MALDIVES

Maldives : l'arrestation du président de la Cour suprême enfonce le pays dans la crise politique

La police maldivienne est intervenue le 2 février dans les locaux du principal parti d'opposition pour empêcher des célébrations après la décision de la Cour suprême de libérer des prisonniers politiques.
La police maldivienne est intervenue le 2 février dans les locaux du principal parti d'opposition pour empêcher des célébrations après la décision de la Cour suprême de libérer des prisonniers politiques. Mihaaru, AFP
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Deux membres de la Cour suprême des Maldives, dont son président qui avait ordonné la libération de prisonniers politiques, ont été arrêtés. Quelques heures plus tôt, le chef de l'État avait décrété l'état d'urgence.

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Le président de la Cour suprême des Maldives, Abdulla Saeed, et un autre membre de la haute juridiction ont été arrêtés avant l'aube, mardi 6 février, aux Maldives, quelques heures après l'instauration de l'état d'urgence. La police a fait état d'accusations de corruption à leur encontre, ainsi que contre un autre haut responsable de la Cour suprême, Hassan Saeed, qui a également été arrêté.

Lundi, le président des Maldives, Abdulla Yameen, avait décrété ce régime d'exception pour une durée de 15 jours, plongeant un peu plus le pays dans le chaos politique. L'instauration de l'état d'urgence vient renforcer les pouvoirs déjà très vastes des forces de sécurité pour arrêter et maintenir en détention des suspects, et intervient alors que la Cour suprême et le gouvernement sont engagés dans un rapport de force tendu.

L'opposition demande l'aide de l'Inde et des États-Unis

Le président des Maldives a refusé la semaine dernière de libérer des prisonniers politiques comme le lui ordonnait la Cour suprême. Cette dernière avait cassé les condamnations en 2015 de neuf opposants, dont celle de l'ancien président Mohamed Nasheed, actuellement en exil au Sri Lanka.

L'ex-chef de l'État a appelé mardi les gouvernements étrangers, en particulier l'Inde et les États-Unis, à l'aider à "évincer" le président Abdulla Yameen, dont la répression a, selon lui, plongé l'archipel dans le chaos politique. "Le président Yameen a illégalement déclaré la loi martiale et s'est emparé de l'État. Nous devons l'évincer du pouvoir. Le peuple des Maldives a une requête légitime envers les gouvernements du monde, notamment l'Inde et les États-Unis", a déclaré l'ex-président dans un communiqué, réclamant une intervention militaire indienne et le blocage des transactions en dollars pour les responsables du régime.

La Cour suprême avait également ordonné jeudi la réintégration de 12 députés démis de leurs mandats pour avoir fait défection du parti d’Abdulla Yameen. Cette décision permet théoriquement à l'opposition de retrouver la majorité absolue au Parlement de l'archipel qui compte 85 sièges, et lui donnerait le pouvoir de renverser le gouvernement et le président.

L'arrestation des membres de la Cour suprême est intervenue après celle, lundi, de l'ex-président des Maldives et demi-frère d'Abdulla Yameen, Maumoon Abdul Gayoom. Ce dernier, âgé de 80 ans, a dirigé le pays d'une main de fer pendant 30 ans jusqu'aux premières élections démocratiques tenues en 2008. Il s’était rangé, depuis, aux côtés de l'actuelle opposition menée par Mohamed Nasheed. Il a été arrêté autour de minuit à son domicile de la capitale, Male, a écrit sa fille, Yumna Maumoon, sur Twitter.

Avec AFP

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