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FRANCE

Steve Bannon aux adhérents du FN : "L’Histoire est du côté des populistes"

© Philippe Huguen, AFP | Steve Bannon et Marine Le Pen lors du congrès du Front national à Lille, samedi 10 mars 2018.

Vidéo par Florent RODO

Texte par Romain BRUNET

Dernière modification : 11/03/2018

La présence au congrès du Front national de Steve Bannon, stratège de la campagne présidentielle victorieuse de Donald Trump, a enthousiasmé des adhérents frontistes qui veulent croire que leur heure viendra. Reportage.

Marine Le Pen peut jubiler : en accueillant, samedi 10 mars, l’ancien stratège de Donald Trump, Steve Bannon, venu à Lille pour s’adresser aux adhérents du Front national, le coup est réussi. L’annonce de la présence du fondateur du site Breitbart News au congrès frontiste a suscité les gros titres dans les médias français et étrangers, mettant ainsi fin à la petite musique "Marine Le Pen fragilisée". Mais surtout, son discours renforce la position de l’ancienne candidate à la présidentielle et aura sans doute pour effet de redonner confiance à une cheffe et à un parti qui commençaient à sérieusement douter.

>> À lire : Rassemblement national : le FN change de nom, mais pas de logiciel

"Marine Le Pen a raison quand elle dit qu’on ne peut plus regarder la politique selon le clivage gauche-droite", a lancé Steve Bannon aux adhérents FN, en introduction de son discours d’une trentaine de minutes. Avant de poursuivre : "On vient de voir en Italie, comme on l’avait vu en 2016 aux États-Unis, la confirmation de cela. (…) Il existe un mouvement mondial contre l’élite et les mondialistes qui dépasse les États-Unis, l’Italie, la Pologne ou la France. L’Histoire est de notre côté et nous propulsera de victoire en victoire."

>> À lire : Steve Bannon, le faiseur de Trump

Conquise, la salle s’est plusieurs fois levée pour applaudir l’homme qui a montré la voie en rendant possible la victoire de Donald Trump et qui laisse aujourd’hui espérer une issue similaire pour le Front national.

"Grâce à lui, Donald Trump a réussi une campagne extraordinaire, explique Philippe, un adhérent frontiste, casquette rouge ‘Make America Great Again’ vissée sur la tête. Il a dû faire campagne contre tout le système, notamment médiatique, et a quand même gagné. C’est un exemple à suivre."

Philippe, un adhérent du Front national ravi de la présence de Steve Bannon à Lille © Romain Brunet, France 24

"Steve Bannon a montré aux adhérents du FN que nous ne sommes pas seuls"

Pour Steve Bannon, la défaite du FN en 2017 au second tour de l’élection présidentielle ne signifie pas que la France restera éternellement du côté des "mondialistes". "C’est un long processus, mais un jour, l'élan portera le Front national au pouvoir, car il y a un vote populiste et anti-establishment qui monte dans le monde", a-t-il répondu en conférence de presse à un journaliste qui lui demandait pourquoi les Français avaient voté pour Emmanuel Macron.

"Les peuples sont en train d’exprimer les mêmes revendications : liberté, démocratie, souhait de pouvoir contrôler leur propre destin, de défendre leur culture, leur identité, a renchéri Marine Le Pen devant les journalistes. C’est une aspiration qui est en train de traverser le monde et Steve Bannon a montré aux adhérents du FN que nous ne sommes pas seuls."

L’une des clés de la victoire de Donald Trump a consisté à déclarer la guerre aux "médias traditionnels". Comme il le faisait lorsqu’il était à la tête de Breitbart News, Steve Bannon a ainsi distillé de nombreuses "fake news" durant la campagne de Donald Trump. Samedi après-midi, fidèle à lui-même et peut-être pour montrer à la présidente du FN comment s’y prendre, il s’est permis de faire allégrement siffler par le public les journalistes présents à Lille, qualifiant ceux-ci de "chiens du système".

Marine Le Pen compte-t-elle s’inspirer de telles méthodes ? Si le symbole de sa présence à Lille est fort et si son discours a créé de l’enthousiasme chez les adhérents, Steve Bannon, qu'on dit proche du Ku Klux Klan et des néonazis américains, véhicule une image sulfureuse. Or, le congrès de Lille, qui doit définitivement tirer un trait sur le passé en enterrant le nom "Front national", est précisément censé être la dernière étape de la stratégie de "dédiabolisation" lancée depuis la fin de l’ère Jean-Marie Le Pen. Le paradoxe est saisissant.

Première publication : 10/03/2018

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