concède-t-on au Quai d'Orsay.

Les enquêteurs de l'ONU et de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) ont conclu à la responsabilité du régime syrien dans quatre attaques de ce type, dont l'une au sarin a tué au moins 80 personnes le 4 avril 2017 à Khan Cheikhoun. La Russie, qui soutient militairement le président syrien Bachar al-Assad, accuse de son côté les enquêteurs de partialité.

L’organisation jihadiste État islamique (EI) est aussi soupçonnée d'avoir utilisé du gaz moutarde en Syrie et en Irak.

Avec AFP

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