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Chine: un éditeur-libraire suédois à nouveau interpellé, des ONG outrées

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Hong Kong (AFP)

L'éditeur-libraire suédois d'origine chinoise Gui Minhai, vendeur d'ouvrages ridiculisant Pékin, a de nouveau été interpellé en Chine selon sa fille, une arrestation "effarante" et "inquiétante" ont estimé mardi des défenseurs des droits de l'homme.

La société civile chinoise est sous forte pression depuis l'arrivée au pouvoir du président Xi Jinping fin 2012. De nombreux avocats et militants ont notamment été inquiétés voire détenus.

Gui Minhai travaille pour la maison d'édition "Mighty Current". Basée à Hong Kong, un territoire chinois qui jouit de fortes libertés publiques, elle publie des livres salaces, sur la vie privée des dirigeants chinois, qui sont interdits en Chine continentale.

En 2015, comme quatre autres employés de la maison d'édition, M. Gui s'était volatilisé, avant de réapparaître dans un centre de détention chinois. Il affirmait alors être allé en Chine de son plein gré pour y assumer ses "responsabilités légales", plusieurs années après y avoir tué un étudiant dans un accident de voiture.

Les autorités chinoises avaient affirmé en octobre 2017 avoir relâché le libraire mais la situation restait confuse quant à sa liberté de mouvement.

Sa fille Angela Gui avait affirmé à une radio publique suédoise que depuis sa libération officielle, son père avait été placé dans un appartement de la police, sous surveillance.

- Débarqué du train -

Elle a indiqué qu'il avait été interpellé samedi par des agents en civil à bord d'un train alors qu'il se rendait avec deux diplomates suédois à Pékin, en provenance de la ville de Ningbo (est) où il vit.

Son père allait dans la capitale chinoise pour consulter un médecin en raison de symptômes de la maladie de Charcot.

"A un des arrêts avant Pékin, une dizaine d'hommes en civil sont montés à bord, disant être de la police, l'ont attrapé et l'ont emmené et depuis, je suis sans nouvelle", a déclaré sa fille à la radio suédoise.

Le ministère suédois des Affaires étrangères s'est dit "pleinement conscient" de ce qui était arrivé au libraire, sans fournir de précisions.

Selon Patric Nilsson, le porte-parole de ce ministère, la cheffe de la diplomatie suédoise Margot Wallström a convoqué l'ambassadeur de Chine et s'est vu promettre des informations quant au sort de l'éditeur.

Côté chinois, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères Hua Chunying a déclaré mardi lors d'une conférence de presse régulière n'être "pas au courant des détails" de l'incident.

"Tout étranger doit respecter les lois et les règlements chinois", a-t-elle cependant souligné.

Elle n'a pas confirmé d'éventuelles discussions entre Pékin et Stockholm sur le sujet.

- 'Des actes forts' -

L'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International s'est dite "absolument effarée" par cette affaire, demandant la libération de M. Gui, ainsi que son accès à des soins médicaux.

Son interpellation devant des diplomates devrait être un "signal d'alarme" pour la communauté internationale, a indiqué William Nee, spécialiste de la Chine au sein de l'association.

La société littéraire PEN Hong Kong a quant à elle exprimé sa "profonde inquiétude".

"Il est maintenant important pour les gouvernements étrangers, notamment pour les Suédois et l'Union européenne, de réagir avec des actes forts", a indiqué l'association de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW).

Le libraire Gui Minhai avait disparu une première fois en 2015 lors de vacances en Thaïlande. Il avait ensuite été détenu dans un lieu tenu secret en Chine.

En février 2016, il était réapparu à la télévision chinoise en pleurs, en avouant son implication dans un accident de la route alors qu'il était ivre.

Dans une autre interview diffusée la même année, il avait confessé avoir essayé de passer en contrebande des livres interdits en Chine.

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