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Sports

Le monde entier à Pyeongchang : itinéraire d'athlètes africains aux JO d'hiver

© Loïc Venance, AFP | Les athlètes nigérianes Seun Adigun, Ngozi Onwumere, Akuoma Omeoga et Simidele Adeagbo, au village olympique de Pyeongchang, en Corée du sud, le 6 février 2018.

Texte par Tracy McNICOLL

Dernière modification : 09/02/2018

Conformément à leur emblématique logo – cinq cercles enchâssés représentant les cinq continents habités –, les JO d’hiver 2018, à Pyeongchang, en Corée du Sud, recevront des athlètes du monde entier, y compris de huit pays africains.

Sur le point de participer à leurs septièmes Jeux olympiques d’hiver, le Maroc et l’Afrique du Sud font figure de vétérans parmi les pays africains. À l’occasion de l’édition 2018, qui s’ouvre le 9 février en Corée du Sud, ils seront accompagnés, pour leur première participation, de l’Érythrée et du Nigeria. Le Togo, Madagascar, le Kenya et le Ghana sont également présents.

Certains de ces athlètes pratiquent des sports inconnus dans le pays qu’ils représentent. Nombre d'entre eux sont nés et/ou ont grandi à l’étranger, sous des latitudes plus propices aux sports d’hiver, et ont choisi de participer à ces Jeux, pour certains en passant simplement d’un drapeau à un autre, pour d’autres en redécouvrant leurs racines.

 

  • Érythrée

Shannon-Ogbnai Abeda, qui est né et a grandi dans la province canadienne de l’Alberta, offre à l’âge de 21 ans sa première participation à l’Érythrée, pour les épreuves de slalom et de slalom géant en ski alpin. Basé à Calgary, à deux pas des Rocheuses, cet étudiant en informatique a pris en 2011 la décision de concourir pour ce petit pays coincé entre le Soudan et l’Éthiopie. Ses parents ont fui l’Érythrée dans les années 1980, lors de la guerre d’indépendance, avant de demander et obtenir l’asile au Canada.

"J’ai grandi ici [au Canada] parmi beaucoup d’amis canadiens mais j’ai aussi ce lien intérieur, qui fait de moi un Érythréen", a-t-il expliqué à Radio Canada, la télévision publique. "J’ai été ému des réactions à ma décision et du soutien que j’ai reçu, notamment de la communauté canado-érythréenne. Ils m’admirent et je n’avais jamais imaginé que cela puisse m’arriver."

 

  • Ghana

Akwasi Frimpong est né au Ghana et y a passé une partie de son enfance avant de rejoindre sa mère aux Pays-Bas à l’âge de 8 ans. Il devient d’abord un sprinteur de haut niveau, remportant le titre de champion junior des Pays-Bas sur 200 m à 15 ans. Mais, sans-papier, sa carrière dans l’athlétisme est contrariée jusqu’à ce qu’une blessure au tendon d’Achille y mette fin, réduisant à néant dans le même temps ses espoirs de qualification aux JO d’été de Londres, en 2012, pour l’équipe des Pays-Bas.

Après un passage par le bobsleigh, échouant de peu à se qualifier pour les JO de Sotchi en 2014, Akwasi Frimpong découvre le skeleton, proche de la luge, à ceci près que les athlètes descendent à plat ventre, tête la première. Une révélation : "C’était comme traverser un canyon à moto sans limite de vitesse ; c’était comme danser avec la glace", a-t-il raconté au site Olympics.org. "Je me suis donné pour objectif de devenir le premier Africain de l’histoire olympique à gagner une médaille", explique aussi celui qui a donc réussi, à 31 ans, à obtenir son ticket olympique, finalement au nom du Ghana.

 

Les Jeux de Pyeongchang ne seront pas les premiers pour Samir Azzimani, 40 ans, mais les premiers dans la catégorie ski de fond, après sa participation à des épreuves de ski alpin en 2010 à Vancouver.

Élevé par sa mère, puis en foyer en banlieue parisienne, ce Franco-Marocain, surnommé "Couscous Rocket", participe à Pyeongchang à ses seconds Jeux après avoir fait les gros titres en traversant le Maroc, du nord au sud, à roller-skis, lors d’un voyage épique de 1 700 km sur cinq semaines.

Seul représentant du royaume en 2010, Samir Azzimani sera cette fois accompagné du Canado-Marocain Adam Lamhamedi, skieur alpin talentueux qui signe également sa seconde participation après Sotchi. Né à Québec, Lamhamedi, âgé de 22 ans, a déjà marqué l’histoire olympique en devenant à 17 ans le premier Africain à remporter une médaille (d’or, en l’occurrence) lors d’un événement olympique – c’était en 2012, durant le super-G des Jeux olympiques de la jeunesse, à Innsbruck (Autriche).

