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Syrie : "La demande de trêve du Conseil de sécurité n’est pas encore mise en œuvre"

Une femme et deux enfants attendent d'être soignés dans un hôpital improvisé à Douma, dans la Ghouta orientale, après un bombardement le 24 février 2018.
Une femme et deux enfants attendent d'être soignés dans un hôpital improvisé à Douma, dans la Ghouta orientale, après un bombardement le 24 février 2018. Hamza Al-Ajweh, AFP

Le coordinateur humanitaire de l’ONU, Panos Moumtzis, regrettait dimanche que ses équipes ne puissent entrer dans la Ghouta orientale. Et ce malgré la résolution du Conseil de sécurité réclamant une trêve humanitaire votée la veille.

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La Ghouta orientale, où ont péri plus de 500 personnes ces sept derniers jours, était toujours sous le feu de l’armée syrienne, dimanche 25 février, au lendemain de l’adoption à l’unanimité d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU appelant à une trêve humanitaire immédiate.

Les agents de l’ONU, que coordonne Panos Moumtzis, ne peuvent toujours pas accéder à cette zone pour porter assistance aux civils. "Nous sommes opérationnels, prêts à apporter nourriture, médicaments et à évacuer les personnes. […] Nous sommes proches de la zone, à Damas, à 10 km de la Ghouta orientale […] mais, malheureusement, les affrontements continuent et nous n’avons toujours pas de feu vert pour entrer", déplore-t-il sur France 24.

La diplomatie impuissante

Sur le terrain, les décisions diplomatiques restent donc lettre morte, alors que Moscou, Paris et Berlin annoncent "poursuivre des efforts communs", pour la mise en place de la trêve "le plus vite possible" en Syrie, indique le Kremlin dans un communiqué.

"La Russie joue un rôle très important, mais il y a aussi tous les membres du Conseil de sécurité. On est en contact avec plusieurs pays et on essaie de faire pression pour pouvoir avoir accès à la population affectée, qui est dans une situation vraiment désespérée […] Il n’y a pas d’eau, d’électricité ou de nourriture […] et les habitants avec qui j’ai parlé ce matin me disent que c’est trop risqué d’emmener les blessés à l’hôpital, ils les gardent donc avec eux", regrette Panos Moumtzis.

Le pape François a lancé dimanche "un appel pressant pour que cesse immédiatement la violence" pour permettre l’acheminement de l’aide humanitaire en Syrie. "Des milliers de victimes civiles, enfants, femmes, personnes âgées ; les hôpitaux ont été touchés ; la population ne peut plus se procurer à manger … Tout ceci est inhumain", a-t-il martelé.

>> À Lire : L'interminable supplice de la Ghouta orientale

Le "nettoyage" de l’armée syrienne va continuer

De son côté, l’Iran, allié de Damas, rappelle que les groupes "terroristes" ne sont pas concernés par le cessez-le-feu invoqué hier soir au siège des Nations Unies à New York.

L’accord prévoit en effet des exceptions à la trêve, notamment pour l’organisation État islamique, Al-Qaïda et d’autres groupes qui leur sont liés.

"Les offensives et le nettoyage de l’armée syrienne [contre les groupes "terroristes"] va se poursuivre", a déclaré le chef d’état-major iranien, le général Mohammad Bagheri, à l’agence officielle Irna.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), 13 soldats syriens et six combattants rebelles du groupe Jaich al-Islam ont perdu la vie ce matin dans le sud de la zone ainsi que huit civils, selon l’OSDH. "Ces affrontements sont les plus violents depuis le début du mois", a souligné le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

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