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FRANCE

Mouvement de contestation à Mayotte : "Il risque d’y avoir le feu"

© Ornella Lamberti, AFP | Manifestations à Mamoudzou, chef-lieu de Mayotte, mercredi 7 mars 2017.

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Florence RICHARD

Dernière modification : 09/03/2018

Depuis trois semaines, les habitants de Mayotte se mobilisent contre l’insécurité et pour obtenir des moyens, afin de développer le département le plus pauvre de France.

Barrages routiers, opérations escargot, journées "ville morte", grèves… Depuis trois semaines, les habitants de l'île de Mayotte se mobilisent contre l’insécurité et pour l’amélioration des conditions de vie dans ce département français d'outre-mer. Si les premières manifestations rassemblaient un millier de personnes, ils étaient dix fois plus, mercredi 7 mars, à battre le pavé du chef-lieu, Mamoudzou, selon les chiffres de l’intersyndicale et du collectif d'associations de Mayotte à la tête de la contestation. Le même jour, dans un communiqué commun, les parlementaires de l'île, les maires et les élus départementaux ont annoncé rejoindre le mouvement et indiqué que "les collectivités locales seront fermées jusqu'à nouvel ordre". Ils estiment à 1,8 milliard d'euros les besoins du département pour "mettre en place les conditions de tranquillité des Mahorais."

"Clairement, on peut dire que le mouvement ne s’essouffle pas. Nous sommes en pleine saison des pluies et malgré les orages, malgré les pluies diluviennes, les Mahorais sont toujours aussi mobilisés", constate Cyril Castelliti, journaliste joint par France 24, qui couvre ce mouvement de protestation pour Mayotte Hebdo. Selon lui, la réponse à la crise de la ministre des Outre-Mer Annick Girardin, le 28 février, c'est-à-dire l’envoi de renforts de forces de l'ordre et l'annonce de la tenue prochaine "d’une conférence sur l’avenir de Mayotte", a poussé la contestation à se durcir. "Les gens sur place n’ont pas de mots assez durs contre la ministre, contre l’exécutif. Ils ne se sentent pas entendus, pas pris en compte", estime le journaliste.

"L’égalité sociale n’existe pas"

Parmi le personnel enseignant, ce sentiment d’abandon et de déconnexion du gouvernement vis-à-vis des problèmes de l’île est largement partagé. Depuis le début de l'année, de nombreux actes de violence ont été recensées dans les écoles. Ces incidents ont conduit les personnels de trois lycées à exercer leur droit de retrait, tout comme la grande majorité des chauffeurs de transport scolaire, dont les véhicules sont régulièrement caillassés. "Ce n’est pas la police qui va ramener la paix à Mayotte !", tempête le secrétaire départemental du SNUipp, syndicat majoritaire dans le premier degré, Rivo Rakotondravelo, joint par France 24. "La qualité de vie doit évoluer. L’égalité sociale n’existe pas ici, alors que nous sommes un département français depuis 2011". Il décrit des conditions de travail "exécrables". "En 2013, il manquait 500 classes à Mayotte. Les classes sont surchargées et sont très majoritairement obligées de fonctionner par rotation. Environ 80 % des établissements n’ont même pas d’agrément de la commission hygiène et sécurité".

>> À lire : Macron et son homologue comorien prônent "l'apaisement" après la polémique sur les "kwassa-kwassa"

Mayotte "c'est 45 % de population étrangère en situation irrégulière, (...) c'est la première maternité de France et oui, pour être au rendez-vous, il nous faudrait créer une classe par jour", a reconnu Annick Girardin. "C’est un ras-le-bol généralisé", constate chaque jour sur le terrain Cyril Castelliti.

Forte pression migratoire

L'immigration clandestine est pour beaucoup de Mahorais à l’origine de toutes les tensions et de tous les maux sur l’île, quisubit une forte pression migratoire venue des Comores, à seulement 70 km de ses côtes. Il s’agit du département français où la part d’étrangers dans la population est la plus importante. Seuls 45,1 % des Mahorais sont nés à Mayotte. Environ 70 % des bébés nés dans la maternité de Mamoudzou, la plus grande de France en nombre de naissances, naissent de migrantes en situation irrégulière, selon les chiffres de l’Insee repris par le journal Le Monde. Ces mères espèrent ainsi que leur enfant obtienne la citoyenneté française à 18 ans.

Laurent Wauquiez, le Président du parti Les Républicains, qui s’est rendu sur l’île la semaine dernière, a plaidé pour une réforme du droit du sol, cet accès à la nationalité française pour les enfants nés en France de parents étrangers et ayant passé 5 ans sur le territoire. "Est-ce qu'on s'autorise à travailler sur un nouveau statut de cette maternité ? Est-ce qu'on réfléchit aux transformations qu'il faudrait apporter en matière de droit et d'accès la nationalité à cet endroit ? Je mets tous sur la table", a par ailleurs déclaré jeudi le Premier ministre Édouard Philippe, répondant à une question du sénateur LREM de Mayotte Thani Mohamed Soilihi.

"La question de l’immigration doit évidemment être prise en compte, c’est un fléau. C’est anormal que Mayotte assume seule ce problème. Mais notre organisation syndicale considère que, s’il faut traiter ce problème, il faut aussi faire preuve de solidarité nationale et trouver des solutions pour gérer et améliorer l’accueil de ces personnes", estime de son côté Rivo Rakotondravelo.

Une législative partielle doit avoir lieu sur l'île les 18 et 25 mars, l'élection en juin 2017 de Ramlati Ali (LREM) ayant été annulée après un recours déposé par le candidat LR Elad Chakrina. Les élus locaux ont d'ores et déjà menacé de perturber le scrutin. "Le gouvernement dit qu’il attend la tenue du scrutin pour envoyer quelqu’un sur l’île, faisant valoir son droit de réserve. C’est une connerie ! S’il n’ouvre pas les négociations avant, ça va s’embraser, ça va péter, il risque d’y avoir le feu ici", avertit Rivo Rakotondravelo.

Première publication : 08/03/2018

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