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L'Éthiopie décrète l'état d'urgence au lendemain de la démission de son Premier ministre

Le Premier ministre éthiopien démissionaire Haïlemariam Desalegn, lors d'une conférence de presse en août 2017.
Le Premier ministre éthiopien démissionaire Haïlemariam Desalegn, lors d'une conférence de presse en août 2017. Ashraf Shazly, AFP

Au lendemain de la démission du Premier ministre Haïlemariam Desalegn, l’Éthiopie a déclaré vendredi l'état d'urgence pour six mois. Le pays est secoué depuis trois années par une crise politique et des violences qui ont fait des centaines de morts.

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Le gouvernement éthiopien a décrété vendredi 16 février l'état d'urgence avec effet immédiat, au lendemain de la démission surprise du Premier ministre Haïlemariam Desalegn, a rapporté la télévision publique. L'état d'urgence restera en vigueur pendant six mois, a annoncé samedi le ministre de la Défense.

"Afin d'être en mesure de protéger le système constitutionnel, l'instauration de l'état d'urgence est devenue nécessaire", a déclaré le présentateur du journal de la télévision publique EBC, lisant un communiqué officiel du gouvernement..

Un représentant de l'opposition avait affirmé plus tôt dans la journée que la coalition au pouvoir avait perdu son autorité, et que tous les partis politiques devaient aider à la reconstruction du pays.

Limitation des libertés individuelles

En 2015 et 2016, l'Éthiopie a été le théâtre des plus importantes manifestations antigouvernementales depuis vingt-cinq ans. Leur répression a fait au moins 940 morts, selon la Commission éthiopienne des droits de l'Homme, liée au gouvernement. Le calme n'était revenu qu'avec l'instauration d'un état d'urgence entre octobre 2016 et août 2017, même si d'occasionnelles manifestations avaient encore lieu.

Ces manifestations étaient avant tout l'expression d'une frustration des Oromo (Sud et Ouest) et des Amhara (Nord), les deux principales ethnies du pays, face à ce qu'ils perçoivent comme une surreprésentation de la minorité des Tigréens au sein de la coalition au pouvoir, le Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens (EPRDF), qui règne sans partage depuis 1991. Ils dénonçaient plus largement une limitation des libertés individuelles et un déséquilibre dans le partage des richesses.

Outre cette crise politique, le gouvernement fédéral a dû faire face à des affrontements entre membres des ethnies oromo et somali qui ont fait un million de déplacés en 2017. Vendredi, le gouvernement a également mis en avant le risque de nouveaux troubles de cette nature pour justifier l'instauration de l'état d'urgence.

Avec AFP et Reuters

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