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Éthiopie: démission surprise du Premier ministre Haïlemariam Desalegn

Ashraf Shazly, AFP

Haïlemariam Desalegn a démissionné, jeudi, de la tête du gouvernement éthiopien et de la présidence de la coalition au pouvoir, après trois ans de violences qui ont fait des centaines de morts dans le pays.

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Le Premier ministre éthiopien Haïlemariam Desalegn a démissionné, jeudi 15 février, a annoncé la radio d'État Fana, alors que des fractures sont apparues dernièrement au sein de la coalition au pouvoir.

"M. Haïlemariam a dit avoir fait tout son possible pour résoudre les problèmes de l'Éthiopie", mais a aussi "assuré penser que sa démission était une solution à ces problèmes", a indiqué la radio d'État Fana sur sa page Facebook. Le Premier ministre restera toutefois en poste jusqu'à ce que le "transfert de pouvoir" soit finalisé.

Fana a ajouté sur son compte Twitter que cette démission" avait été acceptée par le conseil exécutif de la coalition au pouvoir, le Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens (EPRDF). Cette décision doit encore être approuvée par le Conseil de l'EPRDF.

En poste depuis 2012, Haïlemariam Desalegn avait été adoubé dès 2010 comme le successeur de Meles Zenawi, l'ancien rebelle marxiste qui a régné jusqu'à sa mort sur l'Éthiopie après avoir renversé le dictateur Mengistu Hailé Mariam en 1991.

Frustration des Oromo et Amhara

En 2015 et 2016, l'Éthiopie a été le théâtre des plus importantes manifestations anti-gouvernementales depuis vingt-cinq ans, et dont la répression a fait au moins 940 morts, selon la Commission éthiopienne des droits de l'Homme, liée au gouvernement.

Ces manifestations étaient avant tout l'expression d'une frustration des Oromo (Sud et Ouest) et des Amhara (Nord), les deux principales ethnies du pays, face à ce qu'ils perçoivent comme une surreprésentation de la minorité des Tigréens au sein de l'EPRDF, qui règne sans partage depuis 1991, et plus largement une limitation des libertés individuelles.

Le calme n'était revenu qu'avec l'instauration d'un état d'urgence entre octobre 2016 et août 2017, même si d'occasionnelles manifestations ont encore lieu.

Ces dernières semaines, les autorités éthiopiennes ont libéré des centaines de prisonniers (dont des opposants et des journalistes) et abandonné des poursuites, à la suite de la promesse du Premier ministre, le 3 janvier, de libérer un certain nombre d'hommes politiques pour "améliorer le consensus national".

Ces remises en liberté, ainsi que des discussions en cours avec certains partis d'opposition et la récente promesse de réformes, s'inscrivent dans un contexte difficile pour la coalition au pouvoir, au sein de laquelle des fractures sont apparues dernièrement.

Avec AFP et Reuters

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