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Campagne anticorruption en Arabie saoudite : 56 suspects toujours en détention

Le prince héritier d'Arabie Saoudite, Mohammed ben Salmane, a lancé en novembre 2017 une vaste opération anticorruption.
Le prince héritier d'Arabie Saoudite, Mohammed ben Salmane, a lancé en novembre 2017 une vaste opération anticorruption. Bandar al-Jaloud, Saudi Royal Palace, AFP

Le procureur général d'Arabie saoudite a annoncé mardi que 56 suspects, sur les 381 arrêtés dans le cadre de la campagne anticorruption frappant les milieux d'affaires et la classe politique du royaume, se trouvaient toujours en détention.

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Ils sont des dizaines de princes, de ministres et d’hommes d’affaires à avoir été arrêtés en Arabie saoudite lors d’une "opération anticorruption" lancée par le puissant prince héritier Mohammed ben Salmane, le 4 novembre dernier. En tout 381 personnalités du royaume ont fait les frais de cette purge, présentée à ses débuts comme "une nouvelle ère de transparence". Parmi elles, 56 sont toujours en détention, a annoncé mardi 30 janvier le procureur général d'Arabie saoudite.

Dans une déclaration officielle, Saoud al-Mojeb a précisé que la valeur estimée d'accords transactionnels conclus avec certains suspects dépassait 400 milliards de riyals (environ 86 milliards d'euros).

Le prince Al-Walid ben Talal libéré

L'identité des 56 personnes toujours maintenues en captivité n'a pas été révélée. On sait en revanche que le prince Al-Walid ben Talal, 62 ans, cousin du prince héritier, a été libéré samedi après avoir conclu un "arrangement" avec les autorités dont la teneur n'a pas été divulguée.

Personnalité très médiatisée, Al-Walid Ben Talal, dont la fortune est estimée à 17 milliards de dollars (14,6 milliards d’euros) par le magazine Forbes, est un acteur de premier plan dans le monde financier saoudien. Il était détenu avec d'autres personnalités à l'hôtel Ritz-Carlton, un palace de la capitale saoudienne fermé au public et transformé en "prison dorée" depuis près de trois mois.

Opération modernisation du royaume

Ce vaste coup de filet avait été lancé deux semaines après une intervention choc de Mohammed ben Salmane, à un forum économique d’investisseurs, organisé le 24 octobre à Riyad. Ce jour-là, il avait promis une nouvelle Arabie "modérée, ouverte et tolérante", en rupture avec l’image d’un pays longtemps considéré comme l’exportateur du wahhabisme, version rigoriste de l’islam qui a nourri nombre de jihadistes à travers le monde.

>> À lire : Malgré quelques avancées, les Saoudiennes restent condamnées au silence

Dans la foulée, le prince a lancé plusieurs réformes – droit de conduire pour les femmes et ouvertures de cinémas notamment – qui marquent le plus grand bouleversement culturel et économique de l’histoire moderne du royaume. Mais il a aussi œuvré pour renforcer son emprise politique sur le pouvoir, procédant notamment à l’arrestation de dissidents, dont des religieux influents et des intellectuels.

Avec AFP et Reuters

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