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Israël - Iran : guerre des nerfs dans le ciel syrien

Les restes d'un missile, retrouvé à Alonei Abba, près de Haifa, le 10 février 2018.
Les restes d'un missile, retrouvé à Alonei Abba, près de Haifa, le 10 février 2018. Jalaa Marey, AFP.

Le survol d'Israël par un drone attribué à l'Iran puis la destruction d'un F-16 israélien au dessus de la Syrie provoquent un regain de tension dans la région.

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"Première confrontation militaire directe entre Israël et l'Iran", "Journée de combat avec l'Iran", ont titré les quotidiens Maariv et Yédiot Aharanot, après la perte rarissime d'un avion israélien samedi 10 février et des raids aériens contre des cibles "iraniennes" en Syrie, qui ont renforcé les craintes d'un embrasement dans la région.

"Nous continuerons à frapper tous ceux qui tentent de nous attaquer", a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahou, se félicitant d'avoir porté un "coup sévère aux forces iraniennes et syriennes". C’est la pire confrontation avec Téhéran et Damas depuis le début du conflit syrien en 2011.

Selon la version israélienne, un drone piloté à distance par des Iraniens basés en Syrie a pénétré samedi avant l'aube dans l'espace aérien israélien, où il a été abattu. En représailles, l'aviation israélienne a attaqué la base "iranienne" d'où était parti le drone.

Un des appareils israéliens ayant participé à l'opération a toutefois été touché par la défense anti-aérienne syrienne, un fait rarissime, avant de s'écraser en territoire israélien. Les deux pilotes ont été hospitalisés. L'un d'eux, grièvement blessé, a été opéré et son état s'est depuis amélioré, selon l'armée. L'aviation israélienne a répliqué en lançant des raids contre une douzaine de cibles syriennes et iraniennes.Les médias ont aussi insisté sur le fait que le F-16 détruit était le premier appareil israélien abattu depuis la guerre au Liban en 1982.

Selon des experts, le drone intercepté sur le territoire israélien est le premier à avoir été directement guidé par des Iraniens, engagés militairement en Syrie aux côté du régime. Le porte-parole de l'armée israélienne, Jonathan Conricus, a affirmé dimanche que le drone était une copie d'un modèle américain saisie par l'Iran en 2011 selon les analyses des débris.

Soutiens politiques en Israël, malgré quelques voix dissidentes

Depuis le début de la guerre en Syrie, Israël veille à ne pas être aspiré dans le conflit, mais a frappé des dizaines d'objectifs, positions du régime syrien ou convois d'armes à destination du Hezbollah libanais, autre bête noire de l'Etat hébreu. M. Netanyahu n'a eu de cesse de dénoncer ces dernières années les agissements de Téhéran en Syrie et dans la région.

Le ministre israélien en charge des Renseignements, Yisrael Katz, a réaffirmé dimanche que son pays n'accepterait "aucune implantation militaire de l'Iran en Syrie". "Nous avons les moyens de savoir tout ce qui se passe en Syrie comme nous l'avons prouvé lors des attaques de samedi. Notre supériorité aérienne est totalement préservée", a-t-il assuré à la radio.

Le ministre de l'Education, Naftali Bennett, a lui comparé l'Iran à une "pieuvre contre laquelle il faut mener une bataille diplomatique, économique, sur le front des renseignements et aller au-delà si nécessaire". "Plutôt que de se battre contre les tentacules de la pieuvre, il faut s'en prendre à sa tête", a-t-il argué.

L'administration américaine du président Donald Trump a de son côté exprimé un soutien sans faille à son "fidèle allié", évoquant le "droit à se défendre contre les forces syriennes et les milices soutenues par l'Iran"."Nous appelons l'Iran et ses alliés à cesser leurs activités provocatrices", a encore souligné la Maison Blanche dans son communiqué.

En Israël, peu de voix se sont élevées pour critiquer les derniers raids israéliens, à l'exception du général de réserve Amiram Levin. "Il aurait fallu se contenter d'abattre le drone qui a pénétré dans notre espace aérien. Un pays qui est sûr de lui n'a pas à fixer publiquement des lignes rouges car cela reflète une panique", a affirmé cet ancien commandant de la région militaire nord.

Faisant allusion aux enquêtes sur des soupçons de corruption présumée impliquant Benjamin Netanyahu, il a exprimé l'espoir que les opérations de l'armée israélienne n'aient "pas obéi à d'autres motifs" que l'impératif militaire.

Avec AFP

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