ESPAGNE

Catalogne : ajournement de l'investiture de Carles Puigdemont, interdite par la Cour constitutionnelle

Le président du parlement catalan Roger Torrent, mardi 30 janvier 2017.
Le président du parlement catalan Roger Torrent, mardi 30 janvier 2017. Josep Lago, AFP

Le président du Parlement catalan a décidé mardi de repousser la session d'investiture de l'indépendantiste Carles Puigdemont, interdite par la Cour constitutionnelle, tout en assurant qu'il avait tous les droits d'être investi.

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Reculer pour mieux sauter. Le président du Parlement catalan a décidé d'ajourner mardi 30 janvier la session d'investiture à la présidence de la Catalogne du chef de file indépendantiste Carles Puigdemont, interdite par la Cour constitutionnelle. "La séance plénière d'aujourd'hui (...) est reportée", a déclaré sans préciser de date Roger Torrent.

Il a expliqué que cet ajournement avait pour but de défendre la tenue d'un débat d'investiture avec "toutes les garanties" pour Carles Puigdemont, autrement dit, sans risque d'arrestation. Ce dernier, installé à Bruxelles, échappe depuis trois mois aux poursuites de la justice espagnole.

>> À lire : Pourquoi Puigdemont joue au chat et à la souris avec Madrid ?

Auparavant, le président du Parlement catalan s'est lancé dans une diatribe contre la Cour constitutionnelle, estimant que le président destitué de la Catalogne avait "tous les droits" de se présenter. Il est à ce stade le seul candidat à la direction de la région de 7,5 millions d'habitants.

"Ni la vice-présidente du gouvernement (espagnol) ni le Tribunal constitutionnel ne décideront qui doit être le président" de Catalogne, a martelé Roger Torrent, en accusant la Cour de "violer les droits de millions de catalans" qui ont voté pour lui.

Risques judiciaires d'une investiture de Puigdemont

La Cour constitutionelle a souligné dans un arrêt rendu samedi l'impossibilité d'organiser une telle investiture sans autorisation judiciaire préalable. Elle a également écarté la validité d'une investiture à distance du séparatiste Carles Puigdemont, qui serait immédiatement arrêté s'il rentrait en Espagne, comme avant lui son ancien vice-président Oriol Junqueras.

Composée de membres nommés essentiellement par la majorité conservatrice qui dominait la chambre des députés à Madrid jusqu'en 2015, la Cour est régulièrement accusée de partialité par les séparatistes, surtout depuis qu'elle a annulé en 2010 une partie du statut conférant une autonomie élargie à la Catalogne, l'une des racines de l'actuel conflit.

Ce nouveau conflit judiciaire intervient trois mois après la déclaration d'indépendance unilatérale votée au parlement le 27 octobre 2017, point d'orgue d'une crise politique sans précédent en Espagne. La crise avait démarré avec l'organisation d'un référendum d'autodétermination interdit, le 1er octobre 2017, marqué par des violences policières.

Avec AFP

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