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Economie

Le plus important fonds spéculatif au monde part à l’assaut de l’Europe

© Thos Robinson, AFP | Ray Dalio, le patron de Bridgewater Associates, parie que les temps économiques vont être plus durs rapidement pour l'Europe.

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 20/02/2018

Le fonds spéculatif Bridgewater a vendu 22 milliards de dollars d'actions de grands groupes européens, dont les Français Total et BNP Paribas. Une démarche qui surprend dans un contexte économique qui semble pourtant favorable en Europe.

Tout va bien pour l'économie européenne ? Ce n'est pas l'avis de l'Américain Bridgewater Associates, le plus important fonds d'investissement spéculatif au monde. Il a misé 22 milliards de dollars (17,7 milliards d’euros) contre des géants économiques français, allemands, italiens, ou encore néerlandais, a révélé la chaîne économique Bloomberg, jeudi 15 février.

Pour mener sa campagne de spéculation, Bridgewater Associates a utilisé un procédé classique : la vente à découvert. Une technique boursière qui consiste à vendre des actions dans l’espoir de pouvoir les racheter à un prix inférieur et empocher un bénéfice au passage. Le fonds spéculatif parie que le cours des actions de ses cibles va chuter.

L'économie mondiale est "à la fin d'un cycle"

En France, Bridgewater Associates, qui gère plus de 160 milliards de dollars d’actifs, cible Total, BNP Paribas ou encore le groupe pharmaceutique Sanofi, contre lesquels il a misé 4,5 milliards de dollars. En Allemagne, ce sont près de la moitié des valeurs du Dax (l’indice boursier de Francfort) qui ont aiguisé l’appétit spéculatif du fonds américain avec un intérêt tout particulier pour le conglomérat Siemens et le géant de la chimie BASF. Il s’est par ailleurs attaqué à deux pépites de l’économie italienne – la société d’électricité Enel et le géant pétrolier ENI –, à Nokia, la plus grande entreprise finlandaise, ou encore à la banque néerlandaise ING.

Depuis la découverte de cette offensive, les analystes se perdent en conjectures pour comprendre cette prise de position. Ray Dalio, l’excentrique patron de Bridgewater Associates, est connu pour décider de ses placements en analysant le contexte macro-économique [les grandes tendances économiques] plutôt qu’en fonction de la santé des entreprises. D’où l’incompréhension : les principaux indicateurs européens sont au vert.

Mais pour lui, le monde est à un tournant. Dans un billet publié sur le réseau social professionnel LinkedIn le 12 février, il a expliqué que l’économie mondiale est arrivée “à la fin d’un cycle”, caractérisé par une croissance solide et des bonnes performances boursières. Les marchés financiers devraient dorénavant commencer à chuter, d’après ses conclusions.

Et l’Europe était déjà dans le radar de Bridgewater Associates depuis l’an dernier. “Dans une note, le fonds affirmait que la montée des populismes risquait d’avoir un impact négatif sur l’économie européenne”, rappelle Pascal de Lima, économiste en chef au cabinet de conseil Harwell Management.

Risque de contagion ?

Les deux phénomènes pris ensemble – les conséquences du populisme et la fin d'un cycle de l'économie mondiale – ont convaincu ces spéculateurs que la croissance sur le Vieux Continent était en fin de course. “Quand un fonds de l’importance de Bridgewater Associates mise 22 milliards de dollars, il signale que la situation ne peut plus durer, ce qui peut entraîner d’autres investisseurs à suivre son exemple”, explique Pascal de Lima.

En clair, Bridgewater Associates mise sur le mimétisme pour que sa prédiction d’une chute des marchés européens se réalise au plus vite. Si d’autres investisseurs, convaincus par les arguments de Ray Dalio, se mettent aussi à spéculer à la baisse, le cours des actions va mécaniquement chuter. Les 22 milliards de dollars peuvent ainsi se transformer “en danger systémique pour les marchés financiers européens et freiner la croissance, si l’emballement a lieu”, note Pascal de Lima.

Pour l’instant ce n’est pas le cas, et l’évolution dans les prochains jours montrera si Bridgewater capital a gagné son pari. Le risque, pour l’Europe, serait alors un effet domino. Sauf si, comme l’espère l’économiste français, cet épisode incitait “les autorités européennes à renforcer la régulation des marchés financiers afin d’empêcher qu’un seul fonds ne puisse miser une telle somme dans un si court laps de temps”. De telles mises peuvent avoir un effet dévastateur pour l’économie européenne.

Première publication : 20/02/2018

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