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Aux César 2018, Robin Campillo rappelle qu'il y a d'autres minorités pour lesquelles il faut donner de la voix

Robin Campillo, réalisateur de "120 battements par minute" sur la scène des César, le 2 mars 2018.
Robin Campillo, réalisateur de "120 battements par minute" sur la scène des César, le 2 mars 2018. Stephane Cardinale/Corbis via Getty Images

A deux jours des Oscars, première cérémonie post-affaire Weinstein, le cinéma français aussi remettait ses prix. Et comme on l’attendait, les César 2018 n’ont pas failli à mettre l’égalité femmes-hommes à l’honneur. Mais pas que.

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"Nous y sommes, c’est le moment ‘Balance ton porc’. Et j’ai décidé d'en parler non pas parce que je me sentais obligé mais parce que j'estime que c'était nécessaire", lance Manu Payet, maître de cérémonie de la soirée. Ce moment forcément tout le monde l’attendait, alors que le monde du cinéma a été secoué ces derniers mois par les révélations de nombreuses victimes de harcèlement ou d’agressions sexuelles.

VOIR AUSSI : Avec "120 battements par minute" et "Moonlight", les films gays sont-ils enfin devenus mainstream ?

Entre deux remises de prix, l’acteur et humoriste a souhaité saluer l’action du mouvement français #MaintenantOnAgit lancé par la Fondation des femmes, qui avait notamment distribué des rubans blancs aux invités et aux futurs lauréats de la cérémonie : "Je trouve ça formidable que les mentalités soient en train de changer, que la parole des femmes soit en train de se libérer et que les hommes entendent qu'il y a des comportements à bannir ! Et qu'on comprenne une bonne fois pour toute qu'il n'y a jamais de NON qui veuille dire OUI".

En coulisses, certains ont pourtant grincé des dents en voyant le journaliste Jean-Pierre Elkabbach ou le producteur Dominique Besnehard se voir remettre ce fameux ruban blanc des mains de Julie Gayet, figure de ce mouvement :

Blanche Gardin, César de la meilleure vanne

Outre ce moment symbolique, l’édition 2018 des César a été ponctuée par les nombreuses prises de position des différents acteurs et actrices sur scène, à l’image de Vanessa Paradis, présidente de la cérémonie, Nahuel Pérez Biscayart, César du meilleur espoir masculin pour "120 battements par minute" ou Lambert Wilson, remettant du prix de la meilleure actrice de l'année.

On ne va pas toutes les lister, mais on voudrait attribuer le César de la meilleure intervention sur le sujet à l’humoriste Blanche Gardin, qui portait pour l’occasion sur sa robe un badge à l’effigie de Louis CK, roi du stand-up américain accusé notamment d’avoir forcé plusieurs femmes à le regarder se masturber :

Les femmes ne sont pas la seule minorité

Robin Campillo, le réalisateur du déjà culte "120 battements par minute" et grand vainqueur de cette cérémonie avec une collection de six César, a lui profité de cette tribune pour mettre à l’honneur d’autres minorités non moins opprimées dans un discours largement applaudi dans la salle et sur les réseaux sociaux :

" Il est temps de les entendre, car comme il y a 25 ans, silence = mort"

"Je me suis rendu compte lors de la projection du film à Cannes que tous les thèmes dont on parlait à l’époque – les toxicos, les travailleurs du sexe et les étrangers qu’on appelle désormais les migrants – sont toujours d’actualité 25 ans après (…) On est toujours dans le tout répressif et les lois votées depuis mettent ces gens-là dans une situation de grande précarité. Il est temps de les entendre, car comme il y a 25 ans, silence = mort."

La liste complète des lauréats des César 2018 :

Meilleur film : "120 battements par minute"

César du public : "Raid Dingue" de Dany Boon

Meilleur réalisateur : Albert Dupontel pour "Au revoir là-haut"

Meilleur acteur : Swann Arlaud, "Petit paysan"

Meilleure actrice : Jeanne Balibar, "Barbara"

Meilleur acteur dans un second rôle : Antoine Reinartz, "120 battements pour minute"

Meilleure actrice dans un second rôle : Sara Giraudeau, "Petit paysan"

Meilleur espoir masculin : Nahuel Pérez Biscayart dans "120 battements par minute"

Meilleur espoir féminin : Camélia-Jordana dans "Le Brio"

Meilleur scénario original : Robin Campillo pour "120 battements par minute"

Meilleure adaptation : "Au revoir là-haut"

Meilleurs décors : "Au revoir là-haut"

Meilleurs costumes : "Au revoir là-haut"

Meilleure photographie : "Au revoir là-haut"

Meilleur montage : "120 battements par minute"

Meilleur son : "Barbara"

Meilleure musique originale : Arnaud Rebotini pour "120 battements par minute"

Meilleur premier film : "Petit paysan" réalisé par Hubert Charuel

Meilleur film d'animation : "Le grand méchant renard et autres contes..."

Meilleur court métrage d'animation : "Pépé le morse"

Meilleur film documentaire : "I Am Not Your Negro"

Meilleur film étranger : "Faute d'amour"

Meilleur court métrage : "Les bigorneaux"

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