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FRANCE

A Orléans, une lycéenne qui incarnera Jeanne d'Arc victime d'injures racistes

Les fêtes johanniques célébrent chaque année la victoire en avril 1429 de Jeanne d'Arc sur les Anglais qui assiégeaient Orléans.
Les fêtes johanniques célébrent chaque année la victoire en avril 1429 de Jeanne d'Arc sur les Anglais qui assiégeaient Orléans. AFP Archives
Texte par : AFP
5 mn

Choisie pour interpréter Jeanne d'Arc lors des fêtes célébrant chaque année la "Pucelle" à Orléans, Mathilde Edey Gamassou, qui a des origines béninoises par son père et polonaises par sa mère, fait l'objet sur les réseaux sociaux d'injures racistes.

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Mathilde Edey Gamassou a 17 ans, est élève de 1re, fait de l'escrime, pratique le chant lyrique au conservatoire et incarnera Jeanne d'Arc aux prochaines festivités annuelles de la ville d'Orléans, dans le centre de la France. Mais la désignation de cette jeune métisse pour interpréter l'héroïne d'Orléans a déclenché sur les réseaux sociaux un déferlement de commentaires haineux des tenants de la droite identitaire.

La lycéenne, qui a des origines béninoises par son père et polonaises par sa mère, a été choisie parmi environ 250 candidates pour être la cinquantième incarnation de Jeanne d'Arc lors des fêtes johanniques célébrant chaque année au printemps la victoire en avril 1429 de la "Pucelle" sur les Anglais qui assiégeaient Orléans.

La secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre femmes et hommes, Marlène Schiappa, a apporté, jeudi 22 février, "tout [son] soutien" à la lycéenne, affirmant que "Jeanne d'Arc n'appartient pas aux identitaires" et "l'histoire de France non plus". "La haine raciste de la fachosphère n'a pas sa place dans la République française", a tweeté la secrétaire d'État.

Bénédicte Baranger, présidente du comité Jeanne d'Arc, déplore la "polémique" et se déclare "triste de penser que ce choix puisse susciter la moindre récupération". La présidente de l'instance qui a décidé de distinguer Mathilde Edey Gamassou a rappelé à l'AFP que "cette jeune fille a été choisie pour ce qu'elle est, une personnalité intéressante et un esprit bien fait".

"Elle répond aux quatre critères de choix que nous nous sommes fixés : résider à Orléans depuis dix ans, être scolarisée dans un lycée orléanais, être catholique et donner du temps aux autres", a-t-elle insisté. "Il n'y a aucune provocation, elle portera notre histoire de France à tous, comme l'ont fait les autres Jeanne avant elle."

"Courage, foi, vision"

Sur Twitter, le maire d'Orléans Olivier Carré (indépendant, ex-Les Républicains) a enfoncé le clou : "Mathilde a été choisie par le jury. Seul critère : qu'en 2018 comme depuis 589 ans, le peuple d'Orléans célèbre Jeanne d'Arc par une jeune femme qui évoque son courage, sa foi et sa vision. Mathilde possède toutes ces qualités."

La 589e édition de la célébration de la levée du siège d'Orléans pendant la guerre de Cent Ans se déroulera du 28 avril au 8 mai. Elle sera marquée comme toujours par la chevauchée dans la ville de la jeune fille choisie pour jouer le rôle de la libératrice de la ville, en armure et étendard au poing.

Sur des sites internet d'extrême droite, ce choix est dénoncé notamment comme "une propagande pro-métissage, début d'une tentative de transformer l'Histoire en un récit où ce seront les Arabes et les Noirs qui ont fait l'Histoire de France depuis les débuts". Sur le site anti-musulman Résistance républicaine, un commentaire va jusqu'à prédire : "L'an prochain, Jeanne d'Arc sera en burqa."

Le procureur de la république à Orléans a ouvert une enquête préliminaire pour "provocation publique à la discrimination et la haine raciale" à propos de deux tweets comparant la jeune fille à un singe.

Avec AFP

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