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Education: grand oral pour Blanquer, devenu une "pièce maîtresse" du gouvernement

Le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer, lors d'une conférence de presse sur la réforme du baccalauréat, à Paris, le 14 février 2018
AFP
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Paris (AFP)

Inconnu il y a quelques mois du grand public, devenu l'un des meilleurs élèves et une "pièce maîtresse" du gouvernement, Jean-Michel Blanquer passe jeudi soir son grand oral sur France 2, l'occasion d'affirmer son poids politique.

Au lendemain de l'annonce de sa réforme radicale du baccalauréat, promesse d'Emmanuel Macron, la presse, pratiquement unanime, encense le ministre de l'Education.

"Blanquer, chouchou de la classe", écrit le Parisien, "Blanquer s'impose comme l'atout réformateur", avance le Figaro. Pour le directeur de la rédaction de Libération, Laurent Joffrin, la réforme "obéit à une dose de bon sens". La Croix titre sur "le pari" de Jean-Michel Blanquer de "changer l'école". Seule L'Humanité accuse le ministre de "lessiver le bac".

Plus fort encore: l'intéressé a droit cette semaine a deux "Unes" d'hebdo. Pour Le Point, il est tout simplement "le vice-président". Et Valeurs actuelles, qui lui consacre sa couverture pour la deuxième fois, titre: "la nouvelle star".

Pour cet ancien recteur et numéro deux officieux du ministère sous la présidence de Nicolas Sarkozy, qui ambitionne de restaurer la "confiance" dans l'école, cette soudaine notoriété va de pair avec une forte popularité.

Selon un sondage Odoxa - Dentsu consulting pour France Info et Le Figaro paru mercredi, 62% des Français ont une bonne opinion de lui, "ce qui en fait ? de très loin - le ministre de l'Education le plus populaire de ces 15 dernières années".

Jeudi soir, le ministre, qui veut créer un grand oral à la fin du bac, passe le sien sur France 2 en participant à "L'émission politique". Après le Premier ministre Edouard Philippe, il est le deuxième membre du gouvernement invité.

Alors qu'un millier de manifestants ont défilé jeudi à Paris pour protester "contre la réforme du bac et la sélection à l'entrée des universités", l'émission lui donnera l'occasion de défendre sa vision de l'école et ses réformes, et d'affirmer un poids politique nouveau.

- "Sur tous les fronts" -

"Il reste encore méconnu par un Français sur deux selon le dernier baromètre Ispos-Le Point", rappelle Brice Teinturier, directeur général délégué d'Ipsos. "Mais ils étaient 66% à ne pas le connaître il y a sept mois. Ce n'est pas rien, 15 points de gagné, en terme d'identification".

Selon le politologue, "à force d'être sur tous les fronts et dans de nombreux médias, il émerge".

Depuis son arrivée au gouvernement, M. Blanquer a en effet multiplié les annonces: réduction des effectifs dans les CP défavorisés, retour des évaluations, détricotage des réformes du collège et des rythmes scolaires...

Avec ses prises de position en faveur de l'uniforme, du retour de la dictée, des classes bilangues, de la mise en place de chorales ou de l'interdiction du portable, il a donné des gages aux conservateurs, tout en affichant un profil moderniste en misant sur les neurosciences.

A ceux qui le "caricaturent" en conservateur, celui qui a succédé à la socialiste Najat Vallaud-Belkacem, violemment rejetée en son temps par la droite, répond, dans une interview fleuve au Point, qu'il est "très mobilisé pour la justice sociale" et défend une politique cherchant à "diminuer les inégalités".

Il "est devenu in fine une des pièces maîtresses de l'échiquier gouvernemental" et séduit largement, même si "c'est clairement à droite qu'il est le plus apprécié", relève M. Teinturier.

Pour le sociologue François Dubet, le nouveau ministre est arrivé "dans une situation très favorable" avec une "volonté de réformes dont personne ne conteste plus la nécessité".

"Il ne se présente ni comme un idéologue, ni comme un politique, mais combine une sensibilité conservatrice qui rassure, et veut fonder ses actions sur des résultats scientifiques: cela peut désarmer des opposants éventuels", explique-t-il.

Une telle entrée en matière pourrait-elle monter à la tête du ministre ? "Le blanquerisme n'existe pas", assure-t-il dans Le Point. Avant de se revendiquer du "macronisme".

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