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SPORT

Privées de match de foot sous les yeux du président de la Fifa, les Iraniennes s'insurgent

© Jonathan Nackstrand, AFP | Des militants iraniens brandissent une banderole dans un stade en Suède.

Texte par Yann BUXEDA

Dernière modification : 02/03/2018

Depuis près de 40 ans, les supportrices sont privées d'accès aux stades de football en Iran. Un statu quo qui scandalise les associations, mais qui n'a pas empêché le président de la Fifa de venir assister au derby téhéranais jeudi dernier.

Octobre 1981. À Téhéran, dans les tribunes du stade Azadi, supporters et supportrices assistent ensemble au traditionnel derby footballistique de la capitale entre Esteghlal et Persépolis. Un tableau classique de l’Iran des années 1970 que la Révolution islamique n’a pas encore remisé. Ce sera pourtant la dernière fois qu’hommes et femmes iront au stade ensemble, en Iran, au XXe siècle.

Près de quarante ans plus tard, rien n’a changé, ou presque, en République islamique. Jeudi 1er mars, les deux clubs se sont affrontés une fois encore, sous le regard de près de 100 000 supporters exclusivement masculins. Les femmes, une fois encore, sont restées derrière les grilles de l’enceinte. Certaines, plus vindicatives, ont même été interpellées par les forces de l’ordre. Sauf que jeudi, dans les travées du stade, la Fédération iranienne de football (FFIRI) recevait un invité de marque : le président de la Fifa, Gianni Infantino.

Tout un symbole, alors que quelques heures plus tôt, le patron du foot mondial, en tournée dans le golfe Persique, livrait un long discours sur la nécessité de ne pas instrumentaliser le football pour des visées politiques.

Sans surprise, la présence d’un haut représentant de la Fifa dans un stade interdit aux femmes a étonné, et même choqué. Le mouvement OpenStadiums, né en 2005 en Iran et aujourd’hui porte-étendard de la lutte pour que les supportrices puissent assister aux événements sportifs, n’a pas manqué d’interpeller l'instance du foot mondial : "Comment le président d’une institution sportive internationale qui revendique le respect des Droits de l’homme peut-il assister à un match duquel les femmes sont totalement bannies ? Cela ne va-t-il pas à l’encontre de vos propres lois, M. Infantino ?"

Une référence aux statuts de la fédération, dont l’un des articles stipule que "toute discrimination d'un pays, d'un individu ou d'un groupe de personnes pour des raisons de couleur de peau, […] de sexe, […] ou pour toute autre raison est expressément interdite, sous peine de suspension ou d'exclusion".

L'accès aux stades "bientôt" ouvert

En réponse, Gianni Infantino a assuré qu’il avait obtenu des autorités une avancée significative. "Il m’a été promis que les femmes iraniennes auraient bientôt accès aux stades", s’est-il félicité auprès des médias à son retour à Zurich, à l’occasion d’une conférence de la Fifa sur l’équité. Une affirmation développée ensuite dans une lettre ouverte adressée aux responsables de la campagne OpenStadium.

La fameuse promesse, elle, n’a toutefois pas encore trouvé écho auprès des services du président iranien Hassan Rohani, et cette situation n’est pas sans rappeler celle à laquelle avait été confronté le prédécesseur de Gianni Infantino, le Suisse Sepp Blatter, à l’occasion d’une visite similaire au pays des mollahs, en 2013. "Rien n'a changé", regrettait deux ans plus tard Blatter, qui s’était à l’époque fendu d’une longue missive à l’attention du régime iranien (en page 23 de ce document).

Reste que, même si la bonne volonté du président Rohani se confirme, le régime semble, lui, toujours aussi réticent à l’idée de desserrer l’étau aux abords des stades. En 2006, le président de l’époque, Mahmoud Ahmadinejad, avait annoncé l’ouverture prochaine de sections dédiées aux femmes dans les enceintes sportives, avant que le Parlement ne retoque son projet.

Plus récemment, en 2015, les joueurs de la sélection iranienne s’étaient vus interdire la possibilité de faire des "selfies" avec les supportrices iraniennes qui avaient fait le déplacement pour la Coupe d’Asie organisée par l’Australie, sous peine de sanctions.

Seul motif d’espoir pour les amatrices de football : la candidature iranienne pour accueillir l’édition 2019 de la Coupe d’Asie sur son sol, qui pourrait contraindre temporairement le pouvoir à revoir son intransigeance. Au risque, sinon, de laisser filer l’organisation aux Émirats arabes unis – une défaite face à un rival régional qui ferait tache.

Première publication : 02/03/2018

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