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Le Kosovo fête les dix ans de sa déclaration d'indépendance vis-à-vis de la Serbie

Des drapeaux kosovars et albanais à Pristina, le 16 février 2018, à la veille de l'anniversaire de la proclamation d'indépendance.
Des drapeaux kosovars et albanais à Pristina, le 16 février 2018, à la veille de l'anniversaire de la proclamation d'indépendance. Armend Nimani, AFP

Voilà désormais dix ans que le Kosovo a proclamé son indépendance, le 17 février 2008. La capitale, Pristina, est en fête, bien qu'une décennie plus tard, la Serbie et près de 80 pays n'aient toujours pas reconnu la souveraineté du Kosovo.

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Depuis plusieurs jours, les couleurs jaune et bleu sont partout, à Pristina, la capitale du Kosovo, qui fête les dix ans de sa déclaration d'indépendance, samedi 17 février. Ces couleurs, celles du drapeau, sont de mise en ce jour de fierté nationale pour les Kosovars albanais, même si leur souveraineté reste rejetée par la Serbie.

Le 17 février 2008, dans une séquence parfaitement préparée avec Washington et plusieurs capitales européennes, les députés kosovars avaient proclamé l'indépendance au grand dam de Belgrade. La Serbie œuvre depuis avec succès pour empêcher l'admission du Kosovo à l'ONU, avec le soutien de la Russie.

>> À voir sur France 24 : Kosovo, l'impossible État

L’indépendance kosovare a été reconnue par 115 pays, mais manquent à l’appel près de 80 autres nations dont la Russie, la Chine, l'Inde, l'Indonésie ou le Brésil. L'Union européenne, dont cinq pays ne reconnaissent pas non plus l'indépendance du Kosovo, a fait de la normalisation des relations entre Belgrade et Pristina une condition de la poursuite de leur chemin vers une intégration. Mais ce dialogue, entamé en 2011, est au point mort depuis deux ans.

13 000 morts

En 1998, un conflit éclatait entre les forces serbes et l'UCK, la rébellion indépendantiste kosovare albanaise. Les affrontements, qui ont fait 13 000 morts, ont pris fin en 1999 après onze semaines de frappes aériennes de l'Otan, menées sous l'impulsion des États-Unis pour contraindre Belgrade à retirer l'armée et la police du Kosovo. Après ce retrait, une mission de l'ONU et une force de l'Otan ont été déployées au Kosovo.

Vendredi 16 février, les professeurs du pays ont été chargés de décrire à leurs élèves "les efforts de plusieurs années du peuple du Kosovo pour gagner sa liberté et son indépendance". Les enfants de la minorité serbe, qui pèse pour environ 120 000 personnes sur 1,8 million d'habitants, n'ont évidemment pas reçu le même discours.

Les deux communautés ne se mélangent quasiment pas. La séparation est frappante dans la ville de Mitrovica, où chacun vit de part et d'autre de la rivière Ibar, les Serbes au Nord, les Kosovars albanais au Sud. Les premiers rejettent toujours l'indépendance et leur allégeance va à Belgrade.

Un tribunal spécial

Depuis un an, les relations ont semblé se tendre entre le Kosovo et les Occidentaux, qui ont notamment mis en garde Pristina contre la volonté de députés kosovars de supprimer un tribunal spécial de magistrats internationaux chargés de juger des crimes de guerre susceptibles d'avoir été commis par d'ex-commandants de l'UCK. Des commandants qui sont toujours aux commandes du Kosovo.

En 2011, un rapport du Conseil de l'Europe avait fait état de meurtres et d'un trafic présumé d'organes, commis par la guérilla albanaise. Le tribunal spécial pourrait délivrer ses premières inculpations cette année.

Avec AFP

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