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FRANCE

Meurtre de Sarah Halimi : le caractère antisémite retenu par la juge d'instruction

© Philippe Lopez, AFP | Le tribunal de grande instance de Paris, en 2015.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 27/02/2018

La juge d'instruction en charge de l'enquête sur le meurtre de Sarah Halimi, survenu à Paris en avril 2017, a retenu le caractère antisémite du crime. Une demande de longue date de la part du parquet et des parties civiles.

Après plusieurs mois de bras de fer, le caractère antisémite du meurtre de Sarah Halimi, à Paris en avril 2017 a été retenu, mardi 27 février, par la juge d'instruction en charge de cette enquête très suivie dans la communauté juive.

Durant la nuit du 3 au 4 avril, dans un HLM de l'est parisien, le suspect, Kobili Traoré, 27 ans, s'était introduit dans l'appartement de sa voisine de 65 ans, Lucie Attal, aussi appelée Sarah Halimi. Aux cris d'"Allah Akbar", entrecoupés d'insultes et de versets du Coran, le jeune homme l'avait rouée de coups sur le balcon, avant de la défenestrer. "J'ai tué le sheitan", le démon en arabe, avait-il hurlé.

Interné aux lendemains du drame, Kobili Traoré avait été mis en examen le 10 juillet pour meurtre.

>> À voir : Inquiétude devant la résurgence de l'antisémitisme en Allemagne

L'expertise psychiatrique, rendue en septembre, a conclu que le suspect avait été pris cette nuit-là d'une "bouffée délirante aiguë" après une forte consommation de cannabis, mais que ce trouble psychotique n'écartait pas sa responsabilité pénale et n'était "pas incompatible avec une dimension antisémite".

Le parquet et les parties civiles réclamaient de longue date que soit retenu le caractère antisémite dans cette affaire. Ces dernières avaient également émis le souhait d'une reconstitution.

Le souvenir de l'assassinat antisémite d'Ilan Halimi

En janvier, face à l'absence de réponse de la juge, le parquet et les parties civiles avaient saisi la cour d'appel de Paris pour qu'elle tranche cette question : Sarah Halimi a-t-elle été "ciblée" en raison de son appartenance religieuse ? La décision de la juge, mardi, a devancé l'examen de cette question par la chambre de l'instruction.

La juge avait par ailleurs refusé une reconstitution, au motif que le suspect reconnaissait les faits et qu'il demeurait "fragile", "surtout après une rechute" à l'hôpital psychiatrique. Cette demande doit encore être examinée par la chambre de l'instruction.

Les responsables juifs avaient vivement critiqué ces refus. "C'est une insulte à (la) mémoire" de Sarah Halimi "et une douleur supplémentaire pour ses enfants et sa famille", avait réagi le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Francis Kalifat.

L'affaire Sarah Halimi, un nom qui réveille le souvenir de l'assassinat antisémite d'Ilan Halimi par le "gang des barbares" en 2006, avait pris une tournure politique en juillet lorsque le président Emmanuel Macron avait réclamé à la justice "toute la clarté" sur les faits, en présence du Premier ministre israélien en visite à Paris.

>> À lire : Édouard Philippe annonce un nouveau plan contre l'antisémitisme, "bête immonde"

Avec AFP

Première publication : 27/02/2018

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