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Les tulipes offertes par l'artiste Jeff Koons à Paris suscitent la polémique

Jeff Koons en 2012 à New-York devant son bouquet de tulipes géant.
Jeff Koons en 2012 à New-York devant son bouquet de tulipes géant. Jamie McCarthy / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Le projet d'installation, devant le palais de Tokyo à Paris, d'une sculpture représentant des tulipes, offerte par l'artiste Jeff Koons, provoque une très vive polémique. Son sort pourrait être scellé au sommet de l'État.

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"Dites-le avec des fleurs". Cet adage ne se vérifie pas avec Jeff Koons. Le projet de l'artiste américain d'installer un bouquet de tulipes géant devant le Palais de Tokyo, à Paris, suscite la polémique, à coups de pétitions et tribunes indignées.

L'artiste américain de 63 ans avait fait part, le 21 novembre 2016, de son intention d'offrir cette sculpture à la Ville de Paris, comme "un geste d'amitié entre le peuple américain et le peuple français" après les attentats de 2015 et 2016.

Le fait "que cet immense artiste décide d'offrir à la Ville de Paris l'idée originale d'une œuvre monumentale, symbolisant la générosité et le partage, témoigne de l'attachement irrévocable entre notre capitale et les États-Unis", s'était alors félicitée la maire de Paris, Anne Hidalgo.

"Contraire à l'esprit de l'architecture"

Plus d'un an après, le "cadeau" de Jeff Koons est pourtant loin de faire l'unanimité. La semaine dernière, des personnalités comme le réalisateur Olivier Assayas et l'ancien ministre de la Culture Frédéric Mitterrand tiraient à boulets rouges sur le projet, qualifié de "choquant", dans une tribune publiée dans Libération.

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Plus surprenant, l'ancien ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon, organisateur d'une exposition Koons au château de Versailles quand il en était le président, a lui aussi pris la plume mercredi, dans Le Monde, pour désapprouver l'emplacement choisi.

Il juge le bouquet de tulipes "contraire à l'esprit de l'architecture" du Palais de Tokyo et du musée d'Art Moderne et suggère à "la Ville de Paris et l'État de tout faire pour qu'une autre solution soit envisagée". Une prise de distance remarquée de l'ex-ministre, désormais conseiller du milliardaire François Pinault, qui a acquis plusieurs œuvres de l'artiste américain.

Selon Bruno Julliard, adjoint chargé de la Culture à la Mairie de Paris, Jeff Koons "a souhaité que ce soit ce lieu qui soit destiné à l'œuvre. Donc la position officielle de la mairie est d'accepter cette œuvre à cet endroit-là. Il en revient aujourd'hui à la ministre de la Culture de prendre une décision définitive".

Choix et emplacement "surprenants, sinon opportunistes, voire cyniques"

Les critiques ne portent pas seulement sur l'emplacement, mais aussi sur l'esthétique de l'œuvre et son coût, comme sur les circonstances de son installation annoncée, et sur la personnalité de l'artiste.

"Le choix de l'œuvre, et surtout de son emplacement, sans aucun rapport avec les tragiques événements invoqués et leur localisation, apparaissent pour le moins surprenants, sinon opportunistes, voire cyniques", estiment les signataires de la première tribune dans Libération, dont l'artiste Christian Boltanski, la designer Matali Crasset et le producteur de cinéma Marin Karmitz.

Autre point soulevé par les opposants: "Qui va payer ?". Lors de l'annonce, la mairie avait indiqué que la réalisation de l'œuvre, dont le coût est évalué à trois millions d'euros, serait financée par le mécénat privé.

Le sort des "tulipes" est désormais entre les mains de la ministre de la Culture Françoise Nyssen, qui a reçu Jeff Koons mardi. Rien n'a filtré de cet entretien et le ministère se refuse à tout commentaire sur cette affaire, qui "est suivie de près à l'Elysée", indique-t-on de source proche du dossier.

Avec AFP

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