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Marches contre Kabila en RD Congo : deux manifestants tués malgré l'objectif "zéro mort" de la police

Un Congolais porte un masque à gaz, le 26 février 2018 à Kinshasa, lors des marches contre le président Joseph Kabila.
Un Congolais porte un masque à gaz, le 26 février 2018 à Kinshasa, lors des marches contre le président Joseph Kabila. John Wessels, AFP

Les heurts lors des marches catholiques contre le président congolais Joseph Kabila ont fait deux morts, dimanche, selon les Nations unies, qui appellent les autorités à mener une enquête. Le calme est revenu en fin d'après-midi.

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Pour la troisième fois en deux mois, des fidèles catholiques ont défilé en République démocratique du Congo (RD Congo) contre la "dictature" de Joseph Kabila. Pour la troisième fois, dimanche 25 février, ils se sont heurtés aux forces de l’ordre. Les affrontements avec les forces de l'ordre ont cette fois fait deux morts, selon les Nations unies.

L’une des victimes est tombée dans la capitale Kinshasa, l'autre à Mbandaka dans l'ouest du pays, a indiqué Leila Zerrougui. La représentante spéciale et cheffe de la mission des Nations unies en RD Congo (Minusco) a par ailleurs dénombré 47 blessés et plus de 100 arrestations à travers le pays, et a appelé les autorités congolaises à mener une enquête crédible afin de sanctionner les responsables des violences de dimanche.

Objectif "zéro mort" tenu, selon la police

Imperturbable, la police continue d’estimer avoir tenu son objectif de "zéro mort". Le colonel Pierrot Mwanamputu, porte-parole de la police nationale, a déclaré à la radio-télévision nationale RTNC qu'il n'y avait pas eu de morts et que seules trois personnes avaient été blessées.

Le mandat de Joseph Kabila a expiré depuis fin décembre 2016. Des élections initialement prévues fin 2017 ont été reportées au 23 décembre 2018. Ces marches sont organisées à l'appel du Comité laïc de coordination (CLC), un collectif d'intellectuels proche de l'Église catholique, qui demande à Kabila de s’engager à ne pas être candidat.

L’une des deux victimes est un jeune activiste d'un mouvement citoyen Collectif 2016, Rossy Mukendi Tshimanga, "qui a reçu une balle à la poitrine". Un agent "a tiré sur mon frère à bout portant dans l'enceinte de la paroisse Saint-Benoît (à Kinshasa). J'étais près de mon frère", a expliqué le frère du défunt entre deux sanglots. Le corps de la victime a été emporté par une équipe du Comité international de la Croix-Rouge, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Catholiques et protestants évangéliques avaient été appelés à descendre dans la rue après la messe de dimanche, mais dans plusieurs villes, les marches ont été limitées par les forces de sécurité qui se sont déployées massivement devant les églises catholiques, comme à Kinshasa, Kikwit (sud-ouest), ou encore Goma (est).

En fin d'après-midi, le calme était revenu à Kinshasa, où les barrages de police ont été levés et que la présence policière et militaire se faisait discrète. La répression des deux marches précédentes avait fait une quinzaine de morts selon l'Église, deux d'après les autorités.

Avec AFP et Reuters

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