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FRANCE

Accusé de viol, le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, est soutenu par le gouvernement

Le ministre des Comptes publics, Gérard Darmanin, à l'Assemblée nationale, le 29 novembre 2017.
Le ministre des Comptes publics, Gérard Darmanin, à l'Assemblée nationale, le 29 novembre 2017. Patrick Kovarik, AFP
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La justice a rouvert une enquête sur une accusation de viol visant Gérald Darmanin pour des faits de 2009, contestés par l'intéressé. Une pétition demandant sa démission circule, mais le ministre des Comptes publics a le soutien du gouvernement.

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L’affaire pourrait devenir gênante mais, pour l’instant, le gouvernement fait front derrière le ministre des Comptes publics. Gérald Darmanin fait l’objet d’une enquête du parquet de Paris sur une accusation de viol pour des faits datant de 2009, que l’intéressé conteste catégoriquement. En janvier, la plaignante, Sophie Spatz, a envoyé un courrier accusant ce poids lourd du gouvernement de l’avoir violée alors qu’elle sollicitait de l’aide dans une affaire judiciaire.

Selon le journal Le Monde qui a révélé l’affaire, cette femme âgée de 46 ans, ancienne call-girl, s'était adressée en 2009 à Gérald Darmanin, alors jeune chargé de mission au service des affaires juridiques de l'UMP, pour tenter de faire annuler une condamnation prononcée à son encontre en 2004 pour des faits de chantage et d'appels malveillants contre un de ses anciens compagnons.

D'après le quotidien, Gérald Darmanin lui aurait fait miroiter son appui auprès de la chancellerie en échange de faveurs sexuelles. Une première enquête avait été classée sans suite en juillet dernier car la plaignante, qui avait déposé sa plainte peu de temps après l'entrée de Gérald Darmanin au gouvernement pour des faits remontant à 2009, n'avait pas répondu aux convocations des enquêteurs, a-t-on indiqué de même source.

Darmanin a "toute la confiance" de Matignon

Dès l'annonce de la réouverture de l'enquête, samedi, Matignon a fait savoir que le ministre conservait "toute la confiance" d'Édouard Philippe. Le Premier ministre a rappelé que "les règles de maintien au gouvernement sont connues". Par cette déclaration, il a donné le "la" à son équipe. Invitée lundi matin sur France Inter, la secrétaire d'État à l'Égalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, a d'emblée annoncé que "le Premier ministre s'exprime au nom du gouvernement".

Alors qu'on lui demandait pourquoi M. Darmanin ne démissionnait pas, elle a répondu : "La règle a été claire, elle a été expliquée par le président et le Premier ministre, c'est à partir de la mise en examen. Sinon ça veut dire que vous pouvez décider de déposer plainte contre tous les membres du gouvernement dès demain et tous les membres du gouvernement vont devoir démissionner". "Si Gérald Darmanin était mis en examen pour viol, bien évidemment il devrait quitter le gouvernement", a-t-elle précisé tout en appelant à la "sérénité" et à "laisser la justice travailler".

Même son de cloche du côté de la Justice. Invitée dimanche du Grand Jury RTL, LCI, Le Figaro, la garde des Sceaux Nicole Belloubet a vanté la transparence de son collègue. Elle a dépeint Gérald Darmanin comme un collègue "très clair et rigoureux" et "très attentif quand il y a des éléments à partager". "Les ministres exercent des responsabilités, ont en charge la gestion d'un département et il faut qu'ils soient en mesure de conduire cette action. Et donc, on ne peut pas impunément les mettre en accusation pour des raisons qui ne soient pas claires", a-t-elle aussi fait valoir.

Pétition pour demander sa démission

Les féministes ne l’entendent pas de cette oreille. Dimanche, elles ont lancé une pétition en ligne demandant au Premier ministre de mettre fin aux fonctions de Gérald Darmanin. "Monsieur le Premier ministre, quand un ministre est mis en cause pour viol, il ne peut pas rester au gouvernement", écrivent quatre militants féministes (Madeline Da Silva, Elliot Lepers, Clara Gonzales et Marie Cervetti).

Ils font valoir que Richard Ferrand, François Bayrou, Marielle de Sarnez et Sylvie Goulard ont été "immédiatement poussés vers la sortie" lorsqu'ils ont été soupçonnés, pour le premier, de favoritisme dans une affaire immobilière, et pour les trois autres, d'avoir eu des emplois fictifs au Modem. "Être visé par une enquête préliminaire pour un crime sexuel serait donc moins grave ?", demandent les auteurs de la pétition.

La pétition avait recueilli plus de 2 500 signatures lundi en fin de matinée.

Avec AFP

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