Accéder au contenu principal

Chypre élit son président, les électeurs peu mobilisés

4 mn
Publicité

Nicosie (AFP)

Les Chypriotes se rendent aux urnes sans enthousiasme dimanche pour élire leur président, Nicos Anastasiades partant favori pour obtenir un second mandat à la tête de ce petit pays de l'Union européenne, divisé depuis plus de 40 ans.

Le dirigeant conservateur de 71 ans, qui promet de relancer les pourparlers de réunification, est crédité de 30% des voix dans les derniers sondages. Il devrait, sauf surprise, rester à la tête du pays, dont l'économie a rebondi après avoir frôlé la faillite en 2013.

Après une campagne marquée par un désintérêt notable, le taux de participation à 15H00 (13H00 GMT) était de 50,9%, en nette baisse par rapport à 2013 où il s'établissait à 61,35% à la même heure. Les 550.000 électeurs inscrits ont jusqu'à 18H00 (16H00 GMT) pour exprimer leur choix, et les résultats sont attendus dans la soirée, autour de 18H30 GMT.

Du fait de la partition de l'île méditerranéenne, la République de Chypre - membre de la zone euro - n'exerce son autorité que sur les deux tiers du territoire, dans le sud, où vivent les Chypriotes-grecs. Dans le tiers nord résident les Chypriotes-turcs qui sont administrés par la République turque de Chypre du Nord (RTCN), autoproclamée et reconnue uniquement par Ankara.

Quelque 657 Chypriotes-turcs résidant dans le sud sont inscrits sur les listes électorales.

Homme à poigne réputé pragmatique, M. Anastasiades, avocat de formation, ne devrait l'emporter qu'à l'issue du second tour, dimanche 4 février, à moins de recueillir plus de 50% des suffrages du premier coup.

Après avoir mis son bulletin dans l'urne, le président a tenu à rappeler que ses compatriotes sont appelés aujourd'hui à choisir l'homme qui déterminera "le futur de Chypre".

Le grand enjeu de dimanche devrait être l'identité de son adversaire: Stavros Malas, soutenu par le parti communiste, ou Nicolas Papadopoulos (centre), fils d'un ancien président, qui défend des positions plus fermes sur les pourparlers de paix et bénéficie du soutien de différents petits partis.

"Aujourd'hui, les protagonistes (de l'élection) ne sont pas les candidats mais les citoyens", a renchéri M. Papadopoulos.

- 'Espoirs déçus' -

La division de Chypre, ancienne colonie britannique, perdure depuis 1974, quand des troupes turques ont envahi le tiers nord de l'île en réponse à un coup d'Etat à Nicosie, qui inquiétait la minorité turque.

Les questions économiques ont largement dominé la campagne, reléguant au second plan les pourparlers de réunification, au point mort après l'échec des négociations sous l'égide de l'ONU en 2017.

Après des décennies de division, la lassitude a gagné du terrain et le président élu devra relever un défi de taille pour convaincre les sceptiques, de plus en plus nombreux, en cas de reprise des pourparlers.

A la sortie des bureaux de vote à Nicosie, beaucoup d'électeurs affichaient leur résignation, ont constaté des journalistes de l'AFP.

"Certains Chypriotes sont lassés des politiciens. Cela fait maintenant 44 ans (que l'île est divisée), que les habitants entendent chaque jour la même chose. Leurs espoirs sont déçus", a déploré Andreas Sevastides, retraité de 68 ans.

Fonctionnaire à la retraite, George Georgallides dit avoir voté pour le candidat Papadopoulos, reprochant au président sortant d'avoir "tout accepté" lors des négociations.

"Si nous relançons les pourparlers, alors il faudra recommencer à nouveau depuis le début", a-t-il ajouté.

Cette présidentielle voit par ailleurs la présence inédite d'un candidat du parti d'extrême droite Elam, qui a remporté deux sièges au Parlement en 2016.

Après une grave crise en 2013, l'économie a quant à elle connu un redressement rapide, aidée par le boom du secteur touristique qui a connu en 2017 un record historique.

Malgré tout, "la reprise reste relative", affirme à l'AFP l'économiste Fiona Mullen, directrice du cabinet de consultants Sapienta Economics. Si l'économie croît rapidement, elle est toujours en deçà de son niveau de 2012, rappelle-t-elle.

Le taux de chômage s'élevait ainsi à 11% fin 2017, soit le troisième plus important de l'UE, et à 25% chez les jeunes, selon Eurostat.

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.