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La ministre française des Outre-mer à Mayotte pour trouver une sortie de crise

Manifestation à l'appel de l'intersyndicale dans le chef-lieu Mamoudzou, à Mayotte, le 7 mars 2018.
Manifestation à l'appel de l'intersyndicale dans le chef-lieu Mamoudzou, à Mayotte, le 7 mars 2018. Ornella Lamberti, AFP

La ministre des Outre-mer, Annick Girardin, est arrivée, lundi, à Mayotte pour trouver une issue à la grève générale, contre l'insécurité et l'immigration, lancée il y a trois semaines dans ce département français de l'océan Indien.

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Annick Girardin entend concrétiser sur le terrain une "proposition de dialogue du gouvernement". La ministre française des Outre-mer est arrivée, lundi 12 mars,  à Mayotte pour tenter de trouver une issue au mouvement de contestation qui secoue ce département français de l'océan Indien depuis trois semaines. Selon ses services, elle devrait proposer "une méthode, un calendrier et les principaux axes d'un travail de fond indispensable pour l'avenir de Mayotte".

>> À voir : "Blocages et manifestations : que se passe-t-il à Mayotte ?"

L'intersyndicale et le Collectif des citoyens à l'origine du mouvement de protestation avaient fait savoir que la venue de la ministre, à laquelle ils reprochent "sa méconnaissance du territoire", n'était "clairement pas souhaitée". Ils exigeaient au contraire la venue de "quelqu'un qui puisse engager le gouvernement", comme le chef de l'État, le Premier ministre ou le ministre de l'Intérieur.

La rentrée des classes : enjeu de ce lundi

Depuis le 20 février, Mayotte est secouée par une grève générale contre l'insécurité et plus largement contre la forte immigration clandestine provenant des Comores, à 70 km de ses côtes.

Le mouvement a pris de multiples formes : manifestations, opération escargot, opération "île morte", barrages sur les principaux axes routiers, blocage du port... Vendredi, l'intersyndicale a appelé la population "à descendre massivement dans les rues" du chef-lieu Mamoudzou mardi 13 mars. Elle a également demandé "aux maires de fermer les établissements scolaires" et invité les parents à garder leurs enfants à la maison jusqu'à nouvel ordre.

Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a, lui, assuré dimanche que la rentrée des classes aurait bien lieu lundi. L'État, a-t-il dit, "assumera pleinement ses responsabilités, la rentrée des classes se fera demain matin à Mayotte". S'adressant aux élus locaux qui ne souhaitent pas que la rentrée ait lieu, il a déclaré : "La République n'abandonne pas Mayotte, n'abandonnez pas la République".

Face à la détermination des manifestants, le gouvernement a jusqu'ici alterné les appels au dialogue et la fermeté. Des renforts de sécurité sont arrivés à Mayotte en fin de semaine pour sécuriser établissements et transports scolaires", portant selon le gouvernement "à 987 le nombre de forces de l'ordre déployées sur le territoire".

La litigieuse question de l’immigration

Autre point de fixation : la question de l'immigration et de la maternité de Mayotte en particulier. Dix mille naissances ont lieu chaque année dans cette maternité, "dont 70 % sont issues de parents étrangers, pour être clair venant des Comores pour l'immense majorité d'entre eux", a rappelé Benjamin Griveaux.

Le gouvernement a indiqué qu'il réfléchissait à "un statut extra-territorial" pour cette maternité afin que les naissances n'y "permettent pas obligatoirement d'obtenir la nationalité française".

En visite sur l'île début mars, le président des Républicains, Laurent Wauquiez, avait demandé une réforme du droit du sol à Mayotte, pour lutter contre l'immigration clandestine. Une solution rejetée par le gouvernement.

Avec AFP

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