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Le crash d'un F-16 israélien en Syrie attise les tensions dans la région

Un F-16 israélien s'est écrasé dans le nord d'Israël, samedi 10 février.
Un F-16 israélien s'est écrasé dans le nord d'Israël, samedi 10 février. Jack Guez, AFP (illustration)

L'armée israélienne indique qu'un de ses F16 a été abattu alors qu'il frappait "une base iranienne". C'est un drone iranien entré en territoire israélien qui aurait provoqué la riposte. Les États-Unis ont soutenu le "droit de se défendre" israélien.

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Un avion de combat F-16 israélien s'est écrasé en Israël, samedi 10 février, après avoir essuyé des tirs de la défense anti-aérienne syrienne alors qu'il frappait des "cibles iraniennes" en Syrie.

Le F-16 est tombé dans le nord du territoire israélien, mais un porte-parole de l'armée n'a pas précisé si l'appareil avait été effectivement touché par les tirs anti-aériens ou s'il était tombé à la suite d'un incident technique. Un des pilotes est gravement blessé.

C'est la première fois que l'armée israélienne dit ouvertement avoir visé des "cibles iraniennes" en Syrie depuis le début en 2011 de la guerre chez le voisin syrien, où l'Iran aide militairement le régime de Bachar al-Assad.

L'Iran crie au mensonge

Immédiatement, l'Iran a accusé Israël de "mensonges" et souligné le droit de la Syrie à la "légitime défense", en riposte à des raids israéliens lancés après l'interception, selon l'État hébreu, d'un drone présenté comme iranien.

"Les allégations à propos du survol d'un drone iranien sont trop ridicules", a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Bahram Ghassemi. "Pour couvrir ses crimes dans la région, les dirigeants israéliens recourent à des mensonges contre les autres pays", a-t-il ajouté. "La Syrie a le droit à la légitime défense" face à Israël.

Les hostilités semblaient se poursuivre. L'agence officielle syrienne Sana a rapporté que la défense anti-aérienne avait repoussé quelques heures plus tard une nouvelle attaque de l'armée de l'air israélienne, près de la capitale Damas.

Un drone iranien à l'origine de l'échange d'hostilité

L'accès de fièvre a commencé dans la nuit avec l'interception par l'armée israélienne d'un drone présenté comme iranien au-dessus de son territoire.

"Un hélicoptère de combat a procédé à l'interception réussie d'un appareil sans pilote qui avait été lancé de Syrie et est entré en Israël", a indiqué l'armée israélienne dans un communiqué.

L'aviation israélienne a frappé 12 objectifs, y compris trois batteries de défense anti-aériennes et quatre cibles iraniennes non précisées mais "appartenant au dispositif militaire iranien en Syrie."

Les avions israéliens ont alors essuyé "de multiples tirs de missiles anti-aériens", a-t-elle dit. Les pilotes de l'un des avions ont dû s'éjecter et sont retombés en territoire israélien, où ils ont été emmenés à l'hôpital.

Selon le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) Rami Abdel Rahmane, les raids israéliens ont visé des cibles dans l'est de la province de Homs (centre), dans une région où sont présents, a-t-il dit, des forces iraniennes et des membres du Hezbollah libanais pro-iranien.

L'armée israélienne a prévenu qu'elle considérait "l'attaque iranienne et la riposte syrienne comme une violation grave de la souveraineté israélienne". Elle surveille la situation "et est totalement prête à de nouvelles actions, en fonction de son évaluation de la situation et des nécessités".

"L'Iran est responsable de cette grave violation de la souveraineté israélienne", a tweeté le porte-parole de l'armée, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus.

Dans un communiqué conjoint avec la Russie et le Hezbollah, l'Iran a promis une "réponse implacable" à l'"agression" israélienne, soutenant que le drone servait à la lutte contre "les organisations terroristes, Daech en priorité".

De leur côté, les États-Unis ont exprimé leur soutien à Israël, exprimant leur inquiétude face à "l'escalade de la violence à la frontière" et arguant du "droit souverain d'Israël à se défendre", selon un communiqué de la porte-parole du département d'État, Heather Nauert.

L'"ambition [de l'Iran] de projeter son pouvoir et sa dominance mettent en danger tous les peuples de la région, du Yémen au Liban", a-t-elle ajouté.

"Prêts à tous les scénarios"

Depuis le début de la guerre en Syrie, Israël suit avec la plus grande attention l'évolution de la situation chez son voisin, veillant à ne pas être aspiré dans le conflit tout en frappant ponctuellement des positions du régime syrien ou des convois d'armes à destination du Hezbollah, sa bête noire, en fonction de ce qu'il présente comme ses intérêts.

>> À lire aussi : Le Hezbollah, la milice libanaise devenue acteur incontournable au Moyen-Orient

Israël et la Syrie restent officiellement en état de guerre depuis des dizaines d'années. Les relations sont d'autant plus tendues que le régime syrien est soutenu par le Hezbollah et l'Iran.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou n'a cessé au cours des derniers mois de mettre en garde contre l'expansion de l'Iran dans la région et de prévenir vigoureusement qu'Israël ne permettrait pas que la présence iranienne en Syrie menace ses intérêts.

Mardi, il s'était rendu avec des membres de son gouvernement sur le plateau du Golan syrien occupé par Israël pour un briefing de sécurité. "Nous sommes pour la paix, mais nous sommes prêts à tous les scénarios et nous ne conseillons à personne de nous chercher", avait-il averti.

Avec AFP

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