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Un père achète une page du Washington Post pour que l'enquête sur la mort de fils soit rouverte

© Plea for a change, the Michael Bell shooting/Facebook | Un panneau publicitaire payé par le père de Michael Bell Jr.

Texte par Ana BENABS

Dernière modification : 31/01/2018

Depuis 13 ans, Michael Bell met tout en œuvre pour que l'enquête sur la mort de son fils soit ré-ouverte. Après les panneaux publicitaires, c'est en achetant une pleine page dans le Washington Post que le père tente d'interpeller les autorités.

Un Américain a dépensé 64 259 dollars pour obtenir une pleine page dans l’édition du Washington Post du mardi 30 janvier. Sur celle-ci, il demande aux forces de l'ordre de rouvrir l'enquête sur la mort de son fils, tué par des policiers en 2004.

VOIR AUSSI : "Nazi VR" : comment la réalité virtuelle a pu faire condamner un criminel nazi 70 ans après Auschwitz

Le 9 novembre 2004, Michael Bell Jr. est arrêté par les policiers en face de sa maison à Kenosha, dans le Wisconsin. Ivre, il refuse de coopérer avec les autorités et une bagarre éclate. Un policier, pensant avoir été désarmé par le jeune homme, crie "il a mon arme !", comme le rappelle le site de CBS. Un autre officier lui tire alors une balle en pleine tête. Il décède trois heures plus tard des suites de ses blessures, à l'âge de 21 ans. 

À la suite de cette affaire, le chef de la police de Kenosha déclare que la mort de Michael relève d'un "homicide justifié", une décision inacceptable pour la famille Bell qui porte plainte contre la police locale. Elle découvre alors de nombreuses incohérences entre les différents témoignages, et la ville de Kenosha essaie d’éviter le procès en proposant à la famille Bell 1,75 million de dollars de dédommagement. Mais Michael Bell n’en démord pas, et continue de chercher la vérité, même si l'affaire a atteint sa date de prescription.

Comme dans "3 Billboards", le désir de se faire entendre

En novembre dernier, Michael Bell mettait encore tout en œuvre pour que l’enquête reprenne, en achetant l’espace publicitaire de 24 panneaux d’affichages disposés dans sa ville, appelant à la réouverture d’une investigation.

Une pratique qui n’est pas sans rappeler le synopsis du film "3 Billboards, Les Panneaux de la Vengeance", dans lequel une femme achète elle aussi trois espaces publicitaires pour faire avancer l’enquête sur la mort de sa fille. Bien qu'il ne soit pas tiré d'une histoire vraie, l'écriture du long-métrage a été déclenché par une situation bien réelle, puisque le réalisateur Mart McDonagh avoue s’être inspiré de panneaux du même genre croisés sur les routes de la Georgie, de la Floride et de l'Alabama, comme il l'expliquait dans une interview accordée en novembre au média spécialisé Slash Film.

Acheter un espace publicitaire : est-ce possible ou pas en France ?

S’exprimer publiquement via l’affichage urbain est "une pratique tout à fait possible", nous explique Stéphane Dottelonde, président de l’Union de la Publicité Extérieure. "N’importe quel particulier a le droit d’acquérir un espace publicitaire pour faire passer un message, mais des règles sont à respecter : il est impossible de le faire hors agglomération – dans une démarche de protection du paysage et du cadre de vie –, et le message publié sera contrôlé par l’Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité pour savoir s’il respecte un ensemble de règles déontologiques". Une demande en mariage, oui, mais le lynchage publique de quelqu'un que vous n'appréciez pas, non. 

De grosses différences entre les États-Unis et la France

Pourtant, dans le cas de l’affaire Michael Bell et dans le film "3 Billboards, Les Panneaux de la Vengeance", les policiers sont explicitement nommés sur les panneaux. "Inenvisageable en France", précise Stéphane Dottelonde. "Aux États-Unis, le système fonctionne par contrôle judiciaire a posteriori : vous pouvez faire ce que vous voulez à vos risques et périls mais une plainte peut vous tomber dessus par la suite. En France, le contrôle est réalisé en amont, notamment par l’ARPP et l’UPE qui ne laisseront pas les gens publier n'importe quoi".

Dans ce "n’importe quoi", une longue liste de règles déontologiques doit être respectée. "Ne pas porter atteinte à l’ordre public, ne pas entraver l’enquête en cours, ne pas faire d’atteinte à l’honneur d’une personne, respecter son droit à l’image… ", nous indique Gilles Buis, avocat en droit de la publicité. "En principe, tout est envisageable si l'on a un peu d'argent. Mais la responsabilité de l’auteur du message et celle du support de publication sont automatiquement mises en cause." De quoi dissuader le plus fortuné des plaisantins. 

Quelque chose à ajouter ? Dites-le en commentaire.

Première publication : 31/01/2018