 

  • Kenya

Sabrina Wanjiku Simader, âgée de 19 ans, est née à Kilifi, au Kenya, puis a rejoint l’Autriche à trois ans. Son beau-père, opérateur de remonte-pentes, l’encourage à faire sien le passe-temps national, le ski alpin. À Pyeongchang, la jeune femme suivra les traces de Philip Boit, qui a représenté le Kenya en ski de fond lors de trois olympiades. Elle sera la première femme kényane de l’histoire des Jeux d’hiver.

 

  • Madagascar

Née à Ambohitri­manjaka, sur l’île de Madagascar, Mialitiana Clerc a été adoptée par une famille française de Haute-Savoie à l’âge d’un an. Elle a ainsi commencé à skier encore enfant, sur les pentes alpines, avant de commencer la compétition à neuf ans. Encore adolescente – elle n’a que 16 ans –, Mialitiana Clerc devient à Pyeongchang la première femme Malgache à participer aux Jeux d’hiver. Le premier athlète était le skieur alpin Mathieu Razanakolona, aligné à Turin en 2006. Elle a annoncé viser une médaille aux Jeux de 2022 à Pékin.

 

  • Nigeria

Elles sont la sensation de ces JO d’hiver : une équipe de Nigérianes marche cette année dans les traces de l’équipe jamaïcaine de bobsleigh des Jeux de Calgary en 1988 et dont l’histoire a été immortalisée dans le film "Rasta Rockett" (1993). Seun Adigun, Ngozi Onwumere et Akuoma Omeoga, toutes trois américano-nigérianes, participeront à l’épreuve de bobsleigh à deux. Née à Chicago, Adigun était déjà présente pour le 100 m haies des Jeux d’été 2012 à Londres. Avec Onwumere, originaire de Dallas, et Omeoga, du Minnesota, elles forment la toute première équipe africaine de l’histoire du bobsleigh olympique.

Ce n’est pas tout : les trois Américano-Nigérianes ont aussi inspiré Simidele Adeagbo, qui participera à l’épreuve féminine de skeleton. Née à Toronto de parents nigérians et ayant vécu au Nigeria pendant son enfance, Adeagbo a mis à profit son expérience de coureuse pour participer, il y a seulement trois mois, à la première course de skeleton de sa vie et se qualifier à 36 ans dans l’équipe olympique nigériane.

 

  • Afrique du Sud

Le seul représentant sud-africain en Corée du sud s’appelle Connor Wilson. Le jeune skieur alpin, 21 ans, étudie les sciences vétérinaires à l’Université du Vermont, aux États-Unis, mais vient de Johannesburg. Wilson aurait bien pu ne pas aller à Pyeongchang : un autre Sud-Africain, Sive Speelman, avait aussi réalisé les temps qualificatifs pour être sélectionné. L’étudiant vétérinaire n’a été choisi que sur la base de ses meilleures places au classement de la Fédération internationale de ski (FIS), à savoir 54e en slalom géant et 71e en slalom.

 

  • Togo

Le Togo aura deux représentantes en Corée du Sud. La fondeuse Mathilde-Amivi Petitjean est arrivée en France, en Haute-Savoie, juste après sa naissance à Kpalimé, au Togo, en 1994. Sur les skis depuis ses sept ans, elle a d’abord concouru pour la France avant de rejoindre l’équipe du Togo. "C’était aussi une façon de renouer avec mes racines africaines. Le ski, c’est ma façon de m’exprimer, et je voulais le faire pour le Togo", a-t-elle confié à Jeune Afrique. "Ma mère nous parle toujours la langue du pays et l’on mange des plats de là-bas à la maison. Je me sens aussi togolaise que française." Petitjean a rejoint la fédération togolaise en 2013 avant de participer l’année suivante aux Jeux de Sotchi , où elle a fini 66e du 10 km classique. Désormais installée à Québec, la skieuse, qui aura 24 ans à Pyeongchang, veut atteindre les finales.

La seconde athlète togolaise est née de l’autre côté des Alpes, en Italie. Alessia Afi Dipol, fille de moniteurs de ski, s’alignera en ski alpin pour la seconde fois après Sotchi, et toujours pour le Togo. "Mon père a une usine de vêtements de sport au Togo. Il tient à cette nation et je suis fière de l’opportunité que j’ai de concourir pour le Togo", a-t-elle confié. "Même si je suis née en Italie, que j’y vis et m’y entraîne, je serai désormais toujours avec le Togo, qui est comme une famille d’adoption."

Première publication : 09/02/2018

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