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Comment un minuscule fossile d'oiseau de l'ère Mésozoïque nous apporte un éclairage nouveau sur les lois de l'évolution

Dr Fabien Knoll

Mesurant à peine 5 centimètres de hauteur, le petit oiseau est l'un des rares de cette ère dont les vestiges sont aujourd’hui exploitables.

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Le 15 janvier dernier, le fossile d'un drôle de dinosaure aux plumes multicolores jusqu'ici inconnu était découvert en Chine, nous rappelant que nous sommes loin, très loin, d'avoir recensé toutes les espèces ayant un jour existées sur cette planète. Aujourd'hui, c'est au tour d'un petit oiseau vieux de 127 millions d'années d'être mis en lumière par des scientifiques, dont l'étude a été publiée lundi 5 mars dans la revue Nature Communications.

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Découvert il y a plusieurs années sur le site de Las Hoyas en Espagne mais peu étudié jusqu'alors, comme l'indique BBC News, le fossile est d'une importance capitale. Pour la simple et bonne raison qu'il s'agit d'un oisillon, décédé peu de temps après sa naissance. Les fossiles de ces animaux datant de l'ère Mésozoïque sont déjà très rares, mais ceux aussi jeunes et aussi petits que celui-là sont quasiment inexistants.

Le volatile, mesurant lors de sa mort 5 centimètres et pesant 10 grammes, appartenaît à la famille des énantiornithes : il avait donc de petites dents et des cerfs aux bout des pattes, mais ressemblait sinon aux oiseaux que l'on connaît aujourd'hui. 

Aussi, le fait que l'oiseau soit décédé juste après sa naissance a permis aux chercheurs d'analyser le développement de ses os ainsi que leur structure, afin d'en savoir un peu plus sur l'animal et son espèce. "La diversification évolutive des oiseaux est le résultat d'un large éventail de stratégies développementales des nouveaux-nés, et de leurs différences de taux de croissance", explique Dr Fabien Knoll, chercheur à l'université de Manchester et auteur de l'étude, dans un article universaire. "En analysant le développement des os, nous pouvons relever de nombreux marqueurs d'évolution." 

C'est donc en étudiant le fossile, grâce au rayonnement synchrotron – une technique d'analyse faisant exploitant les champs magnétiques – que l'équipe a pu observer le squelette du volatile dans les moindres détails. 

Ainsi, les chercheurs ont constaté que le sternum de l'oiseau était constitué en majorité de cartilage, pas encore durci. Il n'aurait donc pas été apte à voler. Cependant, l'équipe précise que cela ne signifie pas qu'il était totalement dépendant de ses parents, le développement entrant énormément en compte dans la construction comportementale de ces énantiornithes. Les chercheurs parlent d'une situation "ni toute noire, ni toute blanche, mais plutôt d'un large spectre qui par conséquent rend plus difficile l'appréhension d'espèces disparues depuis longtemps". 

Malgré tout, l'artiste spécialisé dans l'art préhistorique Raúl Martín a imaginé ce à quoi ressemblerait l'animal en question de son vivant.

"Cette nouvelle découverte nous permet de mieux visualiser les oiseaux ayant vécu au temps des dinosaures", s'enthousiasme Luis Chiappe, chercheur au Musée d'histoire naturelle du comté de Los Angeles et co-auteur de l'étude. "C'est incroyable de voir à quel point les caractéristiques des volatiles d'aujourd'hui avaient déjà été développées il y a 100 millions d'années."

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