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Enquête russe : le tableau de chasse de Robert Mueller

De gauche à droite en partant du haut : Michael Flynn, Rick Gates, Paul Manafort, George Papadopoulos, Richard Pinedo, Alex van der Zwaan.
De gauche à droite en partant du haut : Michael Flynn, Rick Gates, Paul Manafort, George Papadopoulos, Richard Pinedo, Alex van der Zwaan. Studio Graphique France Médias Monde

De Michael Flynn à Alex van der Zwaan, la liste des personnes inculpées par le procureur chargé de l'enquête sur l'ingérence russe durant la présidentielle américaine Robert Mueller s'allonge. Récapitulatif de ses victimes.

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Le procureur Robert Mueller, en charge de l’enquête sur l’ingérence présumée de la Russie dans la campagne électorale américaine de 2016, multiplie les mises en examen. Il vient d’accuser, mardi 20 février, l’avocat néerlandais Alex van der Zwaan d’avoir caché aux enquêteurs des communications avec des membres de l’ancienne équipe de campagne de Donald Trump et un ressortissant ukrainien.

L’homme de loi a plaidé coupable et se retrouve dans le filet de plus en plus garni des personnes inculpées par Robert Mueller. Petit récapitulatif – évolutif – du tableau de chasse du procureur afin de mieux comprendre comment l’étau se resserre autour de la garde rapprochée du président et de Donald Trump lui-même.

Paul Manafort. Paul Manafort est au cœur de l’enquête sur l’ingérence russe depuis bien avant l’ère Mueller. Il avait même été remplacé à son poste de directeur de campagne pour le candidat Trump, en août 2016, à cause de ses liens avérés avec l’ex-président ukrainien pro-russe Viktor Ianoukovitch.

Robert Mueller l’a mis en examen pour fraude et blanchiment d’argent. Il l’accuse d’avoir dissimulé dans des paradis fiscaux une partie de la rémunération versée par le pouvoir ukrainien. Le procureur spécial l’a aussi qualifié d’”agent non-déclaré pour une puissance étrangère”. Paul Manafort conteste toutes les accusations.

Rick Gates. Il est le mini-Manafort de l’enquête de Mueller. Ce lobbyiste a été mis en examen en même temps que Paul Manafort et doit répondre des mêmes accusations. Rick Gates a, en effet, été le bras droit de l’ex-directeur de campagne de Donald Trump que ce soit en Ukraine ou durant la campagne présidentielle.

Mais, contrairement à son comparse, Rick Gates serait sur le point de craquer et de collaborer avec Robert Mueller. Ce serait une grande victoire pour le procureur spécial et un moyen de pression supplémentaire contre Paul Manafort.

Alex van der Zwaan. Robert Mueller souhaiterait savoir si ce Néerlandais de 33 ans a pu jouer un rôle d’intermédiaire entre des proches du président américain et des hommes de Moscou. Cet avocat a reconnu avoir menti en novembre 2017 lorsqu’il avait affirmé aux enquêteurs américains ne plus se souvenir de ses derniers contacts avec Rick Gates et Paul Manafort, qui a été un temps le directeur de campagne de Trump.

Alex van der Zwaan a plus d’un lien avec la Russie. Il a conseillé, en 2012, le gouvernement ukrainien de Viktor Ianoukovitch, réputé proche de Vladimir Poutine, et son beau-père est l’industriel russo-ukrainien German Khan, l’un des hommes les plus riches de Russie.

Yevgeny Prigozhin. Le milliardaire russe et homme de main de Vladimir Poutine est le plus gros poisson parmi les 13 Russes qui ont été mis en examen par Robert Mueller, vendredi 16 février. Surnommé le “cuisinier de Poutine” car le président russe avait ses habitudes dans son restaurant, il intéresse les autorités américaines pour tout autre chose que ses qualités derrière les fourneaux.

>> À lire : Dans les coulisses de l'usine à trolls russe, l'Internet Research Agency

Les enquêteurs considèrent Yevgeny Prigozhin comme l’homme des basses œuvres du Kremlin. Il serait le principal financier de l’Internet research agency, la désormais célèbre usine à propagande russe qui inonde l’Internet de fake news et messages pro-russes. Il a aussi investi dans le Wagner group, une organisation paramilitaire qui soutient les séparatistes ukrainiens. Enfin, il est lié financièrement à Evro Polis, une société de sécurité russe impliquée en Syrie.

George Papadopoulos. Il est passé d’”obscur collaborateur” de Trump à pièce maîtresse de l’enquête sur les soupçons d’ingérence russe. L’avocat George Papadopoulos a été accusé de conspiration contre les États-Unis pour avoir menti au FBI sur ses liens avec des représentants du pouvoir russe.

>> À lire : George Papadopoulos, l'homme qui murmure à l'oreille du procureur Robert Mueller

Il est le premier à avoir plaidé coupable et collabore activement avec les enquêteurs. Pour Robert Mueller, George Papadopoulos est un atout important qui a servi le candidat Donald Trump en tant que conseiller pour les affaires internationales. L’entourage du président américain a tout fait pour minimiser son rôle, le qualifiant d’obscur collaborateur que Donald Trump connaissait à peine.

Richard Pinedo. Il n’a aucun rapport avec Trump, Manafort, Gates ou n’importe lequel des noms qui sont généralement associés à l’enquête de Robert Mueller. La mise en examen de l’informaticien Richard Pinedo pour “vol d’identité”, le 16 février 2018, est passé largement inaperçue.

Pourtant ce Californien a joué un rôle central, probablement à son corps défendant, dans l’organisation de l’effort de propagande russe aux États-Unis. C’est sa spécialité – l’achat et la revente de faux comptes dans des banques américaines – qui l’a propulsé au cœur de l’enquête du procureur spécial. Des agents russes lui ont, en effet, acheté des numéros de compte. Ce qui leur a permis d’opérer plus sereinement sur le sol américain sans éveiller les soupçons des autorités bancaires, affirme l’acte d’accusation contre Richard Pinedo. Ce dernier a reconnu avoir bénéficié pendant plusieurs années de ce trafic illégal, mais assure avoir ignoré la nationalité des acheteurs.

Michael Flynn. En février 2017, il avait été le premier et, jusqu’à présent, seul membre du gouvernement Trump a tombé à cause de ses liens avec des Russes proches du Kremlin. Michael Flynn avait démissionné de son poste de conseiller à la Sécurité nationale après les révélations concernant ses contacts avec l’ambassadeur russe à Washington, Sergeï Kislyak, durant la campagne électorale de Donald Trump.

Il a ensuite plaidé coupable, en décembre 2017, pour avoir menti aux enquêteurs sur la nature des discussions avec l’émissaire du Kremlin et a accepté de coopérer à l’enquête de Robert Mueller.

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