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Les civils d'Afrin affrontent l'offensive turque en Syrie et refusent de ployer le genou face à Erdogan

Funérailles d'un combattant kurde dans la ville d'Afrin, la cible d'une offensive turque depuis six jours.
Funérailles d'un combattant kurde dans la ville d'Afrin, la cible d'une offensive turque depuis six jours. George Ourfalian, AFP

Alors que l'offensive de l'armée turque et des rebelles syriens contre la milice kurde des YPG se poursuit dans le nord de la Syrie, la population tente de s'organiser.

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Cible d’une une offensive turque depuis près d’une semaine, la région frontalière d'Afrin, située dans le nord-ouest de la Syrie, vit au rythme des bombardements.

Si l'offensive turque vise à mater les Unités de protection du peuple (YPG, prononcé "Yépégué"), principale milice kurde de Syrie, considérée comme "terroriste" par Ankara, mais alliée de Washington dans la lutte contre l’organisation jihadiste État islamique (EI), elle n’épargne pas les civils.

L'ONU a fait état de quelque 5 000 personnes déplacées par l'offensive baptisée "Rameau d'olivier", la plupart au sein même de la région d'Afrin. De leur côté, des responsables kurdes ont accusé Ankara de chercher à dépeupler la zone.

Ceux qui n'ont pas réussi à fuir, ou qui refusent de quitter la région, se débrouillent comme ils le peuvent pour se protéger des bombardements. Les drapeaux jaune et vert des YPG flottent toujours sur la ville d'Afrin et les villages voisins. "Nous sommes tous avec vous !", peut-on lire sur des bannières en soutien à la milice kurde.

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"Nous pouvons garder la tête haute. Nous ne partirons jamais", assure un épicier de Jandairis, une localité voisine particulièrement touchée par des raids aériens et des tirs de roquettes. Ce quadragénaire accuse le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui refuse l'établissement à sa frontière sud d'une fédération autoproclamée par les Kurdes, au nom de sa sécurité nationale, de s'en prendre à la population civile à Afrin.

"Cette terre est à nous"

"Il a dit qu'il ne prendrait pas les civils pour cible, et aujourd'hui il s'en prend à eux par faiblesse", juge le quadragénaire. "J'espère qu'il comprendra que tant que nous sommes en vie, cette terre est à nous. Nous ne partirons pas. Nous restons."

S'adressant à des responsables du parti au pouvoir AKP, Recep Tayyip Erdogan a déclaré vendredi 26 janvier qu'après l'opération en cours dans la région d'Afrin, dans le nord-ouest de la Syrie, la Turquie pourrait prolonger son opération vers l'est, jusqu'à la frontière irakienne. Le président turc a réaffirmé que la ville syrienne de Manbij était le prochain objectif de la Turquie.

Trois jours plus tôt, les autorités locales kurdes ont appelé les habitants à la "mobilisation générale [pour] défendre Afrin". "Nous combattrons et nous ne partirons jamais de Jandairis. Nous sommes justes, et nous avons une cause", promet Jano, un avocat qui ajoute : "Aucune force ne parviendra à nous chasser de notre terre."

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Depuis le 20 janvier, près de 100 combattants des YPG et des groupes rebelles syriens pro-turcs ont été tués, ainsi que 33 civils, la plupart dans des bombardements turcs, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Ankara dément avoir touché des civils. L'armée turque a déploré trois morts.

Avec AFP et Reuters

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