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SYRIE

Syrie : carnage à la Ghouta orientale, l'ONU réclame l'arrêt des bombardements

Abdulmonam Eassa, AFP
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Vidéo par : Axelle SIMON
5 mn

Les tirs d'artillerie et les frappes aériennes de l'armée syrienne se poursuivent dans la Ghouta orientale, l'enclave rebelle proche de Damas où au moins 200 civils, dont 60 enfants, ont été tués depuis dimanche. L'ONU réclame un cessez-le-feu.

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L'ONU a réclamé l'arrêt immédiat des bombardements de l'armée de Syrie sur la Ghouta orientale, où au moins 66 civils sont morts mardi 20 février, a annoncé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Lundi, toujours selon l'OSDH, au moins 127 civils, dont 20 enfants, ont péri dans les frappes de l'armée syrienne.

Six hôpitaux de cette enclave rebelle, située près de Damas, ont été bombardés depuis 48 heures. Trois d'entre eux sont désormais hors service et deux opèrent partiellement, a indiqué le coordinateur régional du bureau des affaires humanitaires de l'ONU pour la Syrie.

Ces raids, qui se poursuivent pour la troisième journée consécutive, interviennent dans le cadre d'un regain inédit des violences, alors que le régime syrien s'apprête à lancer une vaste offensive terrestre contre ce dernier fief rebelle près de la capitale.

Syrie : "La Ghouta orientale vit dans la crainte d''une offensive terrestre imminente"

Ce territoire de 30 km situé aux portes de Damas est assiégé depuis 2013 par le régime du président Bachar al-Assad et en proie à des pénuries, selon des correspondants de l'AFP.

"Souffrance humaine insensée"

La coalition nationale syrienne basée en Turquie, principale formation de l'opposition en exil, a dénoncé dans un communiqué une "guerre d'extermination" et "le silence international" face aux "crimes" du pouvoir.

Les bombardements de civils "doivent cesser maintenant", a déclaré le coordinateur de l'ONU pour l'aide humanitaire en Syrie, Panos Moumtzis, dans un communiqué. "La situation humanitaire des civils dans la Ghouta orientale est totalement hors de contrôle. Il est impératif de mettre fin immédiatement à cette souffrance humaine insensée."

>> À voir dans l'Entretien :  "Casques blancs syriens : 'La semaine dernière est l’une des pires qu'on ait connue'"

"La récente escalade de la violence aggrave une situation humanitaire déjà précaire pour les 393 000 habitants de la Ghouta orientale, dont beaucoup sont des personnes déplacées", a souligné Panos Moumtzis.

Dimanche, le régime avait tiré des centaines de roquettes sur la région, tuant 17 civils. Lundi, les frappes aériennes ont semé mort et désolation dans plusieurs localités. Dans une morgue improvisée de la ville de Douma, un homme effondré, Nidal, pleurait près du corps sans vie de sa fille Farah.

Dans les hôpitaux de fortune, des parents cherchaient désespérément leurs enfants, morts ou vivants. Un homme éclatait en sanglots en découvrant la dépouille de son nouveau-né posée sur une couverture, à côté d'une flaque de sang.

"Dieu et les sous-sols"

À Hammouriyé, les civils paniqués cherchent à s'abriter des frappes. "Nous n'avons plus que la miséricorde de Dieu et nos sous-sols où nous nous cachons, a déclaré à l'AFP un habitant. Nous n'avons aucune alternative."

Le 5 février, l'armée avait déclenché une campagne aérienne de cinq jours d'une intensité inédite sur la Ghouta, faisant environ 250 morts parmi les civils et des centaines de blessés.

Deux groupes rebelles islamistes contrôlent la majorité de la Ghouta orientale, mais des jihadistes du groupe Hayat Tahrir al-Cham sont également présents dans quelques poches, dont l'une adjacente à Damas. Des pourparlers sont en cours pour évacuer ces jihadistes, selon l'OSDH et le quotidien syrien Al-Watan.

Dans son communiqué, la coalition de l'opposition a accusé la Russie, alliée du régime, de chercher "à enterrer le processus politique" en vue d'une solution au conflit qui a fait depuis le 15 mars 2011 plus de 340 000 morts.

Le régime veut reprendre la Ghouta orientale pour mettre fin aux tirs de roquettes des rebelles sur la capitale. Six roquettes se sont abattues sur Damas, dimanche soir, faisant un mort, selon les médias officiels.

Avec AFP

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